Le blog d'une généalogiste

02 février 2016

Plusieurs personnes m'ont contactée via le blog pour avoir des conseils de cursus, de formation ou autres afin de devenir généalogiste professionnel.

Chacun a un parcours qui lui est propre mais les conseils que je pourrais leur donner est valable pour tous alors autant en faire un message.

Le métier de généalogiste familial est un métier extraordinaire. Nous avons le plaisir infini, à chaque nouvelle recherche, de découvrir une nouvelle famille, un nouveau sujet, qui met nos connaissances à l'épreuve et teste nos limites. Que dire de plus ? en tout cas sur cet aspect du métier ? Tout est là : connaissances, limites.

Pour être un bon généalogiste, il faut connaître son ou ses dépôts d'archives, savoir quoi et comment y chercher les réponses et appréhender ses (leurs) limites.

Quelle que soit la question qui vous est posée, vous devez savoir où chercher la réponse. Quelle que soit la lacune à laquelle vous serez confronté, vous devez connaître les chemins de traverse qui vous permettront de passer outre.

Vous devez connaître toutes les séries des archives et leurs secrets. Comment savoir pourquoi Armand Breton n'a pas fait la guerre de 14-18 alors qu'il était apte au service militaire et que son feuillet matricule a disparu ? Pourquoi Louis Durand a-t-il été fait son tirage au sort à Blois alors qu'il est né à Bordeaux, qu'il vit à Paris et que ses parents sont décédés à Toulouse ? Pourquoi Paul Gacher est-il né à Fontevrault alors que toute sa famille vit et à toujours vécu à Oucques en Loir et Cher ? Puis-je réellement trouver le père de Marie Rouve, enfant naturelle née le 3 août 1780 ? Pourquoi Jacques Breton est-il absent de la succession de son père mais présent sur celle de sa soeur, deux ans plus tard ? et je pourrais continuer à l'infinie.

Vous devez aussi lire les écritures anciennes (jusqu'au XVII et un peu XVI) et décrypter les abréviations.

Avoir trouvé le document et savoir le lire, c'est bien, mais encore faut-il savoir l'interpreter, l'analyser, le présenter.

Le généalogiste familial n'est pas qu'un chercheur, il est aussi un analyste, un écrivain (mais pas un romancier !!),et un historien et là, on ne parle que de l'aspect dossier de recherche.

Il doit également être agent de communication (combien de généalogistes brillants ont échoué car ils ne savaient pas se vendre ?), secrétaire (rendre un dossier bien présenté, propre, clair donc savoir manipuler Word, Excel, PowerPoint et Publisher sur le bout des doigts), webmaster (créer, gérer son site internet, sa ou ses bases de données), comptable (l'erreur comptable, l'oubli d'une charge, peut être fatale), gestionnaire (prévoir, anticiper, assimiler tout de la gestion d'une entreprise fragile).....

Et même si vous maîtrisez tout cela à la perfection, rien ne dit que votre entreprise sera viable.

La concurrence est rude, et je ne parle pas de la concurrence des autres généalogistes professionnels, je parle de la concurrence des associations et du net. Pourquoi faire appel à vous alors que l'on peut avoir la même chose (c'est ce qu'imaginent les clients potentiels) gratuitement ?

Si vous pensez exercer le métier pour ne faire que des arbres avec l'état civil et les registres paroissiaux, et sans bouger de votre fauteuil en vous connectant aux AD, oubliez cela. En trois clics sur généanet ou d'autres bases de données, avec un peu plus de travail en se connectant aux archives en ligne, tout le monde peut le faire et à moindre frais.

Ce n'est plus le travail d'un généalogiste professionnel. Un généalogiste professionnel, aujourd'hui, fait tout ce que les autres ne font pas : il débloque les problèmes des généalogies, il reconstitue le patrimoine, il retrace la vie d'une personne, d'une famille, d'une maison, il creuse un thème cher au client.

La généalogie de base n'est plus qu'un outil comme un autre pour son travail. L'arbre n'est que le point d'appui de la recherche, la colonne vertébrale, nécessaire mais pas suffisant.

