Le blog d'une généalogiste

28 juillet 2015

Portefeuille oublié

Pour les besoins de mes cours, j'écume les ventes aux enchères en ligne de documents anciens et l'on y trouve toutes sortes de choses. L'une d'elle m'a tentée...................... un portefeuille d'homme en cuir avec tout son contenu !!!

Imaginez que vous faites un bon en arrière de plus de 60 ans. Vous êtes dans la rue et vous ramassez un portefeuille tombé là, sur le trottoir avec tout son contenu de papiers d'identité, de papiers officiels, de photos personnelles aussi.

Qui n'a pas farfouillé dans le portefeuille de son père ou de son grand-père et s'est amusé et ému d'y trouver de vieilles lettres usées au pli, pliées en quatre, glissées avec une photo et des papiers d'identité usés et parfois en lambeau ?

Sauf que là, il s'agit plutôt d'un portefeuille laissé à l'hospice après le décès de son propriétaire, abandonné dans un grenier et vendu à un brocanteur avec tout un tas de vieux trucs sans valeur aux yeux de celui qui les a vendu.

Des vieux trucs sans valeur qui constituent probablement la seule chose que cet homme a laissé derrière lui, la trace de son existence.

Alors rendons sa trace ineffaçable puisqu'il parait que ce qui est sur le net n'en disparaît jamais vraiment.

Un livret militaire de 1906 indiquant que Julien vit à Rosendael, ouvrier jardinier, fils de Charles Louis Auguste Deroubaix et Elodie Léonie Mahieu, de Rosendaël. Il a combattu contre l'Allemagne du 4 août 1914 au 1er avril 1919. Il a vécu à Loos en Gohelle en 1922, à Lievin en 1929, à Douvrun en 1931, à Rosendaël en 1932.

Un certificat de travail de la société des Ateliers et Chantiers de France du 5 juillet 1920 au 1er mai 1921 comme perceur. Un autre de la Société Anonyme des Etablissements Métallurgique d'Onneing daté du 6 juin 1930 où il était ouvrier monteur. Un autre de la société de construction métallique Venot, Peslin et Cie à Onnaing pour 1928 et 1929

Des récipissés de cotisation à l'assurance maladie pour 1932, 1935.

Une carte d'ancien combattant de 1937

Une carte d'identité de 1942 délivrée à la mairie d'Aubers, dans le Nord, pour Julien Deroubaix, né le 24 juin 1886 à Hondschoote. On y voit un homme cheveux châtains, moustache d'époque (une bonne grosse moustache de campagne), un nez gros légèrement busqué, un visage rond, des yeux qui louchent à droite et un teint coloré, des empreintes digitales à l'encre violette et sa signature, un peu hésitante mais à l'écriture bien déliée.

Une attestation de travail par Fernand Desbonnets, agriculteur à Lorgies dans le Pas de Calais, qui atteste que Julien a travaillé pour lui du 1 août 1942 au 1er janvier 1943, comme ouvrier agricole.

Un rappel de cotisation de la caisse mutuelle d'assurances sociales agricoles pour l'année 1949 et le 2e trimestre 1950.

Des photos de lui plus jeune, portrait de studio en noir et blanc avec un foulard blanc noué autour du cou, un beau gars ma foi !! plusieurs hommes dans un champ, une petit groupe devant une porte, sans nom derrière pour les identifier.

Un carnet à souche pour la retraite du combattant.

Une demande d'aide auprès de la caisse mutuelle d'assurances sociales agricoles pour prendre en charge son admission à l'hôpital d'Armentières en avril 1952. Un bulletin d'hospitalisation à l'hôpital civil d'Armentières du 5 avril au 21 avril 1952.

Un dossier à remplir pour bénéficier d'une allocation aux vieux travailleurs salariés qui restera sans suite car il décède le 17 décembre 1952 à l'hospice de la Bassée.

Et une lettre de sa cousine madame Slove à Douvrend en Seine Inférieure, fille de Mr et Mme Cattoir Deroubaix où elle remercie le maire de la Bassée pour l'avoir informée du décès de son cousin et où elle demande plus de renseignements sur la fin de sa vie.

