13 décembre 2009
Lettre d'une mère bien ennuyée
Trouvé dans les archives en série R, la lettre d'une mère bien ennuyée. J'ai laissé volontairement l'orthographe d'origine. A lire avec le parler de l'époque dans la tête pour en savourer le ton.
Mehers, le 24avril 1917
Monsieur le préfet
Je viens de recevoir une lettre de mon garçon prisonnier en Allemagne. Il me dit que sont colis a mis 47 jour a lui parvenir, mai pas comme le lui ai envoyer. On leur retire leur vive ses bien désolant, bien péner à lui envoyer maintant ceux que jai de parti. Il a lieu d'afaiblir, on achete les vivre bien cher, se privait de son besoin pour l'enpecher de mourir de faim et encore pauvre malheureuse longtemps a y arivait et après on leur retire, il dit que faut rien qui dise, que faut qui se contente a ce qui leur donne, sa fait déjà 3 colis comme ça sa doit être bon quand il arrive. Je sui bien desolée de voir la situation de mon garçon comme ça, depuis le 23 septembre 1914 qui la était belsse en voila qui l'esuie des misere, car je sui vraiment pas heureuse je suis mere de huit enfant je les ai tous chez nous. J'ai une fille qui a quinze an, elle et revenu malade de son service depuis le mois de novembre, l'autre fille elle et mariée elle était deux mois au lit, a fallu que je la soigne, haujourd hui ses mon gendre voila 7 mois qui travaille pas, il a tombe sur le genoux et sa va toujours pas, et pas beaucoup de sante d'avance, sa la mis à rien voilà 5 fois qui passe la révision et vous le rapeler pour la 6e fois et jamais de train partir la veille, je ne sai vraiment ou qui va prendre l'argent, il a toujours était exempté et réformé, il et le même de voilà 1mois, il a pas de mieux, sont genoux et très faible, voyer monsieur le prefet pour une mère, il y a de quoi sennuyer, Recevez monsieur le prefet mes meilleure salutation.
Femme Margueray
Au Perierre commune de Mehers près Chemery, Loir et Cher.
Mon gendre il sappelle Pierre Thevenay, dont vous le rapeler pour le 1er mai pour la 6e fois à la préfecture.
Il va falloir vérifier ce qu'il est advenu de cette famille. Le gendre est-il parti à la guerre ? le fils est-il revenu ?
Emouvant et triste aussi.
06 décembre 2009
Images choc
Lors de la semaine de formation sur les faits divers, Sandra (la candidate à la torture) a trouvé une chose très............... particulière.
Son sujet : un triple homicide sur fond de vol d'argent. Evidemment, l'accusé a été condamné à mort et exécuté.
Pour une fois, le dossier était complet : témoignages, rapport du médecin................ avec des détails souvent macabre, mais c'est normal dans un dossier criminel.
Ce qui l'était moins : les photos. Il y avait deux photos dans le dossier qui date pourtant de 1891 : un photo (ou plutôt gravure) de l'accusé et .................. une photo des trois victimes sur un même lit de mort avec les plaies béantes bien visibles (d'autant que l'une des victimes a eu le visage en partie arraché !!).
Heureusement que le temps a fait son œuvre et que le sépia fané a remplacé la cruelle réalité photographique, mais quand même, c'est impressionnant !!!!
On trouve vraiment de tout aux archives.............. de l'attendu et de l'inattendu.
11 novembre 2009
A la mémoire de nos morts
Ils ont marqué l'imaginaire et la mémoire aussi.
Il y eut les
grognards de napoléon.......................il y eut la
Crimée..............il y eut les
mobiles.................................il y eut les poilus.
En
ce 11 novembre, nous honorons la mémoire des
derniers........................ mais jamais nous n'honorons la mémoire
des autres
Alors aujourd'hui, je vais penser aussi à eux.