Pour vous en sortir, multipliez vos atouts : connaissance parfaite du terrain, spécialités bien étayée sur laquelle vous communiquez, rendu irréprochable. Le temps où l'on se permettait d'envoyer une copie imprimée d'acte au client comme finalité de la recherche est terminé (même si, de mon point de vue, cela n'a jamais été du boulot de pro).

Non seulement l'acte doit être travaillé, photo présentée, document analysé, mais il doit être prédigéré et expliqué au client. Le généalogiste doit être pédagogue. Ses clients vivent au XXIe siècle et les mots d'aujourd'hui ne sont pas les mots d'hier. A vous de tout leur expliquer mais pour cela, il faut en être capable.

Et même là, rien n'est gagné. La généalogie n'est qu'un loisir pour le client. En cas de crise, c'est le premier budget supprimé.

Savez-vous quel est le tarif horaire moyen d'un généalogiste professionnel ? 30€ soit 240 € par jour. Nous sommes bien loin des tarifs horaires des professions libérales et pourtant, il parait que nous sommes trop cher !!! Sachant que la moitié part dans les charges d'exploitation de l'entreprise. Cela veut dire 15 € de l'heure de "salaire" sauf que l'on ne compte bien souvent que le temps de recherche, jamais le temps passé à tout le reste. Si l'on en tenait compte, on réaliserait

La crise, nous y sommes, depuis quelques années déjà et les généalogistes professionnels souffrent et coulent en silence. Ceux qui résistent le mieux ? les anciens qui ont eu le temps de se constituer une clientèle et ceux qui ont une autre source de revenu leur permettant d'assurer tous les aspects alimentaires de la vie quotidienne.

Le statut d'auto-entrepreneur est, pour le débutant, le mieux adapté car : pas de clients-très peu de charges, mais cela risque de changer avec les réformes du statut. Cela veut également dire peu ou pas du tout de protection sociale.

Avec tout cela, il faut des qualités : la curiosité (toujours chercher le pourquoi du comment de la chose), la patience (combien d'heures et de jours à compulser des liasses d'archives pour un résultat infinitésimal ?), la ténacité (corollaire du précédent).

Pour en faire son métier, non seulement il faut aimer la généalogie mais également s'attendre à en vivre chichement (très chichement car bien souvent il faut trois à cinq ans avant d'avoir un revenu.... pas bien gros !!).

A me lire, on dirait mission impossible.......... mais non. Il faut juste avoir toutes les cartes en main avant de se lancer en toutes connaissances de cause. Si vous savez ce qui vous attend, sans angélisme, vous pouvez anticiper les problèmes et les surmonter.

Je récapitule : assurer en priorité l'aspect alimentaire de votre vie quotidienne, une fois ce gros soucis réglé, vous former (avec l'aide de professionnels de la formation ou seuls suivant vos capacités) sur les sujets suivants :

  • archivistique (tout ce que l'on peut trouver dans les archives et comment l'exploiter)
  • gestion (comptabilité, devis, contrats, tarifs, charges..)
  • pratique des logiciels (traitement de texte, tableur, bases de données, traitement d'image, généalogique...)
  • internet (création, gestion de votre site internet et tout ce qui va avec)

En gros........... le tout à affiner en fonction de la situation de chacun.

N'oubliez pas, la profession de généalogiste n'est pas réglementée et aucun diplôme ni aucune adhésion à un syndicat n'est obligatoire.

Une fois installé, vous serez seul face à votre travail, sans personne pour vous guider, vous orienter ou vous secouer les puces. La seule sanction qu'il pourra y avoir, c'est celle des clients qui ne reviendront pas.

 Voilà, ce fut long mais nécessaire. Si vous avez d'autres questions plus typées ou spécialisées, n'hésitez pas.

 

20 novembre 2015

Quand la Loire déborde.............

Friglon-Loire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1846, la Loire déborde et menace de crever les levées.

La ferme de Friglon (La Touche) est entourée d'eau sur une hauteur de deux mètres. Une famille vit là, les Cabourg, Vincent le père, Marguerite la mère et quatre enfants âgés de 4 à 15 ans.

La famille appelle à l'aide, piégée par l'eau qui monte, lorsque des gendarmes de la brigade de Mer arrivent sur la levée vis à vis de la ferme.