Il est bien indiqué que la réponse a été envoyée le 10 janvier 1953 mais elle n'est pas dans le portefeuille. Dommage. Et émouvant aussi, ce témoignage d'une vie de labeur et d'errance.

Son feuillet matricule est malheureusement manquant pour pouvoir reconstituer "sa" guerre.

Un petit tour sur son acte de naissance indique qu'il est d'abord né enfant naturel et aucune mention marginale n'indique ni reconnaissance, ni légitimation, ni mariage, ni décès........... rien.

Et bien maintenant, il y a ceci comme preuve qu'il a existé, combattu, vécu.

 


10 mai 2015

Inhumation d'un inconnu

Les inhumations d'inconnus sont courantes sous l'ancien régime, avec les morts trouvés dans les chemins et les granges, sans domicile fixe ou voyageurs désargentés. Mais ce n'est pas le cas de l'inconnu qui suit et donc l'acte de sépulture n'est pas ragoûtant !!!

Le 21 juin 1787, le curé de la Cerlangue, en Seine Maritime, procède à l'inhumation, sur ordre, du corps d'un inconnu trouvé sur le rivage de la Seine.

Il s'agit d'un homme paraissant environ 40 ans, de 5 pieds 2 pouces, gros et replet, le visage entièrement enlevé par le roulis de la mer, n'ayant plus de cheveux et sur lequel on a trouvé :

  • des bas de laine grise,
  • des souliers avec des boucles d'argent tressées, relevées en petites bosses, garnies en fer,
  • des culottes bleues aussi avec des boucles d'argent,
  • des caleçons et une chemise de toile avec deux boutons d'argent, un surtout bleu,
  • deux gilets dont l'un blanc et l'autre bleu,
  • une petite montre à boite d'argent, une chaîne d'argent au bout de laquelle il y a une petite médaille sur laquelle est gravé "hispa" et "ind R F r" armoriés dans le milieu formant un carré avec deux ii brisés de chaque côté de l'écusson et de l'autre côté est une petite figure autour de laquelle est écrit "dei gratia carolus ",
  • deux clefs de fer, une grande et une petite qui paraissent être des clés d'armoire,
  • 35 livres 2 sols en argent blanc monnaie de France,
  • un pendant d'oreille jaune paraissant or.

 

Le corps n'a donc pas été détroussé. Il parait noyé depuis très longtemps car (âmes sensibles s'abstenir) le cadavre est rempli de vers, ayant les boyaux en partie sortis du corps, les linges et hardes entièrement pourris. Voilà, c'est dit.

Rien n'indique sur l'acte que le mort a été identifié..... au moins, le curé a été précis.

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12 mars 2015

Les flops de la publicité

Le printemps est bientôt là, sur le calendrier................. et il est déjà là, dehors !!! alors c'est le moment du grand ménage et du grand rangement et du méga classement vertical après numérisation bien sur.

Depuis 1993, les dossiers s'accumulent et prennent de la place. Il est temps de dire au revoir à certains d'entre eux. Et voilà que je tombe sur des "campagnes publicitaires" oubliées. Des campagnes catastrophiques bien sur. Exactement trois campagnes ratées.

La première, c'était une pub dans les annuaires téléphoniques. Un carnet de chèques cadeaux devait être distribué avec les annuaires en papier, le fameux bottin téléphonique. J'offrais une recherche d'acte gratuite en échange du chèque cadeau. Malheureusement, les chéquiers cadeaux ont été distribués avec un mois de retard et les dates indiquées étaient déjà périmées lorsque les éventuels futurs clients les ont eu en main !!! J'ai eu trois demandes..................... les chéquiers périmés ont du aterrir à la poubelle sans même être feuilletés !!

La seconde, c'était une pub dans la revue "France Catholique". Une publicité normale comme j'ai pu en passer dans d'autres revues. Mais le résultat n'a pas été vraiment celui attendu. J'ai reçu beaucoup de courriers à la suite de cette publicité, de toute la planète. J'en reçois encore, preuve que la revue est lue et conservée !!! Mais les courriers avaient une teneur bien différente de celle que j'espérais : des demandes d'aide pour financer tel ou tel hôpital de brousse, l'éducation d'enfants d'Afrique ou d'Asie, la reconstruction de monastère ou de couvents................ des demandes d'argent bien sur.

