Ternay

La lettre F nous mène à Ternay, au cœur de l’été.

Tout le monde le sait, en cas d’orage, il ne faut surtout pas se réfugier sous un arbre. Pourtant, c’est l’erreur que commettent Auguste Besnard, soixante-cinq ans, le veuve Pichot, quarante-huit ans, et son fils, Désiré, vingt-six ans.

Auguste (Auguste Joseph) Besnard, est journalier à Ternay. Ce jour-là, le 7 octobre 1873, il est au travail au lieudit « les tailles », avec la veuve de son cousin, Marie Désirée Pilon, et le fils de cette dernière, René Désiré Pichot. C’est le matin, et un orage éclate, les trouvant en pleins champs, sans protection.

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Des trombes d’eau s’abattent sur eux et sur le pays, vers dix heures du matin. Ils se réfugient à l’abri sous un châtaignier de très grande taille.

Le tonnerre et des éclairs sillonnent le ciel, pratiquement sans arrêt.

Ce qui doit arriver … La foudre frappe le châtaignier, lui enlevant l’écorce du haut en bas. Auguste est tué net, tandis que Marie Désirée et son fils sont jetés à terre. René en perd connaissance. Il reste inconscient plus de deux heures.

Les gendarmes informés du drame ne peuvent que constater le décès d’Auguste.

Tous ses cheveux, derrière la tête, sont brûlés. Sa casquette est brûlée du même côté. Ils notent une plaie assez profonde sur sa joue, près de l’oreille. Il ne présente aucune autre trace. La mort a été instantanée.

Le pauvre homme a malheureusement fait les frais d’une règle que tous connaissent, à la campagne : en cas d’orage, ne jamais chercher l’abri des arbres. Ses fils, Jules, trente-quatre ans, cultivateur à Saint-Martin-des-bois, et Paul, vingt-cinq ans, cultivateur à Ternay, se rendent à la mairie pour déclarer son décès.

René et sa mère vont se remettre de l’aventure. Cinq ans plus tard, René, qui vit désormais à Marçon, dans la Sarthe, épouse Eugénie Marie Courson, en présence de sa mère, qui vit à Vouvray, en Indre-et-Loire.