Ils examinent le danger et le maréchal des logis et le gendarme Coullon passent les premiers, avec leurs chevaux. Ils nagent jusqu'à la ferme.

Le gendarme Jean Louis Coullon réussit à attraper les deux plus jeunes enfants, Augustin, 7 ans et Marguerite, 4 ans. Il les place sur son cheval  et les mets en sécurité. La levée crève quelques minutes après.

Mais cela ne s'arrête pas là. Jean Louis va rester à pied d'oeuvre pendant onze heures, trempé, sans nourriture. Il repart seul dans les communes d'Avaray et Lestiou pour porter de nouveaux secours, surveiller les biens sauvés des eaux, toujours en passant sur la levée menaçant à tout moment de s'écrouler sur son passage.

Pour rentrer à la brigade, épuisé, il traverse une nappe d'eau de plus d'un kilomètre sans aucun repère pour le guider, avec son cheval qui nage dans parfois jusqu'à cinq à six pieds d'eau.

Le courage est une vertue chez Jean Louis. Muté à Lamotte Beuvron, il intervient sur plusieurs incendies.

Ces excès de bravoure laissent des traces sur ce courageux gendarme. Sa santé est considérablement altérée et il décède à Lamotte Beuvron, en 1854, laissant une veuve et deux enfants en bas âge.

Respect monsieur Coullon

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11 novembre 2015

Ses yeux étaient orangés

Il s'appelait Louis Belfort et ses yeux étaient orangés.......... drôle de couleur pour des yeux mais cela devait aller avec la couleur de ses cheveux, blond moyen, son visage étroit et ses 1 m 65 cm. Il savait lire et écrire et il était bon pour le service, l'infanterie au 46e.

Il est parti avec les gars de sa classe, la classe 1910, le 9 octobre 1911, simple soldat de 2e classe, pendant deux ans. Le 8 novembre 1913, il repart avec un joli certificat de bonne conduite. Mais pas pour longtemps. Le décret de mobilisation du 1er août le ramène à l'armée qu'il vient à peine de quitter.

Le 16 août 1915, il gagne un nouveau joli certificat, celui de mort pour la France.

Sa vie n'avait déjà pas très bien commencé !!

Il est né à Paris, d'une mère célibataire sarthoise de 21 ans qui le reconnaît un mois après. Quand l'a-t-elle abandonné ?

Elle va se marier trois fois après la naissance de Louis. La première, quatre ans après, avec un garçon de café de son âge. Ils en profitent pour reconnaître et légitimer Marie Louise, née 3 ans avant Louis mais de lui, aucune mention. Veuve, elle se remarie à Chars avec un boucher plus jeune qu'elle, en 1898, puis de nouveau à Paris en 1918 avec un veuf originaire de l'Aube. Toute une vie sans Louis.

Pendant ce temps-là, Louis est dans le Loir-et-Cher, placé par les services de l'assistance publique de Paris. Il vit à la Ferté-Imbault, domestique.

Il va faire campagne contre l'Allemagne pendant un an avant de tomber, victime d'un éclat d'obus à la tête. Il décède à l'hôpital Jean D'Heurs à Bar le Duc, presqu'un mois après avoir été blessé sur le champ de bataille.

L'armée va lui décerner la médaille militaire, la croix de guerre avec palme et l'étoile de bronze.

Son dossier s'est étoffé de deux citations :

  • une qu'il connaîtra, le 5 mai 1915 à l'ordre du régiment "sur le front depuis le début de la guerre, soldat très brave, le 23 avril 1915, a donné le plus bel exemple de courage en lançant sous un bombardement violent et avec le plus grand mépris du danger, des grenades à mains" et
  • une trois semaines après sa mort à l'ordre de l'armée pour l'attribution de la médaille militaire "excellent soldat au front depuis le début de la campagne ayant fait preuve de la plus grande bravoure en maintes circonstances, déjà cité à l'ordre du régiment. Blessé le 20 juillet 1915 alors qu'il exécutait une reconnaissance avec son commandant de compagnie sous un bombardement violent, faisant preuve du plus grand mépris du danger - belle nomination comporte l'attribution de la croix de guerre".