 

La troisième était plus réfléchie, plus construite. Elle avait été pesée et sous pesée, d'autant plus qu'elle n'engageait pas que moi, j'avais réussi à embarquer un collègue dans l'aventure. Il s'agissait de proposer un produit "cadeau de mariage" et la campagne publicitaire était dans une revue de Mariage, le genre de revue que l'on feuillette et refeuillette à l'affut de l'idée originale, que l'on trouve dans les boutiques spécialisées ou chez son coiffeur ou que l'on achète en vue de son propre mariage. Une belle revue en papier glacée avec une belle pub à l'avenant évidemment. Tout aurait du être parfait.................. mais s'était sans compter avec la grande grève de 1995, juste avant les fêtes de fin d'années. Ceux qui l'ont subie s'en souviennent encore : plus de courrier ni entrant, ni sortant, pas de distribution de revues non plus, pendant des semaines. Et à l'époque, pas d'internet pour passer outre le courrier papier. La revue aurait du être distribuée en plein pendant la grève................. alors devinez.....pas de distribution, pas de lecteur !!! j'en ris aujourd'hui mais à l'époque, le rire était plus grinçant.

Évidemment, à chaque fois, à chaque campagne, la claque financière était cuisante et il fallait de long mois pour se relever avant d'essayer autre chose. Encore fallait-il en avoir encore l'envie d'oser !!!

 

Heureusement, aujourd'hui, nous avons internet alors je ne dirai surtout pas "c'était le bon vieux temps".

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08 mars 2015

Journée de la femme

Nous sommes le 8 mars, journée de la femme et il faut bien le reconnaître, la femme est la grande oubliée des archives et de la généalogie.

Exceptées les femmes célèbres et les criminelles, les renseignements sur les femmes sont très rares dans les archives. Elles ont été si longtemps considérées comme mineures aux yeux de la loi et du monde qu'elles ne sont qualifiées que par les termes fille de, femme de et mère de... gommant ainsi leur identité.

Autant il est facile de retracer la vie des hommes, la vie des femmes de nos généalogies reste une inconnue floue et impossible à préciser sans le rapport à l'homme.

Les femmes constituent pourtant la moitié de notre arbre généalogique, voir même plus quand ces messieurs étaient aux abonnés absents mais nous ne leur créditons souvent que des dates de naissance, mariages et décès accompagnées de dates d'accouchements.

Les seules à marquer nos recherches sont les "scandaleuses" : mères célibataires, divorcées, mariées à de multiples reprises, les introuvables, les disparues, voir même les criminelles qui sont les seules à être dotées d'une description physique.

Alors aujourd'hui, je rends hommage à toutes les femmes de mon arbre, femmes de marin, femmes de cultivateurs, femmes d'ouvriers, femmes tout simplement.

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07 janvier 2014

Un père, un beau-père et quoi d'autre encore ?

Certaines familles semblent bien compliquées et entre liens du sang et liens du coeur, la généalogie s'embrouille.

C'est le cas de Louis Charles Montharu. En 1861, il a un enfant à Paris 4e, Louis Charles, d'une femme nommée à laquelle il n'est pas marié. Peu banal en 1861 mais, cela arrivait.

Il reconnaît l'enfant mais la mère, elle, ne le reconnaît pas. Encore moins banal. La suite semble indiquer que Louis Charles a élevé l'enfant pendant que la mère continuait sa vie ailleurs.

On a donc un homme qui élève seul un fils dont il est, aux yeux de la loi, le seul parent légal mais non légitime. Pas de quoi casser trois pattes à un canard sauf que............................

En 1860, Paris 4e (tient donc !!!), naît Alphonsine Marie Philippeau, fille naturelle de Marie Madelaine Philippeau, qui la reconnaît et de père non dénommé.

Marie Madeleine Philippeau épouse Louis Charles Montharu le 15 décembre 1870, à Paris 4e. Jusque là, tout va bien.

