Le blog d'une généalogiste

07 janvier 2014

Un père, un beau-père et quoi d'autre encore ?

Certaines familles semblent bien compliquées et entre liens du sang et liens du coeur, la généalogie s'embrouille.

C'est le cas de Louis Charles Montharu. En 1861, il a un enfant à Paris 4e, Louis Charles, d'une femme nommée à laquelle il n'est pas marié. Peu banal en 1861 mais, cela arrivait.

Il reconnaît l'enfant mais la mère, elle, ne le reconnaît pas. Encore moins banal. La suite semble indiquer que Louis Charles a élevé l'enfant pendant que la mère continuait sa vie ailleurs.

On a donc un homme qui élève seul un fils dont il est, aux yeux de la loi, le seul parent légal mais non légitime. Pas de quoi casser trois pattes à un canard sauf que............................

En 1860, Paris 4e (tient donc !!!), naît Alphonsine Marie Philippeau, fille naturelle de Marie Madelaine Philippeau, qui la reconnaît et de père non dénommé.

Marie Madeleine Philippeau épouse Louis Charles Montharu le 15 décembre 1870, à Paris 4e. Jusque là, tout va bien.

Le 10 mars 1881, Louis Charles reconnaît Alphonsine pour sa fille, devant notaire et le 24 août 1882, Marie Madeleine Philippeau décède.

Tout est clair, pour assurer l'avenir de la fille de sa femme, il la reconnaît. Sauf que le 13 février 1886, il annule cette reconnaissance, devant le tribunal de Vendôme, comme suite à l'adoption en date du 15 septembre 1885................. cela se complique un peu.

Donc, il l'adopte d'abord puis il annule la reconnaissance................. à croire qu'il l'avait oubliée celle-là !!!

Tout cela pour que Louis Charles, son fils reconnu mais non légitime puisse épouser sa fille adoptive mais non reconnue !!! le 20 avril 1886............ ouf, la chronologie est là. J'aimerai bien faire un petit test ADN dans cette famille, juste pour voir si la vérité n'est pas encore plus compliquée !!!!

Posté par plumesquale à 16:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


16 septembre 2013

Les erreurs du net

Le net nous fait parfois douter, ou plutôt ce que certains mettent en ligne...................... Il y a longtemps, lorsque j'étais généalogiste au stade biberon, je fais un travail dont je suis plutôt fière même si, en le lisant aujourd'hui, je rougis parfois de honte sur certaines transcriptions. Vu le peu de connaissances des archives que j'avais à l'époque, c'est du bon boulot (pour les compliments nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes !!!).

Il s'agissait des bourreaux de Blois et de leurs filiations très étroites. Même si aujourd'hui, je ferais largement mieux, à l'époque j'avais littéralement écumé toutes les sources dont je connaissais l'existence, à commencer par LA source : l'état civil et registres paroissiaux.

En reprenant mes notes pour compléter ma base de données, je constate que lors du décès de l'un de mes bourreaux, sa succession ne fait état que de quatre enfants, ceux de son deuxième mariage. Rien sur les deux filles sans décès trouvées à son premier mariage. La logique veut qu'elles soient décédées avant leur père sauf que l'une d'elle s'est mariée (avant le décès du père donc elle a pu mourir avant lui).

Pour vérifier qu'il n'y a pas eu "détournement" d'héritage, je décide d'exploiter les sources du net pour trouver leurs décès hors Loir et Cher (sinon, je l'aurais trouvé à l'époque.................. si j'ai bien travaillé).

Stupeur et surprise : une généalogie sur le net donne comme enfant de mon bourreau et de son premier lit, une fille qui serait passé deux fois à la trappe de mes recherches : née vers 1764 et mariée vers 1792 dans ma Ville !!!! D'après cette généalogie, elle serait décédée largement après son père !!!! donc spoliation d'héritage évidente (avec prescription évidemment, les faits remontant à 1800).

Zut alors, ma fierté en prend un sacré coup !!!! Je recherche donc sur 1764 et 1792 et toutes les sources de ma base de données. RIEN.

J'écume tous les mariages de toutes les paroisses de la ville : RIEN. Bizarre quand même.