Il est inhumé à la nécropole nationale de Douaumont, tombe 13 271 et son nom est porté sur le monument aux morts de Pruniers en Sologne, dans le Loir et Cher.

Il avait 25 ans et ses yeux étaient orangés.

31 octobre 2015

Le fantôme de Sambin

Nicole Crochet femme de Christophe Louet est morte le 31 octobre 1727 et a été inhumée le 1er novembre............... et le 8 décembre, elle apparaît à Françoise Gaultier, femme Terpin, dans la grange. Françoise court chercher la brue de Nicole mais quand elles reviennent à la grange, plus de fantôme.

Elle réapparaît dans la même grange et toujours à Françoise Gaultier. Elle a beau aller chercher le veuf et le fils de la défunte, quand ils arrivent, plus rien............. décidément !! ce fantôme est bien capricieux.

Quelques jours plus tard, alors que Françoise va tirer son vin dans son cellier, Nicole réapparaît. Françoise a tellement peur qu'elle part sans son vin !!!

Puis le fantôme apparaît à la bergerie, plusieurs fois sur une pierre à la porte de la chambre du maître, dans la pâture et même dans le vivier alors que Françoise lave les filets.

Le jour de noël, alors que Françoise se rend à la messe, elle revoit le fantôme de Nicole sur la pierre. Elle se rend vite à la messe, se confesse, communie, assiste à la grande messe et à vêpres et repart avec sa famille.

Elle est seule lorsqu'elle approche de la pierre et le fantôme est là, qui l'attend !!! Vite Françoise lui lance la phrase "magique" qui doit la protéger du fantôme : "si tu viens de la part du bon dieu, parle, si tu es du démon retire toi"

Et là, Nicole parle : "n'aye point peur, c'est moi qui suis ta voisine, j'ai un voyage à notre dame de Saumur, dit à mon homme de faire mon voyage, qu'il me fasse faire un service et dire deux messes cette semaine, qu'il te donne ce qui t'appartient, dit à mon fils qu'il ait soin de son père, qu'il fasse mieux qu'il n'a fait. Je vous garde place auprès de moi et moi je vais au ciel".

Et la vision disparaît. Françoise reste seule. Le 27 décembre, elle va voir le curé tout lui raconter et celui-ci écrit le lendemain, dans le registre de la paroisse, le compte rendu de ces évènements.

05 octobre 2015

Si quelqu'un cherche la veuve Lenoble

Qui n'a pas trouvé mention d'un mendiant ou d'un voyageur mort le long de la route et eu cette pensée "si quelqu'un le cherche celui-là, il n'est pas près de le trouver !!!"

Alors voilà, si quelqu'un cherche la veuve Lenoble (désolée, je n'ai pas mieux pour l'identifier), elle est décédée à Angerville l'Orcher le 2 et a été inhumée le 3 novembre 1841.

Elle y est dite femme mendiante âgée d'environ 45 à 50 ans, décédée chez la veuve de Pierre Durand, laboureur, après avoir reçu le sacrement de pénitence.

Elle est de la paroisse de Villers, entre Falaise et Caen, veuve depuis plusieurs années d'un nommé Le Noble. Cette déclaration a été faite par son fils, âgé d'environ neuf, qui était avec elle.

Pour l'anecdote, Falaise y est écrit Phaleze.

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28 juillet 2015

Portefeuille oublié

Pour les besoins de mes cours, j'écume les ventes aux enchères en ligne de documents anciens et l'on y trouve toutes sortes de choses. L'une d'elle m'a tentée...................... un portefeuille d'homme en cuir avec tout son contenu !!!

Imaginez que vous faites un bon en arrière de plus de 60 ans. Vous êtes dans la rue et vous ramassez un portefeuille tombé là, sur le trottoir avec tout son contenu de papiers d'identité, de papiers officiels, de photos personnelles aussi.

Qui n'a pas farfouillé dans le portefeuille de son père ou de son grand-père et s'est amusé et ému d'y trouver de vieilles lettres usées au pli, pliées en quatre, glissées avec une photo et des papiers d'identité usés et parfois en lambeau ?