Le 10 mars 1881, Louis Charles reconnaît Alphonsine pour sa fille, devant notaire et le 24 août 1882, Marie Madeleine Philippeau décède.

Tout est clair, pour assurer l'avenir de la fille de sa femme, il la reconnaît. Sauf que le 13 février 1886, il annule cette reconnaissance, devant le tribunal de Vendôme, comme suite à l'adoption en date du 15 septembre 1885................. cela se complique un peu.

Donc, il l'adopte d'abord puis il annule la reconnaissance................. à croire qu'il l'avait oubliée celle-là !!!

Tout cela pour que Louis Charles, son fils reconnu mais non légitime puisse épouser sa fille adoptive mais non reconnue !!! le 20 avril 1886............ ouf, la chronologie est là. J'aimerai bien faire un petit test ADN dans cette famille, juste pour voir si la vérité n'est pas encore plus compliquée !!!!

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16 septembre 2013

Les erreurs du net

Le net nous fait parfois douter, ou plutôt ce que certains mettent en ligne...................... Il y a longtemps, lorsque j'étais généalogiste au stade biberon, je fais un travail dont je suis plutôt fière même si, en le lisant aujourd'hui, je rougis parfois de honte sur certaines transcriptions. Vu le peu de connaissances des archives que j'avais à l'époque, c'est du bon boulot (pour les compliments nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes !!!).

Il s'agissait des bourreaux de Blois et de leurs filiations très étroites. Même si aujourd'hui, je ferais largement mieux, à l'époque j'avais littéralement écumé toutes les sources dont je connaissais l'existence, à commencer par LA source : l'état civil et registres paroissiaux.

En reprenant mes notes pour compléter ma base de données, je constate que lors du décès de l'un de mes bourreaux, sa succession ne fait état que de quatre enfants, ceux de son deuxième mariage. Rien sur les deux filles sans décès trouvées à son premier mariage. La logique veut qu'elles soient décédées avant leur père sauf que l'une d'elle s'est mariée (avant le décès du père donc elle a pu mourir avant lui).

Pour vérifier qu'il n'y a pas eu "détournement" d'héritage, je décide d'exploiter les sources du net pour trouver leurs décès hors Loir et Cher (sinon, je l'aurais trouvé à l'époque.................. si j'ai bien travaillé).

Stupeur et surprise : une généalogie sur le net donne comme enfant de mon bourreau et de son premier lit, une fille qui serait passé deux fois à la trappe de mes recherches : née vers 1764 et mariée vers 1792 dans ma Ville !!!! D'après cette généalogie, elle serait décédée largement après son père !!!! donc spoliation d'héritage évidente (avec prescription évidemment, les faits remontant à 1800).

Zut alors, ma fierté en prend un sacré coup !!!! Je recherche donc sur 1764 et 1792 et toutes les sources de ma base de données. RIEN.

J'écume tous les mariages de toutes les paroisses de la ville : RIEN. Bizarre quand même.

Je reprends donc la généalogie en ligne et recherche le décès indiqué en espérant que l'acte soit en ligne et que lla filiation soit marquée et elle l'est : rien à voir avec mon bourreaux même s'il y a des chances pour qu'il y ait un lien de cousinage, cette personne ayant épousé .............. un bourreau. Ouf, l'honneur est sauf, du moins le mien mais pas celui du généalogiste qui a mis cette erreur en ligne.

Comment a-t-il pu se tromper ? L'acte de décès indique qu'elle est née bien loin du Loir et Cher................... alors pourquoi la rattacher à celui-ci ? Quelques clics plus tard, il apparaît qu'il s'agit de la nièce de mon bourreau et non de sa fille !!!

Je ne sais toujours pas comment ce lien erroné a pu être créé !!!

Et je n'ai pas encore trouvé s'il y a eu détournement d'héritage pour les deux filles nées du premier mariage.......... alors à suivre...

 

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25 février 2013

naturel ou pas ?

Et un petit casse tête pour commencer la semaine !!!


Une sage femme déclare la naissance de Louis René fils de Françoise Courtemanche veuve de Louis Touchard. Normalement, là, on a une précision.

