113-ri-blois

La série W est une série toute neuve pour moi. Lorsque j'ai commencé à exercer, la très grande majorité des documents qui s'y trouvent n'étaient pas communicables. Maintenant, ils le sont et c'est une nouvelle gymnastique mentale à intégrer dans les réflexes généalogiques.

J'ai choisi, centenaire oblige, la cote 1578 W 80 des archives départementales du Loir-et-Cher, dossiers des anciens combattants.

Dans cette cote, j'ai pris le dossier numéro 10 917, celui de Gabriel Georges Lange (Lange Gabriel !!! cela lui a visiblement porté chance).

Gabriel Georges Lange est né le 7 octobre 1890 à Vendôme, fils de Raphaël Georges Lange et de Marie Jeanne Dubois. Il est de la classe 1910 et inscrit dans le registre matricule de sa classe, sous le numéro 222.

A quoi ressemble Lange Gabriel ? Il est grand, 1.75 m, a les yeux bleus (normal pour un ange), les cheveux châtains moyens, le front vertical, le nez rectiligne, le visage plein.

Il est le numéro 137 de la liste du recensement militaire du canton de Blois-Ouest où vivent ses parents. Il exerce la profession de ferblantier. Son service militaire commence sous les hospices de la faiblesse puisqu'il est ajourné. Pour peu de temps, le 26 août 1911, il est jugé apte et arrive au corps le 10 octobre 1911, au 37e régiment d'infanterie. Le 26 septembre 1912, il est caporal. Il est libéré le 8 novembre 1913, avec certificat de bonne conduite et s'installe à Vendôme, 54 rue Poterie.

Cette libération ne dure que dix mois. Le décret de mobilisation du 1er août l'expédie, le 3 août 1914, au 113e régiment d'infanterie. Lorsque l'on connaît l'histoire du 113e régiment d'infanterie, on sait que le début de la guerre est particulièrement mortel. La bataille de Signeulx, en Belgique, le 22 août, marque le début de l'hécatombe avec 1 200 soldats hors de combat.  Gabriel survit et est promu sergent le 19 décembre 1914.

Le 21 août 1915, il est nommé adjudant.

Le 30 octobre 1916, Gabriel est blessé à Douaumont et évacué à l'ambulance 10/13 qu'il quitte le 12 novembre. Il repart au front le 22 novembre.

Il est intoxiqué par les gaz vésicants le 6 janvier 1918 à Corbeny (Aisne) secteur de Craonne et envoyé à l'ambulance 1/50. Il y reste peu de temps et rejoint son régiment le 16 janvier.

Il est blessé le 15 avril 1918 à Roye-sur-Matz, dans l'Oise, il et soigné à Cognac et part pour dix jours de convalescence, suivis de dix jours de permission de détente. Il est de retour au front le 30 mai 1918.

Il rejoint le 113e régiment d'infanterie le 20 juillet 1918.

Il est nommé adjudant-chef, le 5 octobre 1918.

Il est blessé le 17 octobre 1918, par éclat d'obus à la cuisse droite, à Challerange (Ardennes). Il est soigné à l'hôpital complémentaire 32. De retour d'évacuation le 23 novembre 1918.

Il rente au dépôt le 15 juin 1919 et est de retour dans ses foyers, le 1er août 1919.

La guerre lui aura valu : citation à l'ordre de la division n°47 le 16 août 1915, ordre de la division n°20 du dépôt n°27 du 4 mars 1915, la médaille militaire extrait de l'ordre 6763 du 9 avril 1916, ordre de la brigade 78 du 6 novembre 1918 dépôt n°2 1918, médaille militaire, croix de guerre deux étoiles de bronze, une étoile d'argent, croix de guerre belge.

Lors de la création de son dossier d'ancien combattant, en 1929, n°10 917, il vit à Vendôme, 2 rue du docteur Faton.

Si les trois-quarts des informations ci-dessus viennent de son feuillet matricule, le quart restant, complétant les blessures, les lieux d'hospitalisation, viennent de son dossier d'ancien combattant.

Gabriel décède le 30 juin 1937, à Vendôme. Il n'a pas eu le temps de faire renouveler sa carte d'ancien combattant. Il n'y a donc pas de photo de lui dans le dossier.

Dommage, j'aurais bien aimé voir à quoi ressemblait Lange Gabriel.