Charles, Jean Baptiste, Jean, Laurent et les autres ont deux points en commun. Ils ont le même nom de famille Klein et ils ont fait la guerre de 1870.

Charles, 23 ans, natif de Berviller en Moselle est caporal au 14e de ligne.

Jean Baptiste Henri Ferdinand, 28 ans, natif de Bruxelles en Belgique, est sergent au régiment étranger.

Jean, 32 ans, natif de Forbach en Moselle, fait partie des éclaireurs de la Seine.

Laurent 26 ans, natif de Neubois en Alsace, est soldat au 32e de ligne

Philippe, 33 ans, natif du Havre en Seine Maritime, fait partie des francs-tireurs de la Gironde.

François, 21 ans, natif de Wintzenheim dans le Haut Rhin, est soldat au 85e de ligne

Louis Alfred, 21 ans, natif de Maizières dans la Meurthe, est soldat au 33e de ligne

Pierre, 25 ans, natif de Douai dans le Nord, est soldat au 8e de ligne.

Ils ont un autre point commun. Ils ont été blessés au combat et ont survécu.

Mais ils n’ont pas été blessés aux mêmes batailles ni eu les mêmes blessures.

A eux seuls ils représentent un bon échantillon des combats faits et des blessures reçues par tous les soldats de cette guerre.

Laurent est blessé par balle à Styring Wendel lors de la bataille de Spickeren le 6 août 1870. L’humérus gauche est fracturé avec rétraction du biceps, ankylose scapulo-humérale et atrophie du bras.

Pierre est touché par un coup de feu lui fracturant le fémur gauche à Gravelotte le 16 août 1870. Il est amputé de la cuisse au tiers supérieur.

Louis Alfred est blessé dans le Loiret. Il est atteint par deux coups de feu au fémur gauche et à l’omoplate droite à Ormes, le 11 octobre 1870. On doit lui retirer des esquilles du fémur qui lui laisse une claudication et il subit la résection d’une partie de l’omoplate qui rend les mouvements du bras droit très limités.

 

Klein Charles

François est également blessé dans le Loiret. Il reçoit un éclat d’obus qui lui fracture l’humérus gauche lors du combat de Beaune-la-Rolande (Loiret) le 28 novembre 1870. Il doit subir l’amputation de son bras.

Le sergent Jean Baptiste est blessé le même jour à Orléans. Un coup de feu lui fracture la jambe gauche.

Le caporal Charles reçoit une balle qui lui fracture l’olécrane gauche le 30 novembre 1870 à Champigny. Sa blessure lui provoque une ankylose du cou dans la flexion.

Jean est touché le 14 novembre 1870 à Bondy par coup de feu. La balle en seton (double blessure) le touche au bras droit (plaie compliquée) et à la poitrine. Son bras en reste affaibli et sa main droite est paralysée.

Philippe le franc-tireur, est touché par balle à Héricourt, en janvier 1871. Il souffre d’une fracture comminutive de l’apophyse épineuse de la 6e vertèbre cervicale. Il a une cicatrice adhérente à la partie supérieure et postérieure du bras.

Le 11 mars 1871, Jean de retour dans ses foyers, à Paris, va toucher une pension annuelle de 408 francs. Il a fait sept ans et vingt-huit jours de services et un an de campagne.

1er mai 1871, François est de retour dans ses foyers, à Belfort, et va toucher 465 francs de pension annuelle pour huit mois de service et un an de campagne.

Le 1er novembre 1871, Pierre est de retour dans ses foyers, à Bordeaux (Gironde), touche 465 francs de pension annuelle. Il a fait neuf ans, quatre mois et seize jours de service dont deux ans de campagne.

Le 1er janvier 1872, Louis Alfred, de retour dans ses foyers, à Ferrières, en Seine et Marne, touche 465 francs de pension annuelle. Il a effectué un an quatre mois et vingt-cinq jours de service dont un an de campagne.

Pour les autres………….. pas de pension. Pourquoi ? La plus mauvaise hypothèse : ils sont morts avant. La meilleure, ils ont guéri.

Je crois que je vais garder la meilleure.

Un grand merci à JF Lemoine pour la photo de son grand-grand-oncle, Charles Klein, notre caporal.