les-audois-morts-pour-la-france-lors-de-la-premiere-guerre-m_475307_800x600

La série Z est une série un peu mystérieuse. Elle contient à elle toute seule tout un dépôt d'archives lié aux sous-préfectures. Dans le Loir-et-Cher, s'y trouvent surtout des documents du XXème siècle, mais pas uniquement.

Centenaire 14-18 oblige, j'ai choisi la cote 1 Z 430 des archives départementales du Loir-et-Cher et j'y ai trouvé la demande de secours de Silvain Eugène Boiton, datée du 9 juin 1916, à Romorantin et adressée au ministère de la guerre.

Silvain Eugène Boiton, au moment de la demande, a soixante-dix ans. Il est né le 25 novembre 1845 à Selles-Saint-Denis. Il avait cinq fils. Deux ont été tués à l'ennemi. Il lui reste Joseph, quarante-deux ans, cantonnier, père de quatre enfants, mobilisé, Armand, trente-cinq ans, charpentier, célibataire, mobilisé, et Louis, trente-et-un ans, domestique, célibataire, mobilisé également.

Silvain Eugène est usé par l'âge et se retrouve sans ressource. Il ne bénéficie d'aucune aide familiale, et touche cent francs de l'assistance aux vieillards infirmes et incurables.

C'est le maire de sa commune, Selles-Saint-Denis, qui rédige la demande. Il atteste en même temps de la moralité de Silvain Eugène, qui n'a jamais été condamné et a une conduite privée et publique sans problème.

Un avis favorable est donné à sa demande.

En feuilletant la liasse, je trouve une demande similaire, datée du 8 mai 1916, avec quelques variations dans le texte. Ses fils sont âgés de trente-sept, trente-cinq, vingt-neuf, vingt-six et vingt-quatre ans !! Silvain Eugène touche 8.35 francs par mois de l'assistance aux vieillards infirmes et incurables. Il est honnête, mais s'est adonné un peu à la boisson (j'aime bien l'expression !!).

Il est indiqué âgé, ne peut plus guère travailler, est absolument sans ressource, sans appui de personne. Il est divorcé et se trouve dans une situation difficile. Il n'y a pas d'avis favorable en marge de ce formulaire-là !! Cela explique peut-être pourquoi une deuxième demande a été faite, plus édulcorée celle-là.

Deux fils morts au front ne suffisent pas pour obtenir une aide, il faut aussi avoir une moralité excellente !!

 

Les enfants de Silvain Eugène et Eugénie

Eugénie, née le 28 octobre 1874 à Selles-Saint-Denis, mariée à Paris le 8 juillet 1902 avec Louis Charles Alexandre Jacques, coiffeur à Paris, natif du Gard. Elle décède le 8 octobre 1904, à Paris.

Eugène Joseph né le 8 juillet 1879 à Veilleins. Il se marie le 28 octobre 1907, à Marcilly-en-Gault, avec Aurélie Augustine. Il fait campagne du 17 mars 1915 au 24 août 1917, dans l'armée d'Orient. Il passe ensuite en sursis jusqu'au 7 février 1919. Il est classé affecté spécial nommé cantonnier à Marcilly.

Armand né le 28 novembre 1881, à Selles-Saint-Denis. Il se marie à Langon, le 1er février 1910 avec Françoise Mornay. Il fait campagne du 5 août 1914 au 4 mars 1919.

Louis né le 29 mai 1885, à Selles-Saint-Denis. Il se marie le 3 mai 1913 à Lanthenay, avec Ernestine Villedieu et décède le 13 mai 1949, à Paris, 17e. Il fait campagne du 4 août 1914 au 3 mars 1919 et obtient la médaille interalliée dite de la victoire.

René né le 12 novembre 1887, à Selles-Saint-Denis. Il part à la guerre le 6 août 1914. Il est porté disparu le 25 septembre 1915 à Saint-Hilaire-le-grand (Marne). Son décès est fixé à cette date par le tribunal de Romorantin, le 5 décembre 1920.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239da25295a0/5242bc5ca959b

Maxime Emile né le 19 novembre 1889, à Selles-Saint-Denis. Il part à la guerre le 3 août 1914. Il est tué à l'ennemi à Vauquois, le 12 mars 1916. Il reçoit la médaille militaire à titre posthume. Sa veuve reçoit un secours de 150 francs. Il est donc marié, bien qu'il n'y ait aucune mention marginale de mariage sur son acte de naissance.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239da25285e5/5242bc5ca8fc2