Chouzy-Pezou-Lignières

La lettre N nous emmène à Lignières, sur les bord du Loir, ou plutôt, au commencement, à Chouzy-sur-Cisse, en passant par Pezou.

Françoise Prudhomme, fille d’un vigneron de Pezou, épouse, le 28 novembre 1821, Jean Deniau, tailleur d’habits. Le couple s’installe à Chouzy où Jean a toute sa famille. Sept enfants naissent dans leur foyer.

Le 26 août 1836, Jean décède, à l’âge de trente-six ans. Françoise reste seule avec ses enfants, dont l’aînée n’a que quinze ans, et la plus jeune deux ans. Dix-huit mois plus tard, elle épouse Lucien Thenon.

En 1844, son quatrième fils, Mamès Pierre, seize ans, ne vit plus avec elle. Cela fait plusieurs années qu’il vit à Pezou, au hameau de Fontaine, dans la famille de sa mère. Il vit chez sa grand-tante, Marguerite Françoise Prudhomme, et le deuxième mari de cette dernière, Jean Martin Renault.

Le loir

Le 23 juin de cette année-là, le jeune garçon, que tout le monde appelle Pierre, se rend sur les bords du Loir, avec des amis, pour une baignade, en tout début d’après-midi. Ce qui aurait dû être une partie de plaisir va tourner au cauchemar.

A Lignières, le maire absent est remplacé par son adjoint, Pierre Lidoreau. Il est cinq heures du soir lorsque le garde-champêtre de la commune, Angibault, le prévient qu’un accident est arrivé sur le territoire de la commune.

Un jeune garçon de Pezou, la commune voisine, s’est noyé au lieu-dit Pointezard. Dandilleux, gendarme à Pezou, a également été prévenu.

Les deux hommes se rendent sur les lieux et trouvent, gisant dans un pré, le corps d’un jeune homme sans vie. Ils examinent le corps à la recherche de blessure, mais il n’y a rien. Il s’agit d’une simple noyade.

Jean Renault et sa femme sont déjà là. Ils ont été prévenus par les camarades de Pierre. Rendus sur les lieux, avec les deux fils du sieur Berger, pêcheur vivant aussi au hameau de Fontaine, ils ont cherché Pierre pendant près de trois heures, avant de trouver son corps.

Il n’y a plus rien à faire pour lui. Son corps est emmené au bourg de Lignières où il va être gardé par deux hommes désignés par l’adjoint au maire, en attendant que sa mère, qui vit à Chouzy, soit prévenue du drame et vienne le faire enterrer.

Pierre n’avait que seize ans. Il est l’une des très nombreuses victimes de la traitrise d’un cours d’eau d’apparence si paisible.