André Charles Henaux est l’aîné et le seul garçon d’une fratrie de trois enfants. Ses parents, Charles Thomas Henaux, cultivateur, trente ans, et Françoise Rosalie Prevost, vingt-huit ans, sont mariés depuis un an, lorsqu’il vient au monde, le jeudi 14 mars 1889, à quatre heures du matin, à la Chaumette, à Cour-Cheverny. Deux filles naissent après lui, Charlotte Jeanne, en 1890, et Noémie Eloïse, en 1893. La famille s’installe à la Vernassière, où Françoise élève ses enfants, ainsi que des enfants placés chez elle, des bébés.

Le destin d’André Charles est tout tracé. Ce grand gaillard, il mesure 1.76 m à vingt ans, travaillera avec son père, dans cette belle campagne de Cour-Cheverny, à cultiver la terre et les vignes. Le 5 octobre 1910, il quitte sa famille pour la première fois, pour le service militaire, qu’il fait au 69e régiment d’infanterie. Il fait son temps, et rentre à la maison, le 25 septembre 1912. Peut-être arrive-t-il en pleines vendanges, pour aider son père. Il fera encore une saison dans les vignes avec celui-ci, avant d’être appelé à la guerre.

Le 3 août 1914, André Charles rejoint son régiment, le 113e, 2e bataillon, 5e compagnie, sous les ordres du capitaine Avrial, et le 5, à 9h39 du matin, c’est le départ pour la frontière belge. Il ne reviendra jamais.

Le 22 août 1914, il est porté disparu après le combat de Signeulx, avec 802 de ses camarades de combat. L’armée dresse un acte de disparition, le 13 juin 1916. André Charles est présumé prisonnier.

Le 22 novembre 1914 et le 23 août 1915, les services de la Croix-Rouge répondent directement aux parents d’André Charles, et à l’union des femmes de France, que ces derniers ont sollicité, dans leurs démarches désespérées de savoir, savoir ce qu’il est advenu à leur fils. Les réponses sont négatives. André Charles ne figure pas sur les listes de prisonniers.

Il ne figure pas non plus sur les listes dressées après la bataille par le curé de Signeulx, le bourgmestre de Mussy-la-Ville et le Graberbüro de Virton.

Il faut se résigner et admettre qu’André Charles ne reviendra pas.

Le 10 juin 1920, le tribunal civil de Blois, le déclare mort, le 22 août 1914, à Signeulx, Belgique. Il avait vingt-cinq ans. Le 7 octobre 1920, le maire de la commune rédige son acte de décès. André Charles est officiellement mort.

Charles et Françoise sont perdu leur seul fils. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Cour-Cheverny.

Cour Cheverny Monument aux morts

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