Sauf que là, il s'agit plutôt d'un portefeuille laissé à l'hospice après le décès de son propriétaire, abandonné dans un grenier et vendu à un brocanteur avec tout un tas de vieux trucs sans valeur aux yeux de celui qui les a vendu.

Des vieux trucs sans valeur qui constituent probablement la seule chose que cet homme a laissé derrière lui, la trace de son existence.

Alors rendons sa trace ineffaçable puisqu'il parait que ce qui est sur le net n'en disparaît jamais vraiment.

Un livret militaire de 1906 indiquant que Julien vit à Rosendael, ouvrier jardinier, fils de Charles Louis Auguste Deroubaix et Elodie Léonie Mahieu, de Rosendaël. Il a combattu contre l'Allemagne du 4 août 1914 au 1er avril 1919. Il a vécu à Loos en Gohelle en 1922, à Lievin en 1929, à Douvrun en 1931, à Rosendaël en 1932.

Un certificat de travail de la société des Ateliers et Chantiers de France du 5 juillet 1920 au 1er mai 1921 comme perceur. Un autre de la Société Anonyme des Etablissements Métallurgique d'Onneing daté du 6 juin 1930 où il était ouvrier monteur. Un autre de la société de construction métallique Venot, Peslin et Cie à Onnaing pour 1928 et 1929

Des récipissés de cotisation à l'assurance maladie pour 1932, 1935.

Une carte d'ancien combattant de 1937

Une carte d'identité de 1942 délivrée à la mairie d'Aubers, dans le Nord, pour Julien Deroubaix, né le 24 juin 1886 à Hondschoote. On y voit un homme cheveux châtains, moustache d'époque (une bonne grosse moustache de campagne), un nez gros légèrement busqué, un visage rond, des yeux qui louchent à droite et un teint coloré, des empreintes digitales à l'encre violette et sa signature, un peu hésitante mais à l'écriture bien déliée.

Une attestation de travail par Fernand Desbonnets, agriculteur à Lorgies dans le Pas de Calais, qui atteste que Julien a travaillé pour lui du 1 août 1942 au 1er janvier 1943, comme ouvrier agricole.

Un rappel de cotisation de la caisse mutuelle d'assurances sociales agricoles pour l'année 1949 et le 2e trimestre 1950.

Des photos de lui plus jeune, portrait de studio en noir et blanc avec un foulard blanc noué autour du cou, un beau gars ma foi !! plusieurs hommes dans un champ, une petit groupe devant une porte, sans nom derrière pour les identifier.

Un carnet à souche pour la retraite du combattant.

Une demande d'aide auprès de la caisse mutuelle d'assurances sociales agricoles pour prendre en charge son admission à l'hôpital d'Armentières en avril 1952. Un bulletin d'hospitalisation à l'hôpital civil d'Armentières du 5 avril au 21 avril 1952.

Un dossier à remplir pour bénéficier d'une allocation aux vieux travailleurs salariés qui restera sans suite car il décède le 17 décembre 1952 à l'hospice de la Bassée.

Et une lettre de sa cousine madame Slove à Douvrend en Seine Inférieure, fille de Mr et Mme Cattoir Deroubaix où elle remercie le maire de la Bassée pour l'avoir informée du décès de son cousin et où elle demande plus de renseignements sur la fin de sa vie.

Il est bien indiqué que la réponse a été envoyée le 10 janvier 1953 mais elle n'est pas dans le portefeuille. Dommage. Et émouvant aussi, ce témoignage d'une vie de labeur et d'errance.

Son feuillet matricule est malheureusement manquant pour pouvoir reconstituer "sa" guerre.

Un petit tour sur son acte de naissance indique qu'il est d'abord né enfant naturel et aucune mention marginale n'indique ni reconnaissance, ni légitimation, ni mariage, ni décès........... rien.

Et bien maintenant, il y a ceci comme preuve qu'il a existé, combattu, vécu.

 

10 mai 2015

Inhumation d'un inconnu

Les inhumations d'inconnus sont courantes sous l'ancien régime, avec les morts trouvés dans les chemins et les granges, sans domicile fixe ou voyageurs désargentés. Mais ce n'est pas le cas de l'inconnu qui suit et donc l'acte de sépulture n'est pas ragoûtant !!!

