T comme René Armand Thomas

René Armand Thomas naît le 27 février 1889, à Fresnes, fils de Louis Thomas, cultivateur, et de Marie Louise Françoise Bozon (Beauzon). Il est cultivateur, comme son père, lorsqu’il part au service militaire, le 4 octobre 1910, au 2e bataillon de chasseurs. Passé dans la réserve, il est affecté au 113e régiment d’infanterie, et c’est ce régiment qu’il rejoint, après avoir lu l’affiche de la mobilisation générale, placardée sur les murs de la mairie de Fresnes.

Il arrive à la caserne le 3 août, intègre la 7e compagnie, et part en campagne le 5, direction la frontière belge et une petite commune, dont il n’a probablement jamais entendu parler : Signeulx.

Au soir du 22 août 1914, trois Thomas manquent à l’appel du 113e : Abel Joseph, trente-deux ans, du Loiret, Louis Georges Adolphe, vingt-un ans, du Cher, et René Armand, vingt-cinq ans, du Loir-et-Cher.

René est le seul à figurer sur la liste des morts relevés sur le champ de bataillon, par les habitants. Son corps a été inhumé dans une des fosses communes creusées par les habitants, après la bataille. Puis exhumé pour être réinhumé dans un des cimetières (Baranzy, Signeulx, etc.) mais lequel ?

Il avait 95 francs sur lui, une somme énorme si j’en crois le convertisseur de l’INSEE : « Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 95,00 Francs en 1914 est donc le même que celui de 29 318,69 Euros en 2017 ».

L’argent a disparu, comme celui pris sur les autres morts du champ de bataille. Il avait été confié au curé de Signeulx, avec un papier indiquant le contenu de deux sacs (portefeuilles, porte-monnaie, médailles et menus objets des soldats), et ce que le curé devait en faire. Cela lui sauva la vie, car, voulant s’approprier les sacs, un officier allemand l’accusa d’avoir volé les dépouilles des soldats français. Les sacs furent emmenés par les allemands et le curé obtient un reçu en échange.

Les familles ne virent jamais revenir ce qui avait été pris sur le corps de leurs enfants.

Les parents de René Armand furent informés du décès de leur fils, le 26 mars 1916, après l’avis officieux du ministère de la guerre, le 11.

Il faut attendre le 4 mars 1920, pour que le décès de René Armand soit officiellement fixé au 22 août 1914, à Signeulx.

Son frère, Ernest Eugène, né le 10 août 1891, va faire toute la guerre dans les bataillons de chasseur et rentrera indemne de cette guerre, du moins, physiquement.

Le nom de René Armand est gravé sur le Monument aux Morts de Fresnes. C’est un des disparus de Signeulx.

Monument aux morts