Je reprends donc la généalogie en ligne et recherche le décès indiqué en espérant que l'acte soit en ligne et que lla filiation soit marquée et elle l'est : rien à voir avec mon bourreaux même s'il y a des chances pour qu'il y ait un lien de cousinage, cette personne ayant épousé .............. un bourreau. Ouf, l'honneur est sauf, du moins le mien mais pas celui du généalogiste qui a mis cette erreur en ligne.

Comment a-t-il pu se tromper ? L'acte de décès indique qu'elle est née bien loin du Loir et Cher................... alors pourquoi la rattacher à celui-ci ? Quelques clics plus tard, il apparaît qu'il s'agit de la nièce de mon bourreau et non de sa fille !!!

Je ne sais toujours pas comment ce lien erroné a pu être créé !!!

Et je n'ai pas encore trouvé s'il y a eu détournement d'héritage pour les deux filles nées du premier mariage.......... alors à suivre...

 

Posté par plumesquale à 11:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 février 2013

naturel ou pas ?

Et un petit casse tête pour commencer la semaine !!!


Une sage femme déclare la naissance de Louis René fils de Françoise Courtemanche veuve de Louis Touchard. Normalement, là, on a une précision.

Soit il est indiqué fils de défunt Louis Touchard et de Françoise Courtemanche, soit il est indiqué, fils de Françoise Courtemanhe veuve Louis Touchard, et de père inconnu. Mais là, rien !!!


Par contre en marge, il est nommé Louis René Touchard, ce qui semble indiquer que Louis Touchard est bien son père, donc Louis René serait un enfant posthume.


Sauf que, toujours en marge, Louis René est qualifié de enfant naturel légitime !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Alors en chasse de l'acte de décès du père putatif : 23 septembre 1815 et le fils supposé est né le 20 avril 1816..............ok, aux yeux de la loi, il s'agit bien de son père !!!

Et en regardant de plus près, on se rend compte que tous les enfants de l'année sont qualifiés d' "enfant naturel légitime" !!

Enfant naturel légitime, c'est une vrai survivance de l'ancien régime, où il était naturel qu'un enfant soit légitime.

Posté par plumesquale à 10:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

08 février 2013

Problème de nom

Les noms de famille sont un vrai problème tant leurs variations nous entraînent dans des chemins divers et parfois sur des voies sans issue.

Les Roger sont-ils des Royer ? Les Gerard sont-ils des Girard ? et bien oui, parfois, pas toujours.

Hormis les difficultés de lecture qui se présentent à nous, provoquées par les écritures par toujours nettes de nos anciens curés et maires, nous pouvons rajouter le patois local.

Si encore les signatures nous aidaient............. C'est le cas parfois et un Royer écrit par le maire se lit Roger dans la signature de l'intéressé, mais le G n'a pas sa boucle toujours bien fermée en haut alors, le doute est permis.

Si je me fie au local, il y a des familles de Girard donc tout va bien............ jusqu'à ce que un Gerard (ou Girard) vienne d'un autre département donc, s'agit-il d'un Gerard venu d'ailleurs ou d'un Girard déformé (venu d'ailleurs quand même) ? Et même si c'est un Gerard, il va vite devenir Girard pas assimilation au terroir local.

Et cela peut osciller d'un nom à un autre pendant des décennies. Tout ce que je sais, c'est qu'à partir du moment où le livret de famille a été créé, les noms ont été fixés et les Girard-Gérard cousins sont devenu à priori des familles différentes. Ce qu'il est parfois difficile d'expliquer à un profane.

Quel généalogiste professionnel n'a pas eu à défendre sa recherche "parfaite" face à un client ne comprenant pas l'évolution de son nom. "Vous vous êtes trompé, vous avez fait la généalogie des Thivierges, alors que moi, je m'appelle Tibierge, vous vous êtes trompé !!!". Eh bien nom ou plutôt non, c'est la même chose.

Et là encore, c'est simple, mais prenez les noms de famille qui sont des prénoms. Lequel est le nom lequel est le prénom ?