Soit il est indiqué fils de défunt Louis Touchard et de Françoise Courtemanche, soit il est indiqué, fils de Françoise Courtemanhe veuve Louis Touchard, et de père inconnu. Mais là, rien !!!


Par contre en marge, il est nommé Louis René Touchard, ce qui semble indiquer que Louis Touchard est bien son père, donc Louis René serait un enfant posthume.


Sauf que, toujours en marge, Louis René est qualifié de enfant naturel légitime !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Alors en chasse de l'acte de décès du père putatif : 23 septembre 1815 et le fils supposé est né le 20 avril 1816..............ok, aux yeux de la loi, il s'agit bien de son père !!!

Et en regardant de plus près, on se rend compte que tous les enfants de l'année sont qualifiés d' "enfant naturel légitime" !!

Enfant naturel légitime, c'est une vrai survivance de l'ancien régime, où il était naturel qu'un enfant soit légitime.

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08 février 2013

Problème de nom

Les noms de famille sont un vrai problème tant leurs variations nous entraînent dans des chemins divers et parfois sur des voies sans issue.

Les Roger sont-ils des Royer ? Les Gerard sont-ils des Girard ? et bien oui, parfois, pas toujours.

Hormis les difficultés de lecture qui se présentent à nous, provoquées par les écritures par toujours nettes de nos anciens curés et maires, nous pouvons rajouter le patois local.

Si encore les signatures nous aidaient............. C'est le cas parfois et un Royer écrit par le maire se lit Roger dans la signature de l'intéressé, mais le G n'a pas sa boucle toujours bien fermée en haut alors, le doute est permis.

Si je me fie au local, il y a des familles de Girard donc tout va bien............ jusqu'à ce que un Gerard (ou Girard) vienne d'un autre département donc, s'agit-il d'un Gerard venu d'ailleurs ou d'un Girard déformé (venu d'ailleurs quand même) ? Et même si c'est un Gerard, il va vite devenir Girard pas assimilation au terroir local.

Et cela peut osciller d'un nom à un autre pendant des décennies. Tout ce que je sais, c'est qu'à partir du moment où le livret de famille a été créé, les noms ont été fixés et les Girard-Gérard cousins sont devenu à priori des familles différentes. Ce qu'il est parfois difficile d'expliquer à un profane.

Quel généalogiste professionnel n'a pas eu à défendre sa recherche "parfaite" face à un client ne comprenant pas l'évolution de son nom. "Vous vous êtes trompé, vous avez fait la généalogie des Thivierges, alors que moi, je m'appelle Tibierge, vous vous êtes trompé !!!". Eh bien nom ou plutôt non, c'est la même chose.

Et là encore, c'est simple, mais prenez les noms de famille qui sont des prénoms. Lequel est le nom lequel est le prénom ?

Si Louis Martin fils de Louis Martin se marie, la tendance va nous mener vers Martin nom de famille. Raté, cette fois c'était Louis le nom de famille. Sauf qu'à un moment, une des filles c'est appelé Martin et non plus Louis................... si quelqu'un retrouve mon latin, prière de me l'adresser par mail en pièce jointe.............. merci.

Il nous faut donc ratisser large pour tirer ces affaires au clair. Plusieurs actes, de sources différentes, avec des filiations clairement définie nous permettant de dire qu'il s'agit bien des mêmes personnes. Même si, lorsque le maire écrit Royer, le greffier du tribunal d'instance écrit Rogé et le notaire écrit Roger.

Vive la phonétique, même approximative............................ sauf que, là c'est simple................deux syllabes et hop.

Prenez Hordelalay, Delaloi, Hordele et Laloi, c'est la même chose....................... avec une même origine : "Hors de la loi". Essayez d'imaginer la faute de l'ancêtre qui a hérité de ce nom de famille et qui l'a éparpillé façon puzzle sur sa descendance.

Une chose est sure, en généalogie, on ne s'ennuie jamais.

 

 

 

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10 janvier 2013

Petite mise au point

Le métier de généalogiste familial est un métier qui a de l'avenir. Où ai-je dis le contraire ?????


