Guillaume Fernand Pellault est employé de commerce à Paris, mais il est né à Chaumont-sur-Tharonne, le 9 mai 1890, et ses parents y vivent encore. Ses parents viennent de plus loin. Le père, Guillaume Jean Marie Pellault, employé au tramway, est natif d’Ambon, dans le Morbihan, et la mère, Marie Amandine Droux, est native de Sermoise, dans l’Aisne.

Le 9 mars 1912, Guillaume Fernand quitte la vie de jeune homme sorti de l’adolescence pour entamer une vie d’homme, grâce au service militaire. Il intègre le 37e régiment d’Infanterie et passe rapidement caporal. Son service militaire est tronqué. Comme soutien indispensable de famille, son père vient de décéder, il est libéré le 8 novembre 1913. Un mois avant, son frère, André Aimable, cultivateur à Chaumont-sur-Tharonne. Il a deux ans de moins que Guillaume, né lui aussi à Chaumont-sur-Tharonne, le 22 octobre 1892. André Aimable a été incorporé au 113e régiment d’infanterie, pour son service militaire. Les deux frères se reverront sur le champ de bataille.

Guillaume Fernand ne profite pas longtemps de sa nouvelle vie d’adulte. L’ombre de la guerre se profile dans un horizon très proche, et le 3 août 1914, il obéit à l’ordre de mobilisation générale et gagne son régiment de réserve, le 113e régiment d’infanterie, où son frère, André Aimable est déjà.

Après un périple en train, puis à pied, qui les mène, avec leur régiment, jusqu’à la frontière belge, les deux frères se retrouvent, le 22 août 1914, dans l’enfer de la bataille de Signeulx. Ils n’en ressortiront jamais.

Au soir de la bataille, 803 hommes du 113e régiment d’Infanterie sont portés disparus et inscrit nominativement sur le registre. Le caporal Pellaut figure sur cette liste. André Aimable faisait partie de la 2e compagnie, décimée à Signeulx, dont mêmes les comptables sont morts, rendant impossible, sur le champ de bataille, l’énumération et le compte des disparus et des morts. Guillaume Fernand est bien marqué disparu le 22 août 1914, sur son feuillet matricule, mais le sort d’André Aimable est plus flou. Il est indiqué « décédé antérieurement au 4 décembre 1915, à Mussy-la-Ville ou Baranzy », soit un an et demi d’incertitude sur son sort, jusqu’à ce que la liste dressée par le curé de Signeulx et le bourgmestre de Mussy-la-Ville et le Graberbüro de Virton soit donnée aux autorités françaises. Le nom d’André Aimable y figure, mais pas celui de son frère.

André Aimable et Guillaume Fernand sont portés disparus, présumés prisonniers. La Croix-Rouge est sollicitée par Marie Amandine, leur mère, devenue veuve. Elle vit désormais à Lamotte-Beuvron. Le 4 octobre 1915, l’armée dresse un acte disparition pour Guillaume. Le 11 novembre 1914, Marie Amandine apprend par le Croix Rouge, que son fils, le caporal Fernand Pellaut, de la 5e compagnie du 113e Régiment d’Infanterie, ne figure sur aucune liste de prisonniers. Le 4 décembre 1915, elle apprend que son fils, André Aimable, figure sur la liste des morts trouvés sur le champ de bataille.

Ses deux fils aînés sont désormais, présumés morts. L’un à l’âge de vingt-quatre ans, et l’autre à l’âge de vingt-deux ans.

Le 14 juin 1919, le tribunal civil de Romorantin dresse l’acte de décès d’André Aimable et fixe son décès au 22 août 1914, à Signeulx.

Il faut attendre le 25 février 1921 pour que le même tribunal déclare le décès de Guillaume Fernand. Les deux jugements sont retranscrits dans les registres de l’état civil de Lamotte-Beuvron, où vit leur mère. Les deux frères sont Mort pour la France, en terre de Belgique.

Leurs deux noms sont gravés, l’un au-dessus de l’autre, sur le monument aux Morts de Lamotte-Beuvron.

Monument aux morts