Si Louis Martin fils de Louis Martin se marie, la tendance va nous mener vers Martin nom de famille. Raté, cette fois c'était Louis le nom de famille. Sauf qu'à un moment, une des filles c'est appelé Martin et non plus Louis................... si quelqu'un retrouve mon latin, prière de me l'adresser par mail en pièce jointe.............. merci.

Il nous faut donc ratisser large pour tirer ces affaires au clair. Plusieurs actes, de sources différentes, avec des filiations clairement définie nous permettant de dire qu'il s'agit bien des mêmes personnes. Même si, lorsque le maire écrit Royer, le greffier du tribunal d'instance écrit Rogé et le notaire écrit Roger.

Vive la phonétique, même approximative............................ sauf que, là c'est simple................deux syllabes et hop.

Prenez Hordelalay, Delaloi, Hordele et Laloi, c'est la même chose....................... avec une même origine : "Hors de la loi". Essayez d'imaginer la faute de l'ancêtre qui a hérité de ce nom de famille et qui l'a éparpillé façon puzzle sur sa descendance.

Une chose est sure, en généalogie, on ne s'ennuie jamais.

 

 

 

Posté par plumesquale à 10:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

10 janvier 2013

Petite mise au point

Le métier de généalogiste familial est un métier qui a de l'avenir. Où ai-je dis le contraire ?????


C'est un métier difficile car la communication est quasi inexistante dans le grand public sur ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous pouvons faire. Et la communication coûte cher (en tout cas celle qui touche le grand public).

S'installer aujourd'hui sans sécurité financière est un véritable suicide professionnel car cela mène droit à l'échec.

Depuis vingt ans que j'exerce, je ne compte plus les bons, les très bons et les très très bons qui auraient du avoir une magnifique carrière de généalogiste et qui pourtant ont échoué pour ne pas avoir anticipé ni pris en compte l'aspect purement alimentaire de la vie.

L'auraient ils fait ? ils auraient peut-être attendu avant de s'installer, auraient envisagé leur métier différemment et seraient toujours là.

Mon job n'est pas de former à gogo des généalogistes pour noyer un métier en difficulté et m'en laver les mains. Lorsque je forme quelqu'un, je veux qu'il dure, qu'il existe, qu'il s'enracine (normal non pour un généalogiste ?). Alors le suivi post-formation fait parti du packaging. C'est mon SAV à moi. Et peu importe le temps pendant lequel je dois leur tenir la main, les écouter et les conseiller.

C'est cela ma conception du métier de formateur.

Et ma conception du métier de généalogiste ?

Alors là, un post n'y suffira pas............... ce que je peux dire en raccourci, c'est que les généalogistes qui débutent aujourd'hui ont une chance extraordinaire par rapport à nous les dinosaures, qui ont commencé avant l'ère du numérique et d'internet. La chance de voir s'ouvrir devant eux un monde sans limite de recherches (hors les lacunes bien sur !!!!).

Et le grand gagnant dans cette histoire ? mais le Client bien sur, avec un grand C.

Non, je ne suis pas prête à raccrocher les gants. Je compte bien continuer encore longtemps à me bagarrer pour que mes élèves soient le plus performants possibles, pour que le métier de généalogiste soit ce qu'il doit être, pour que les clients aient les yeux qui pétillent lorsqu'ils reçoivent leurs recherches.

Mais je le ferai en toute lucidité (il vaut mieux avoir les yeux ouverts si l'on veut éviter de se prendre un mur !!!!) et je continuerai à pointer les difficultés de notre profession sans les cacher sous le tapis !!! l'hypocrisie n'est pas dans mon domaine de compétence et l'inconscience ne m'a jamais paru être un excuse.

 

Posté par plumesquale à 07:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]



04 décembre 2012

Détruire l'espoir

Il y a des jours où je déteste décrocher le téléphone.......... en ce moment de crise économique en particulier.

Les entreprises licencient........... beaucoup de quadra-quinquagénaires se retrouvent au chômage, trop vieux (qui l'eut cru !!! trop vieux à 45-50 ans alors que l'on est au milieu seulement, à l'apogée même, de la vie d'un centenaire).

Trop vieux pour retrouver un emploi dans leur branche, alors ils cherchent, une roue de secours, l'idée miraculeuse qui leur permettra de rester dans le monde du travail.