Etienne Couffrant avait 32 ans lorsqu'il mourut à Danzig, le 20 avril 1809. Voltigeur au 105e régiment d'infanterie de Ligneil, il est décédé de la vérole et son décès ne fut signalé dans sa mairie d'origine que le 30 décembre 1811
André
Belton est grenadier au 19e régiment d'infanterie lorsqu'il meurt
étouffé par des terres déplacées par suite de l'explosion d'une mine
russe à la tranchée devant Sébastopol le 25 avril 1855
Le
huit décembre 1870, à Mulsans, un jeune homme se disant malade est
entré à la ferme de la Fordiere portant l'uniforme de garde mobile, il
demande à passer la nuit ne pouvant plus rester dans la voiture
d'ambulance qui le conduisait à Blois.
Le lendemain matin il a été trouvé mort dans son lit. On a constaté qu'il avait été blessé par
une balle restée encore à l'intérieur du corps.
Son acte de décès porte la mention : Inconnu
Isidore Albert Alleron est décédé le 15 mai 1918 après la chute de son avion. Il bénéficie de la mention spéciale "Mort pour la France". Mais avant cette fin tragique, il aura traversé toute la guerre, incorporé le 4 septembre 1914, à 20 ans

Voilà, quatre morts parmi des millions : alors ne les oublions pas ![]()
03 novembre 2009
généalogistes professionnels et internet
Il n'y a pas très longtemps, un spécialiste nous a prévenu : le train d'internet a quitté la gare et ceux qui ne sont pas à bord ne pourront pas rattraper leur retard.
Il prêchait une convaincue : il y a longtemps que j'apprends à mes élèves l'importance de la communication via le net et de l'indépendance qu'il faut avoir sur le sujet. Ne jamais dépendre de qui que ce soit pour gérer cette communication.
Mais quand je surfe sur la toile à la recherche de mes collègues, le constat est terrible :
- beaucoup ne sont toujours pas présents sur le net.
- certains sont présents, mais à contre pub : sites non mis à jours, pas de nom de domaine, liens invalides... un essai non transformé.....
- Quand à ceux qui font des efforts, ces derniers sont largement insuffisants : pas d'individualisation ou très peu. Ils sont tous quasi identiques les uns aux autres, avec comme simple différence, le thème de fond du site.
Et même si certains sortent du lot avec un site magnifique, visuel esthétique, renseignements précis, produits mis en valeur......................... on ne les trouve pas parce qu'ils ne sont pas du tout référencés !!!!!
Quid de leurs métatags et mots clés ?
Le constat est terrible : au XXIe siècle, le train internet de la généalogie est sorti de la gare et a pris sa vitesse de croisière, pendant que les généalogistes professionnels sont restés sur le quai ou bien essayent de rallier la gare suivante en bus sans jamais rattraper le train.
17 août 2009
Que de poussières
Que de poussières et de toiles d'araignées sur ce blog !!! faut pas croire que j'ai disparu sous une pile de parchemins !!!!
Le dépouillement du département pour la guerre de 1870 est quasi-terminé et la guerre de Crimée est en cours.
C'est fou le temps que ça prend, de dépouiller les archives.
16 avril 2009
Honni soit qui mal y pense
Marc Avrillon et sa femme croyaient hériter de son frère, Berthelemy Avrillon, prêtre curé d’Authon.
Mais non, celui-ci, de son vivant, avait passé de nombreux actes de rente viagère sous le nom de Catherine Jolly, célibataire.
Pourquoi ? celle-ci a vécu avec lui durant trente trois ans sans avoir
jamais reçu de sa part de gage ni service. Au contraire, elle a même apporté à
ce ménage ses épargnes et biens propres. Alors pour la « dédommager »
à sa mort, Berthelemy a placé différentes sommes à fond perdu et à rente
viagère sur sa tête.
Marc Avrillon aurait bien voulu lui faire procès et ne lui accorder
qu’une pension modique en compensation, mais l’affaire est complexe et les
frais de justice auraient été fort élevés………………… alors on transige.
