S comme Georges Gaston Sinet

Georges Gaston Sinet naît le 5 octobre 1877, à Boësses, dans le Loiret. Il est fils de Victor Sinet et Alphonsine Rose Creusy. Son père est brigadier de gendarmerie, à Villeneuve-l’Archevêque, dans l’Yonne. Alphonsine est retournée accouchée chez ses parents, à Boësses.

Georges est dessinateur comptable à vingt ans, grand pour l’époque, il mesure 1.70 m. Mais son avenir, ce sera l’armée. Il vit à Fontainebleau, Seine-et-Marne, lorsqu’il est recensé pour le service militaire. Le 16 novembre 1898, il intègre le 113e régiment d’infanterie et y restera, jusqu’à la fin.

Il passe caporal le 20 septembre 1899, puis sergent fourrier le 1er octobre 1900. A la fin de son service militaire, il s’engage pour deux ans. Il passe sergent le 16 octobre 1901, puis sergent major, le 11 mai 1902.

Le 25 avril 1903, Georges a épousé Blanche Louise Soin, à Blois, et ils ont légitimé leur fils, Robert, né 30 juin 1899, à Meaux. Georges est alors en garnison à Blois, sergent major. Blanche Louise est domiciliée à Fontainebleau. Aucun parent n’a fait le déplacement pour ce mariage. Les autorisations ont été données devant l’officier de l’état civil de Fontainebleau.

Robert sera leur seul enfant.

Georges se réengage, pour trois ans, une fois, puis une autre fois. Il est commissionné à compter du 1er novembre 1909.

Les 21 et 22 janvier 1910, la Sauldre déborde de son lit, provoquant une inondation. Georges est cité à l’ordre du régiment, pour avoir, ces jours-là, fait preuve de courage et de dévouement en procédant au sauvetage des habitants surpris par l’inondation. Il reçoit des félicitations pour acte de courage.

Georges passe adjudant, le 12 juin 1912. Le couple habite 6 impasse des Villas, avenue de Paris, à Blois.

Le 1er août 1914, la mobilisation générale annonce la guerre contre l’Allemagne. Le 5, le régiment quitte Blois, par le train, direction la frontière Belge et Signeulx.

Au soir du 22 août 1914, Georges est porté disparu. Le 27 juin 1915, l’armée dresse un acte de disparition.

Sa femme, Blanche, a quitté Blois, pour s’installer à Avon, 73 rue Grande, en Seine-et-Marne. La Croix-Rouge lui répond, répond à Mr jean Lhermit, 144 rue Montmartre à Paris, au bureau des brancardiers, à Nantes, etc. Les lettres arrivent toutes négatives : le 23 novembre, le 7 décembre 1914, le 2 janvier 1915, le 28 avril 1915, le 30 octobre 1916. Il n’y a aucune trace de Georges Gaston. Il n’est sur aucune liste. Il est définitivement disparu.

Le 14 août 1916, son fils, Robert, dix-sept ans, s’engage pour la durée de la guerre, à la mairie de Blois, pour le 46e Régiment d’Infanterie. Cherche-t-il son père ?

Après cinq mois et demi de classes, il part au front, avec son régiment, le 5 février 1917. Le 14 mai, il est cité à l’ordre du régiment : « jeune engagé agent de liaison, d’un calme et d’un sang-froid à toute épreuve, au cours du combat du 16 avril 1917, s’est offert spontanément à plusieurs reprises, pour exécuter des missions dangereuses, malgré un violent tir de mitrailleuse qui sillonnait la plaine ». Croix de guerre, étoile de bronze. Robert voulait-il être digne du héros qu’était son père ?

Il est mis en congé illimité de démobilisation, le 24 septembre 1919, et se retire à Blois, avant de partir pour Paris.

Un an plus tard, le 18 novembre 1920, le tribunal civil de Blois déclare Georges Gaston Sinet, trente-six ans, adjudant au 113e régiment d’infanterie, décédé le 22 août 1914, à Signeulx, en Belgique.

Son nom est gravé sur le Monument aux Morts de Blois.

 

Monument aux morts

Sa femme s’est remariée, le 19 août 1926, à Fontainebleau.