Pour certains, la généalogie est LA solution. Ils en font depuis de années, voir des décennies. Ils aiment cela, passer des journées enfermés dans des salles d'archives poussiéreuses à compulser des liasses et des liasses de document réellement vieux EUX.

Alors ils m'appellent.......... pour suivre une formation, devenir professionnel, pleins d'espoir. Espoir que j'entends s'écrouler au bout du téléphone lorsque je leur parle de la réalité du métier.

Et je déteste cela, devoir leur dire ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. 3 à 5 années d'exercice de la profession avant d'avoir un revenu, bas le plus souvent. Le combat quotidien pour exister, avoir le droit d'exister, face aux charges sociales, à la concurrence parfois déloyale des cercles, à l'ignorance même de notre existence par le public.

Alors je le dis ici haut et fort : si vous avez besoin d'un métier pour vivre dès maintenant, une famille à charge, des emprunts à rembourser.......... passez votre chemin, avant que la généalogie ne devienne votre enfer personnel.

Peut-être, quand la crise sera passée............ peut-être, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, pour se lancer dans la profession de généalogiste familial, il faut d'abord avoir résolu le problème alimentaire. Si votre subsistance est assurée par ailleurs, vous pouvez vous lancer. Sinon, non.

 

 

Posté par plumesquale à 19:28 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

11 novembre 2012

André Belton - Crimée - 1855

Le 25 octobre 1815, Pierre Belton, 23 ans, épouse Madeleine Poilerat, 17 ans,  à Mer, dans le Loir et Cher.

Ils vont avoir quatre enfants, trois garçons et une fille. Le petit dernier, André, naît le 6 juillet 1829, à Mer. Son père est vigneron.

André est le dernier à quitter le foyer familial. En 1851, il vit avec ses parents rue basse d’Aulnay.

Soldat de la classe 1849, bon pour le service, il est envoyé en Crimée  lorsque la France déclare la guerre à la Russie. Il est grenadier au 19e régiment d’infanterie, 2e bataillon de grenadiers.

Avril 1855, devant Sébastopol : la journée du 9 avril commence sous une pluie battante et un vent violent. A midi, le temps est plus favorable. Les tranchées sont remplies d'eau.

Vers 5 heures du matin, les assiégeants de Sébastopol rouvrent le feu par 500 bouches à feu auxquelles répondent les 1000 pièces russes. Les batteries françaises tirent près de 30 000 coups dans les vingt-quatre heures. Ce bombardement est infernal.

Cent blessés sont apportés à l'ambulance du Clocheton et à celle du Carénage.

Le 10, le temps est assez bon et le feu continue avec des tentatives pour détruire des embuscades russes dans le voisinage du Cimetière.

Le 11, le général Bizot est mortellement blessé, il décède le 15. Niel prend le commandement du génie. Nouvelles tentatives pour détruire les mêmes embuscades et lors du combat de nuit, 250 hommes sont tués ou blessés.

Les escadres alliées menacent l'entrée du port et obligent les russes à une active surveillance de ce côté. Les bâtiments alliés profitent de l'obscurité de la nuit pour tirer leurs bordées sur la ville.

Le 13 avril, plusieurs explosions retentissent dans la ville et jusqu'au 14, plusieurs postes retranchés Russes, entre le Cimetière et le bastion central, sont enlevés par les alliés.

On estime à plus de 46000 les coups des batteries françaises sur ces 4 jours.

Le 15 avril, M. Carmouche, médecin major du 100e de ligne est blessé. Vers 8 heures du soir, le génie met le feu à plusieurs mines en avant du bastion du Mât. Les entonnoirs produits sont immédiatement occupés par nos troupes et le combat dure toute la nuit.

Le 16 avril, quelques cas de choléra sont signalés parmi les hommes de la 4e division du 2e corps.

Le 18 avril, les russes tentent des sorties vers les entonnoirs mais sont repoussés. Le feu des batteries françaises a déjà rompu plusieurs fois la passerelle du port du Sud, mais la rupture est plus complète et les russe, dont les communications sont interrompues avec Karabelnaïa, la rétablissent 600 m plus loin.

