Clotaire Emile Maurice Vallée est l’aîné d’une fratrie de six enfants. Il naît le 2 juin 1892, à La Bosse, dans le Loir-et-Cher, fils d’Eugène Vallée, journalier bucheron, et d’Angèle Minier.

Le conseil de révision le déclare bon pour le service, classé soutien indispensable de famille, comme aîné de six enfants, et il est incorporé au 113e régiment d’infanterie, le 10 octobre 1913.

Le 5 août 1914, le régiment ayant été complété avec l’arrivée des réservistes, il part pour la guerre, direction la frontière belge.

Clotaire écrit à sa famille, le 14 août 1914, depuis Verdun. Il ne donnera plus jamais de nouvelle.

Le 22 août 1914, au soir de la bataille de Signeulx, Clotaire est déclaré disparu avec plus de 800 de ses camarades. Il est présumé prisonnier et un acte de disparition est dressé par l’armée, le 15 mars 1916. Sa sœur, Célina, placée à Vievy-le-Rayé, chez M. Lory, écrit à la Croix-Rouge, pour savoir où est son frère. Mais les réponses de cette dernière sont négatives. Et pour cause.

Les jours qui ont suivi la bataille, les allemands ont obligé les habitants à récupérer et inhumer les corps des soldats. L’un d’eux, Joseph Buche, de Bruxelles, a pris soin de la dépouille de Clotaire et l’a inhumé, dans le cimetière de Mussy-la-Ville.

Le 17 juin 1920, le tribunal civil de Blois, déclare Clotaire Emile Maurice Vallée, décédé le 22 août 1914, à Signeulx, en Belgique. Douze jours plus tard, sa sœur, Célina, épouse Désiré Gustave Tardif. Désiré est un survivant, blessé à Cierges en 1914, blessé en forêt d’Argonne en 1915, malade en 1915, il a passé toute la guerre au front ou en soins, ce qui lui vaut une citation l’ordre du régiment et la croix de guerre avec étoile de bronze. Lui aussi était à Signeulx, avec le 131e régiment d’Infanterie. Il a vu et vécu les mêmes choses que son frère ; mais lui, est revenu. Est-ce cela qui les a rapprochés ?

Le nom de Clotaire est gravé sur le Monument aux Morts de la Bosse, au côté des onze autres Morts pour la France de cette guerre.

Il est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume du journal officiel du 15 novembre 1921.

JO 15-11-1921

Il n’est pas le seul V du 113e Régiment d’Infanterie, tombé le 22 août 1914 à Signeulx, à recevoir cette médaille. Ils sont cinq à être honorés ce jour-là, cinq V qui auraient tous pu faire l’objet de cet article.