Par un acte de transaction passé devant maître Amaury, le 19 juin 1777,
Catherine Jolly a cédé tous les titres de rente à Marc Avrillon et sa femme soit
1262 livres de rente annuelle, en échange, elle touche 600 livres de rente
annuelle viagère durant sa vie.
Mauvais marché ? Peut-être pas, elle troque 17 rentes allant de 50
à 100 livres et dont le recouvrement aurait pu être aléatoire contre une rente
de 600 livres avec un seul interlocuteur facile à trainer en justice !!!!
05 mars 2009
Je suis furax
Je suis furax et je hurle (enfin à l'intérieur !!). Contre qui ? contre des générations d'archivistes qui ont détruit ce qui ne leur semblait absolument pas intéressant et qui nous manque maintenant .
Qu'est-ce qui a disparu ? les jugements déclaratifs de décès des soldats de la guerre 14-18, le jugement sur les pupilles de la nation de cette même guerre, les registres de crimes et délits du XIXe et du XXe................ ça, c'est seulement la liste du jour mais il y en a quasi toutes les semaines !!!!
Par contre, on n'a pas détruit les textes et les notices et les règles de procédure administratives que l'on retrouve en x exemplaires et qui aurait pu n'être conservées qu'aux archives nationales !!!
Entre pilonnage et échantillonnage, ce sont des kilomètres linéaires de la vie de nos ancêtres qui ont disparus sur toute la France.
Alors je suis furax.
08 février 2009
noyage étrange
Acte trouvé par Delphine, stagiaire 2009
François Roulleau est décédé. Son inhumation a lieu le 18 avril 1710 à Thoré la Rochette. Rien d'anormal jusque là. Mais le curé est prolixe. Évidemment, pour inhumer en terre consacrée, il doit fournir des justifications à sa hiérarchie.
Alors il explique que : François Roulleau, dans sa maladie, a reçu les saints sacrements de pénitence et d'extrême onction et qu'il est mort par accident, noyé dans le transport d'une violente fièvre.
A vos hypothèses ....................................
03 janvier 2009
2009
ça y est !!!! 2008 est parti et 2009 est arrivé avec son cortège de bonnes résolutions et de projets. Il faut en avoir des projets pour avoir envie de continuer à avancer.
Alors si je liste mes projets généalogiques bien sur, pour 2009, cela donne ça :
- mettre en ligne memorial41.fr avec si j'y arrive, une base de données des soldats morts dans le Loir et Cher ou du Loir et Cher, morts au loin.
- Booster genealpro et mettre sur pied un réseau de travail efficace
- continuer la formation bien sur, en proposant des modules totalement adaptés à l'avenir de la profession
- continuer les monographies en cours (sans trop m'éparpiller bien sur)
- et surtout, garder l'oeil et la curiosité ouverts.
Allez, je me souhaite une bonne et heureuse année 2009, pleine de généalogie, de recherches et de découvertes dans les vieux papiers
07 novembre 2008
Treize francs cinq centimes
Les transcriptions d'actes de décès recèlent parfois des détails étonnants où les sentiments se mêlent aux réalités de la vie administrative sans que l'on sache très bien où finissent les premiers, où commencent les seconds.
Le 2 juin 1874, Hachille Trecul (avec un H, et oui), infirmier, premier soldat de visite à l'hôpital militaire de Philippeville, en Algérie, s'est noyé dans la mer, à sept heures du soir, alors qu'il se baignait avec un de ses camarades.
C'est le directeur de l'hôpital militaire qui rédige l'acte de décès, en ajoutant ces mots rarement trouvés en un tel endroit : "ce pauvre garçon, très bon sujet, a été regretté de tout le détachement et de ses chefs. Les honneurs militaires funèbres lui ont été rendus le plus dignement possible".
Et d'ajouter ensuite que Hachille laisse derrière lui treize francs cinq centimes que les héritiers pourront récupérer dès qu'ils auront rempli le certificat d'hérédité !!!!