Les 23 et 14 avril, les russes font sauter des mines en avant des entonnoirs. C’est là qu’André Belton trouve la mort. Il est étouffé par la terre déplacée par l’explosion d’une mine  russe, à la tranchée devant Sébastopol.

Au total, Les combats d'avril 1855 font, dans les rangs français, 356 morts, 2482 blessés et 50 disparus. André figure parmis les 356 morts.

Posté par plumesquale à 18:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

02 novembre 2012

Georges Martin ou Martin Georges

C'est souvent un casse-tête lorsque le nom de famille est un prénom. Ici, le cas de Martin Georges. Il a un fils qui s'appelle Martin Georges.......... donc c'est l'impasse pour savoir où est le prénom et où est le nom de famille.


Je cherche une autre naissance et je trouve une fille, Marguerite, déclarée sous le nom de Marguerite Georges. Gagné, le nom de famille est Georges.

 

Mais lorsque Martin Georges, le fils, se marie, l'ambiguïté est toujours là et lorsque ses enfants naissent, ils s'appellent Martin.....aïe !!!

 

J'ai donc des enfants de Georges Martin qui s'appellent Martin, d'autres Georges et cette "anomalie" se répercutent sur les générations qui suivent.......... il va y avoir des familles Martin et des familles Georges qui sont en fait la même famille !!!!

 

De quoi en perdre son latin............... ou plutôt son prénom !!! Heureusement de leurs femmes sont là pour prouver la filiation........... car elles, ne portent pas de prénom comme  nom de famille.

Imaginer le cauchemar si elles aussi s'y étaient mises

Posté par plumesquale à 10:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 mai 2012

Attention aux idées préconçues

Je suis tombée sur le  parcours difficile durant la guerre de Crimée, d'un petit gars de la Corrèze, Antoine Perrier, soldat au 7e d'infanterie.

Atteint du scorbut en décembre 1855, il est envoyé à l'ambulance de la 1ere division au 2e corps d'armée le 26 janvier 1856 (quand même près d'un mois après le diagnostic !!!). Pour cela, il est transporté dans un cacolet (c'est un panier à dossier, placé sur un mulet ou chameau et servant à transporter les malades ou les blessés), par un temps très froid, si froid que ses pieds ont gelé pendant le trajet qui a duré quatre heures.

Il est évacué sur Constantinople le 1er février et entre à l'hôpital de Gulhané, le 6. Des ulcérations laissent largement ouvertes les articulations des chevilles et comme si cela ne suffisait pas, il est atteint du typhus le 14 février. Le 11 avril, son pied gauche tombe et il faut couper les tendons. Le 14 avril, c'est le tour du pied droit.

Evidemment, la gangrène se met dans les moignons ce qui implique, le 11 mai, l'amputation des deux jambes, sous le genou, amputation circulaire (perpendiculaire à l'axe du membre) sous chloroforme (quand même).

Le 12 juillet, il est évacué sur la France, les moignons quasi cicatrisés.

Entré à l'hôpital de Toulon le 21 juillet, les moignons sont atteints de la pourriture des hôpitaux (provoquée par un bacille Pseudomonas), cautérisés au fer rouge, leur cicatrisation est toujours incomplète.

Entré à l'hôpital du Val de Grâce, la cicatrisation se continue, avec résultats satisfaisants présentés le 18 novembre 1856.

Imaginez un instant ce gamin de 24 ans, envoyé se battre bien loin de sa Corrèze et soumis à toutes ces souffrances durant toute une année. N'oubliez pas que nous sommes en 1856. Les analgésiques, antidouleurs et autres médicaments dit "de confort" n'existent pas. La morphine, l'éther et le chloroforme sont les antalgiques de l'époque avec tous les effets secondaires qu'on leur connaît.

Alors tout naturellement, je cherche son décès, dans les deux années qui suivent. Difficile d'imagine qu'il en soit autrement vu tout ce qu'il a subi plus le fait qu'il est handicapé. Amputé des deux jambes en 1856 !!!! Quelle vie pourrait-il avoir ?