Le 21 juin 1787, le curé de la Cerlangue, en Seine Maritime, procède à l'inhumation, sur ordre, du corps d'un inconnu trouvé sur le rivage de la Seine.

Il s'agit d'un homme paraissant environ 40 ans, de 5 pieds 2 pouces, gros et replet, le visage entièrement enlevé par le roulis de la mer, n'ayant plus de cheveux et sur lequel on a trouvé :

  • des bas de laine grise,
  • des souliers avec des boucles d'argent tressées, relevées en petites bosses, garnies en fer,
  • des culottes bleues aussi avec des boucles d'argent,
  • des caleçons et une chemise de toile avec deux boutons d'argent, un surtout bleu,
  • deux gilets dont l'un blanc et l'autre bleu,
  • une petite montre à boite d'argent, une chaîne d'argent au bout de laquelle il y a une petite médaille sur laquelle est gravé "hispa" et "ind R F r" armoriés dans le milieu formant un carré avec deux ii brisés de chaque côté de l'écusson et de l'autre côté est une petite figure autour de laquelle est écrit "dei gratia carolus ",
  • deux clefs de fer, une grande et une petite qui paraissent être des clés d'armoire,
  • 35 livres 2 sols en argent blanc monnaie de France,
  • un pendant d'oreille jaune paraissant or.

 

Le corps n'a donc pas été détroussé. Il parait noyé depuis très longtemps car (âmes sensibles s'abstenir) le cadavre est rempli de vers, ayant les boyaux en partie sortis du corps, les linges et hardes entièrement pourris. Voilà, c'est dit.

Rien n'indique sur l'acte que le mort a été identifié..... au moins, le curé a été précis.

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12 mars 2015

Les flops de la publicité

Le printemps est bientôt là, sur le calendrier................. et il est déjà là, dehors !!! alors c'est le moment du grand ménage et du grand rangement et du méga classement vertical après numérisation bien sur.

Depuis 1993, les dossiers s'accumulent et prennent de la place. Il est temps de dire au revoir à certains d'entre eux. Et voilà que je tombe sur des "campagnes publicitaires" oubliées. Des campagnes catastrophiques bien sur. Exactement trois campagnes ratées.

La première, c'était une pub dans les annuaires téléphoniques. Un carnet de chèques cadeaux devait être distribué avec les annuaires en papier, le fameux bottin téléphonique. J'offrais une recherche d'acte gratuite en échange du chèque cadeau. Malheureusement, les chéquiers cadeaux ont été distribués avec un mois de retard et les dates indiquées étaient déjà périmées lorsque les éventuels futurs clients les ont eu en main !!! J'ai eu trois demandes..................... les chéquiers périmés ont du aterrir à la poubelle sans même être feuilletés !!

La seconde, c'était une pub dans la revue "France Catholique". Une publicité normale comme j'ai pu en passer dans d'autres revues. Mais le résultat n'a pas été vraiment celui attendu. J'ai reçu beaucoup de courriers à la suite de cette publicité, de toute la planète. J'en reçois encore, preuve que la revue est lue et conservée !!! Mais les courriers avaient une teneur bien différente de celle que j'espérais : des demandes d'aide pour financer tel ou tel hôpital de brousse, l'éducation d'enfants d'Afrique ou d'Asie, la reconstruction de monastère ou de couvents................ des demandes d'argent bien sur.

 

La troisième était plus réfléchie, plus construite. Elle avait été pesée et sous pesée, d'autant plus qu'elle n'engageait pas que moi, j'avais réussi à embarquer un collègue dans l'aventure. Il s'agissait de proposer un produit "cadeau de mariage" et la campagne publicitaire était dans une revue de Mariage, le genre de revue que l'on feuillette et refeuillette à l'affut de l'idée originale, que l'on trouve dans les boutiques spécialisées ou chez son coiffeur ou que l'on achète en vue de son propre mariage. Une belle revue en papier glacée avec une belle pub à l'avenant évidemment. Tout aurait du être parfait.................. mais s'était sans compter avec la grande grève de 1995, juste avant les fêtes de fin d'années. Ceux qui l'ont subie s'en souviennent encore : plus de courrier ni entrant, ni sortant, pas de distribution de revues non plus, pendant des semaines. Et à l'époque, pas d'internet pour passer outre le courrier papier. La revue aurait du être distribuée en plein pendant la grève................. alors devinez.....pas de distribution, pas de lecteur !!! j'en ris aujourd'hui mais à l'époque, le rire était plus grinçant.

