Saint-Aignan-CrouyLa lettre B des faits divers en Loir-et-Cher est triplement B puisqu'elle concerne Gaëtan Charlemagne Beccavin et la Bergerie de la Billardière.

Gaëtan Charlemagne Beccavin a tout pour être heureux. Natif de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, il a vingt-cinq ans quand il y épouse Marie Désirée Lorillard, vingt-et-un ans, le 11 février 1851. Il exerce, comme son père, le métier de tonnelier.

Ses débuts, dans la vie, n’ont pas été très faciles. Il a trois ans au décès de sa mère, et cinq au décès de son père. Mais il a des oncles, cousins, beaux-frères, tous tonneliers. Qui l’a élevé et lui a appris son métier ? Probablement l’un d’eux.

Mais en ce jour, 11 février 1851, une nouvelle vie commence pour lui, avec Marie Désirée.

Cet avenir est assombri par la naissance d’une petite fille mort-né, à la fin de la même année. Mais un petit garçon vient apporter de la lumière dans ce foyer, Ernest Charlemagne, le 10 novembre 1852.

Malheureusement, en 1855, Marie Désirée met de nouveau au monde une petite fille mort-née, puis en 1857, une petite Augustine, qui ne vit que quelques jours.

C’est le début de la descente aux enfers. Marie Désirée décède l’année suivante, à l’âge de vingt-huit ans. Gaëtan Charlemagne reste seul avec son fils, Ernest Charlemagne. Il ne se remarie pas.

Le chagrin n’a pas fini d’envahir sa vie. Quatre ans plus tard, en 1862, le petit garçon décède, à l’âge de neuf ans.

Gaëtan Charlemagne abandonne tout et part sur les routes. Il devient chiffonnier, sans domicile fixe. On le retrouve en prison à Tours, à Chinon, et probablement dans d’autres villes, pour quelques jours, pour vagabondage.

Son errance va durer ainsi vingt-huit ans.

Albert_Brendel_-_La_Bergerie

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 1890, Gaëtan Charlemagne se présente à la ferme de la Billardière, sur la commune de Crouy-sur-Cosson.

Il demande l’hospitalité pour la nuit et le fermier l’envoie dormir dans un grenier, situé au-dessus d’une bergerie.

A-t-il commis une imprudence avec une bougie ou sa pipe ?

Le feu se déclare dans la nuit, et le temps que l’alerte soit donnée, tout a brûlé : le bâtiment, le foin, les moutons et les poules qui y étaient parqués, et Gaëtan Charlemagne.

Il ne reste de lui que quelques ossements qui sont transportés au cimetière de la commune.

Horrible fin pour une vie de tristesse et de chagrin. Le maire fera prévenir ce qui lui reste de famille, à Saint-Aignan.