Durant l’occupation, les troupes prussiennes montrent une sauvagerie et une avidité terrible pour les bourgs envahis. Les maisons sont pillées et incendiées dans le feu de l’action, si je puis dire.

Les vaincus doivent courber l’échine, se taire et subir………………… et payer. Et tout est bon pour les faire payer, y compris les provocations et les traquenards.

Le 13 décembre 1870, les soldats prussiens sont dans la commune de Saint Claude de Diray depuis plusieurs jours.

Auguste Arquille, veuf de Marie Huveau, vigneron de soixante-dix ans et le sieur Rocher, (Louis le cordonnier de quarante-huit ans ou François le tonnelier de quarante-sept ans ? Ce n’est pas précisé), vont tranquillement dans la rue quand des prussiens les prennent pour cible pour jouer.

Le père Arquille s’effondre. Une balle l’a atteint à la jambe, brisant l’os de la cuisse.

Il décède cinq jours plus tard, le 18 décembre 1870, chez lui à Morest, des suites de ses blessures.

Plusieurs personnes sont témoins de cette fusillade.

Antoine Vaudelle, conseiller municipal, cultivateur de quarante et un ans, se porte au secours du père Arquille quand les prussiens s’emparent de lui et le mènent à leur capitaine en disant qu’il leur a tiré dessus.

La sanction tombe immédiatement, il doit être fusillé le lendemain matin. Il passe la nuit, emprisonné au poste. 

Le maire provisoire, Eugène Deniau, trente-six ans, courtier en vin et le curé, Ambroise Latron, cinquante-huit ans, réussissent à obtenir sa mise en liberté ………  contre une forte contribution en nature.

Le 14 décembre, Gustave Racouet, vigneron de trente-quatre ans à Morest, est tué vers huit heures du soir par une patrouille prussienne qu’il croise en chemin.

Le 17 décembre, à six heures du matin, au bourg de Saint Claude, un soldat prussien tire une balle vers la fenêtre d’une chambre occupée par ses chefs et s’en va tranquillement sans être inquiété.

 Après son départ, les officiers sortent de leur chambre prétendant qu’un civil leur a tiré dessus.

 L’intention évidente dans ce coup prémédité est d’obtenir encore une contribution mais c’est raté.

 Un des principaux officiers est dans la rue, parlant avec le maire. Il a vu le soldat décharger son fusil dans la direction de la chambre et l’a laissé passer ensuite près de lui sans l’interpeller.

Difficile de dire qu’il n’a rien vu !!! la ruse a échoué et ils n’osent pas inquiéter les habitants.

Et le détail des biens enlevés sans réquisition par les prussiens est édifiant : il s’agit de vêtements, linge, argent, magasin d’épicerie, bonneterie, rouennerie, montres dérobées, instruments de maréchaux, charron, etc… instruments de musique, souliers… pour une valeur de 21 406 francs.

Ce qui n’empêche pas les autorités allemandes d’exiger une contribution de guerre de 30 000 francs dont 13 000 sont payés avant la ratification des accords de paix.

L’estimation en argent des réquisitions de toute autre nature est de 51 315.85 francs et l’estimation en argent des dégâts et pertes par suite d’incendie et autres causes est de 3 375 francs.

Au total, les pertes de la commune, par réquisitions ou représailles, sont évaluées à 89 096.85 francs.

 

Saint Claude de Diray