Évidemment, à chaque fois, à chaque campagne, la claque financière était cuisante et il fallait de long mois pour se relever avant d'essayer autre chose. Encore fallait-il en avoir encore l'envie d'oser !!!

 

Heureusement, aujourd'hui, nous avons internet alors je ne dirai surtout pas "c'était le bon vieux temps".

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08 mars 2015

Journée de la femme

Nous sommes le 8 mars, journée de la femme et il faut bien le reconnaître, la femme est la grande oubliée des archives et de la généalogie.

Exceptées les femmes célèbres et les criminelles, les renseignements sur les femmes sont très rares dans les archives. Elles ont été si longtemps considérées comme mineures aux yeux de la loi et du monde qu'elles ne sont qualifiées que par les termes fille de, femme de et mère de... gommant ainsi leur identité.

Autant il est facile de retracer la vie des hommes, la vie des femmes de nos généalogies reste une inconnue floue et impossible à préciser sans le rapport à l'homme.

Les femmes constituent pourtant la moitié de notre arbre généalogique, voir même plus quand ces messieurs étaient aux abonnés absents mais nous ne leur créditons souvent que des dates de naissance, mariages et décès accompagnées de dates d'accouchements.

Les seules à marquer nos recherches sont les "scandaleuses" : mères célibataires, divorcées, mariées à de multiples reprises, les introuvables, les disparues, voir même les criminelles qui sont les seules à être dotées d'une description physique.

Alors aujourd'hui, je rends hommage à toutes les femmes de mon arbre, femmes de marin, femmes de cultivateurs, femmes d'ouvriers, femmes tout simplement.

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07 janvier 2014

Un père, un beau-père et quoi d'autre encore ?

Certaines familles semblent bien compliquées et entre liens du sang et liens du coeur, la généalogie s'embrouille.

C'est le cas de Louis Charles Montharu. En 1861, il a un enfant à Paris 4e, Louis Charles, d'une femme nommée à laquelle il n'est pas marié. Peu banal en 1861 mais, cela arrivait.

Il reconnaît l'enfant mais la mère, elle, ne le reconnaît pas. Encore moins banal. La suite semble indiquer que Louis Charles a élevé l'enfant pendant que la mère continuait sa vie ailleurs.

On a donc un homme qui élève seul un fils dont il est, aux yeux de la loi, le seul parent légal mais non légitime. Pas de quoi casser trois pattes à un canard sauf que............................

En 1860, Paris 4e (tient donc !!!), naît Alphonsine Marie Philippeau, fille naturelle de Marie Madelaine Philippeau, qui la reconnaît et de père non dénommé.

Marie Madeleine Philippeau épouse Louis Charles Montharu le 15 décembre 1870, à Paris 4e. Jusque là, tout va bien.

Le 10 mars 1881, Louis Charles reconnaît Alphonsine pour sa fille, devant notaire et le 24 août 1882, Marie Madeleine Philippeau décède.

Tout est clair, pour assurer l'avenir de la fille de sa femme, il la reconnaît. Sauf que le 13 février 1886, il annule cette reconnaissance, devant le tribunal de Vendôme, comme suite à l'adoption en date du 15 septembre 1885................. cela se complique un peu.

Donc, il l'adopte d'abord puis il annule la reconnaissance................. à croire qu'il l'avait oubliée celle-là !!!

Tout cela pour que Louis Charles, son fils reconnu mais non légitime puisse épouser sa fille adoptive mais non reconnue !!! le 20 avril 1886............ ouf, la chronologie est là. J'aimerai bien faire un petit test ADN dans cette famille, juste pour voir si la vérité n'est pas encore plus compliquée !!!!

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