Et bien non, je ne trouve aucun décès dans son lieu d'origine. J'élargis la recherche au canton. Toujours rien !!!!!

Sans grand espoir, je reprends les tables décennales de sa commune et je regarde les mariages............. et il est là !!!!!

En 1858, il épouse une petite payse de 16 ans, fille naturelle avec laquelle il va avoir au moins six enfants.

Je lui connais au moins cinq communes où il a vécu avec sa famille.

En 1906, il vit avec sa femme, deux de ses fils, sa fille, son gendre, et deux de ses petits-enfants.

Lorsqu'il décède en 1911, à l'âge de 80 ans, il a enterré au moins deux de ses enfants, élevé deux de ses petits-enfants. Pas mal pour un p'tit gars de Corrèze qui a bien failli ne jamais revenir de Crimée.

Comme quoi, se méfier des idées préconçues !!!!!

04 mars 2012

Fête des grands-mères : mon numéro 87

Pour honorer les grands-mères, aujourd'hui, j'ai choisi ma grand-mère 87, au hasard, juste comme ça.

Françoise Magdeleine Geffroy est née le mardi 6 mars 1753, à Tredarzec, dans les côtes d'Armor. Elle est la treizième enfant d'une fratrie de 16, mais aînée du second mariage de son père Louis Geffroy, avec Marie Trehan célébré le 15 mai de l'année précédant sa naissance à Minihy Treguier.

En 1757 est créée la première société d'Agriculture de Bretagne.

Pendant son enfance, c'est la guerre de 7 ans puis la guerre d'indépendance américaine. Les anglais s'attaquent à la Bretagne à Saint Cast et Cancale en 1758 et 1779, ce qui mis en ébullition toute la côte bretonne et les villages côtiers.

Elle a quinze ans lorsque son père décède, le 4 janvier 1768, à Trédarzec à l'âge de 59 ans. Sa mère ne se remarie pas et décède le 25 février 1783, à l'âge de 63 ans, à Tredarzec, trois mois après le mariage de Françoise.

Françoise se marie à l'âge de 29 ans, le mardi 19 novembre 1782, à Tredarzec, avec Jacques Caoullet, laboureur, âgé de 32 ans. Il est le fils aîné de Jacques Caoullet et Françoise Nedellec, tous les deux décédés avant ce mariage.

Trois des frères de Françoise sont témoins au mariage : Yves, Gilles et François.

Ils ont au moins quatre enfants à Tredarzec :

  • Yves, né le 11 juin 1786,
  • Françoise Jeanne, née le 1 mars 1789 et décédée le 29 jours plus tard
  • Olivier, né le 11 février 1791 et décédé le 30 janvier 1805, à l'âge de 13 ans,
  • Marie, née le 13 octobre 1794, dont je descends.

Françoise voit passer la révolution française, la création des départements français qui attribue sa commune de Tredarzec au nouveau département des Côtes du Nord, les guerres de la révolution, l'arrivée de Napoléon au pouvoir et les guerres de l'empire.

Sa vie réglée au son de l'angélus de la paroisse va devoir s'adapter au culte révolutionnaire, au nouveau calendrier et aux semaines de 10 jours. Et l'histoire passe et la vie de la paroisse reprend son cours d'avant la révolution avec pour seule réelle nouveauté, la présence d'un maire dans la commune.

En avril 1802, c'est la monnaie qui connaît un grand changement : adieu la livre, bonjour le franc et les problèmes de conversion.

Françoise assiste à l'abdication de Napoléon et au retour de la royauté mais pas au retour de Napoléon de l'île d'Elbe.

Elle décède le 17 octobre 1814, à Trédarzec, à l'âge de 61 ans, et son mari Jacques décède 9 jours plus tard, à l'âge de 64 ans.

Ils n'assisteront pas au mariage de leurs enfants, Yves se marie en 1818 et Marie en 1822.

Une vie bien tranquille dans une petite commune de Bretagne, traversée par les soubresauts et éternuements de l'histoire.

Et si l'on faisait un petit tour du côté de Tredarzc ? Pour découvrir les lieux que Françoise fréquentait en son temps :

http://docarmor.free.fr/valarmor/valouest/tredarz1.htm



Fin »