C'est un métier difficile car la communication est quasi inexistante dans le grand public sur ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous pouvons faire. Et la communication coûte cher (en tout cas celle qui touche le grand public).

S'installer aujourd'hui sans sécurité financière est un véritable suicide professionnel car cela mène droit à l'échec.

Depuis vingt ans que j'exerce, je ne compte plus les bons, les très bons et les très très bons qui auraient du avoir une magnifique carrière de généalogiste et qui pourtant ont échoué pour ne pas avoir anticipé ni pris en compte l'aspect purement alimentaire de la vie.

L'auraient ils fait ? ils auraient peut-être attendu avant de s'installer, auraient envisagé leur métier différemment et seraient toujours là.

Mon job n'est pas de former à gogo des généalogistes pour noyer un métier en difficulté et m'en laver les mains. Lorsque je forme quelqu'un, je veux qu'il dure, qu'il existe, qu'il s'enracine (normal non pour un généalogiste ?). Alors le suivi post-formation fait parti du packaging. C'est mon SAV à moi. Et peu importe le temps pendant lequel je dois leur tenir la main, les écouter et les conseiller.

C'est cela ma conception du métier de formateur.

Et ma conception du métier de généalogiste ?

Alors là, un post n'y suffira pas............... ce que je peux dire en raccourci, c'est que les généalogistes qui débutent aujourd'hui ont une chance extraordinaire par rapport à nous les dinosaures, qui ont commencé avant l'ère du numérique et d'internet. La chance de voir s'ouvrir devant eux un monde sans limite de recherches (hors les lacunes bien sur !!!!).

Et le grand gagnant dans cette histoire ? mais le Client bien sur, avec un grand C.

Non, je ne suis pas prête à raccrocher les gants. Je compte bien continuer encore longtemps à me bagarrer pour que mes élèves soient le plus performants possibles, pour que le métier de généalogiste soit ce qu'il doit être, pour que les clients aient les yeux qui pétillent lorsqu'ils reçoivent leurs recherches.

Mais je le ferai en toute lucidité (il vaut mieux avoir les yeux ouverts si l'on veut éviter de se prendre un mur !!!!) et je continuerai à pointer les difficultés de notre profession sans les cacher sous le tapis !!! l'hypocrisie n'est pas dans mon domaine de compétence et l'inconscience ne m'a jamais paru être un excuse.

 

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04 décembre 2012

Détruire l'espoir

Il y a des jours où je déteste décrocher le téléphone.......... en ce moment de crise économique en particulier.

Les entreprises licencient........... beaucoup de quadra-quinquagénaires se retrouvent au chômage, trop vieux (qui l'eut cru !!! trop vieux à 45-50 ans alors que l'on est au milieu seulement, à l'apogée même, de la vie d'un centenaire).

Trop vieux pour retrouver un emploi dans leur branche, alors ils cherchent, une roue de secours, l'idée miraculeuse qui leur permettra de rester dans le monde du travail.

Pour certains, la généalogie est LA solution. Ils en font depuis de années, voir des décennies. Ils aiment cela, passer des journées enfermés dans des salles d'archives poussiéreuses à compulser des liasses et des liasses de document réellement vieux EUX.

Alors ils m'appellent.......... pour suivre une formation, devenir professionnel, pleins d'espoir. Espoir que j'entends s'écrouler au bout du téléphone lorsque je leur parle de la réalité du métier.

Et je déteste cela, devoir leur dire ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. 3 à 5 années d'exercice de la profession avant d'avoir un revenu, bas le plus souvent. Le combat quotidien pour exister, avoir le droit d'exister, face aux charges sociales, à la concurrence parfois déloyale des cercles, à l'ignorance même de notre existence par le public.

Alors je le dis ici haut et fort : si vous avez besoin d'un métier pour vivre dès maintenant, une famille à charge, des emprunts à rembourser.......... passez votre chemin, avant que la généalogie ne devienne votre enfer personnel.

Peut-être, quand la crise sera passée............ peut-être, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, pour se lancer dans la profession de généalogiste familial, il faut d'abord avoir résolu le problème alimentaire. Si votre subsistance est assurée par ailleurs, vous pouvez vous lancer. Sinon, non.

 

 

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