J'ai l'habitude de me promener dans la série Q de l'enregistrement et des hypothèques. Je me promène plus rarement dans le Q des domaines et pourtant, il est très riche en renseignements généalogiques, pour une partie de la population : les "ennemis" de la révolution.

J'ai donc décidé de faire la lettre Q sur ce thème et j'ai choisi une cote au hasard, comme depuis le début du challenge. Cette fois, c'est la Q683 des archives départementales du Loir-et-Cher.

J'ouvre ce dossier et je trouve ce qui ressemble à un arbre généalogique. Il s'agit en fait de la succession de Félicité Lopriac, veuve de Louis Joseph de Querhoent : c'est ce qui est indiqué en haut de la feuille. Par contre, au premier coup d'oeil, je vois trois lignées : une Lopriac, une Picquet et une Rogon. Comment ces lignées s'organisent-elles par rapport à Félicité ?

Il y a des noms, de flèches et des numéros .... pas évident. En regardant les noms de plus près, je trouve celui de Félicité, à trois reprises. Dans la lignée Rogon, elle est en bas à droite et porte le numéro 47 et son mari le numéro 48.

Félicité semble être la fille et seule descendante de Guy Marie Lopriac de Bouge (45) et de Marie Louise de Roye de la Rochefoucault (46).

Guy Marie Lopriac de Bouge est le fils de René Lopriac deuxième du nom (44) et de Hieronisme Judith Rogon (43).

La lignée remonte ensuite par la mère Hieronisme, qui est la fille de Hierosme Rogon de Beaubois (41) et de Jeanne Judith Picquet (42).

Génération du dessus, Hierosme est fils d'Alexandre Rogon (1) et de Marie Leguennec (2).

A chaque couple, pas d'autre enfant d'indiqué. Alexandre est donc l'arrière-arrière-grand-père de Félicité.

L'arbre continue avec la descendance d'Alexandre et Marie Le Guennec, avec Antoinette Rogon, sa fille (3) mariée à Claude Le Borgne (4), qui a trois filles: 

  • Anne Le Borgne (5) mariée à Jean Binet la Blottière (6),
  • Pélagie Le Borgne (18) mariée à Laurent Demonty (19) et
  • Marquise Antoinette Le Borgne (26) femme d'Etienne Dumoulin (27).

Anne n'a qu'un fils, Marie Salomon Victor Binet de la Blottière (7) marié à Marie Jeanne Françoise Roze Thérèse Roux (8) dont il a Jean Marie Victor Binet Jasson (9) marié à Marie Françoise Lelong (10) et qui a cinq enfants :

  • Joseph Marie Binet (13), mort sans descendance,
  • Jean Marie Philippe Binet (12), absent,
  • Marie Madelaine Elisabeth Binet Jasson (15) mariée à Louis Henry de la Roche (16) qui a elle-même une fille, Cécile de la Roche (17), mineure et héritière de Félicité,
  • Marie Jeanne Binet (11), héritière,
  • Marie Martin Binet (14), absent.

Pelagie a un fils, Laurent Yves Demonty (20) époux de Marie Busson (21) qui a lui-même quatre enfants :

  • Claude Marie (22) et
  • Emilie (23) héritiers,
  • Laurent Joseph (24) prêtre déporté,
  • Alexis (25) absent.

Marquise Antoinette a quatre enfants :

  • Marie Madeleine Dumoulin (28), veuve de Jacques Dubot, héritière,
  • Emilie Marquise Judith Desmoulin (30) veuve Dubot (31), héritière,
  • Daniel Pierre Etienne Dumoulin (32) époux d'Emilie Jeanne Margueite Doudart (33) dont il a trois filles, Madeleine Louise Charlotte Dumoulin (35) femme de Louis Gerosme Gohier (36), héritière, Emilie Charlotte Françoise Dumoulin (37) femme d'Yves Gouygnet de Bienasse (38), héritière et Marquise Emilie Jeanne Dumoulin (39) femme de Georges René de Savignac (40), héritière, et
  • Charles Claude Etienne Dumoulin (34), héritier.

Voilà pour la succession du côté des Le Borgne. C'est logique et simple (surtout avec l'arbre sous les yeux).

Pour la ligné Picquet, elle commence, tout en haut, par Thomas Picquet de Lamotte Bruslon (1) époux d'Anne Bourgonnière (2). Ce sont les arrières-arrières-grands-parents de Félicité. Ils ont deux enfants, Jeanne Judith Picquet (10) mariée à Hierosme Rogon de Beaubois (11), lignée directe de Félicité, déjà vu plus haut, et Jean Picquet Delamotte Bruslon (2) marié à Marie Joseph Leclavier (4).

Jean a un fils, Guy Picquet de lamotte (5) marié à Hélène Julienne Rose Robert de la Bellangeray (6), qui a une fille, Marie Judith Picquet (7) mariée à Jean Aubert Dulon (8), qui a un fils, Marie Joseph Claude Aubet Tregomain (9) héritier.

Voilà pour la branche Picquet.

Et pour la branche Lopriac, elle commence, en haut, par René Lopriac, premier du nom (1) marié à Hélène de Romieu (2), l'arrière-grand-père de Félicité. Il a deux enfants, René de Lopriac (3), 2ème du nom déjà cité marié à Hieronime Judith Rogon (4), et Françoise Lopriac (5) mariée à Jean Talhouet Kaveon (6).

Cette dernière a un fils, Georges René Talhouet Kaveon (9) marié à Marie Anne Derval (10) qui a une fille, Françoise Jeanne Pelagie Talhouet (13) mariée à Louis Marie Huchet de Cintré (14), qui a deux filles, Thaïs Armande Huchet de Cintré (15) et Marie Pelagie Angélique Pauline Huchet de Cintré (16), héritières.

Bon, la liste est un peu indigeste, mais il est aisé de voir qui est vivant, qui est mort, qui est déporté et qui est absent (probablement émigré).

Mais à quoi peuvent bien correspondre ces numéros accolés aux personnes ? Ils doivent bien avoir une justification. Et pourquoi, en haut de l'arbre, est-il écrit : 1° Lopriac lettre A, 2e Picquet lettre B et 3e Rogon lettre C !!!

Pour avoir la réponse, il suffit de tourner la feuille. Au dos, un tableau en trois parties : lettre A, B et C. Et pour chaque partie, des numéros, les fameux numéros auxquels correspondent des actes, leur date et un numéro de page dans un cahier.

Ce sont les justificatifs de succession. Il y a les contrats de mariage, les actes de mariage, de naissance, de décès, des inventaires, des tutelles, des notoriétés. Un vrai trésor !!! Bon, pas de lieu ni de noms de notaire mais, c'est déjà un bon début. Il suffit d'avoir le cahier auquel ces actes renvoient.

Zut, il n'est pas dans la liasse !!! Quoique !! Il n'est pas dans ce que j'ai photographié, mais je n'ai pas tout photographié !! Un petit tour aux archives s'impose pour le vérifier. Et s'il n'y est pas, j'ai le nom du notaire qui a fait la convention entre les héritiers, Péan de Saint Gilles, à Paris, le 30 Vendémiaire V.

En attendant de trouver ce fameux cahier, je sais déjà que Félicité a treize héritiers collatéraux, du troisième au quatrième degré, pour la branche Lopriac, au quatrième degré pour la branche Picquet, et du quatrième au troisième degré pour trois héritiers Rogon, au quatrième degré pour cinq héritiers Rogon, du quatrième au cinquième pour une héritière Rogon et du quatrième au sixième pour la dernière héritière.

Un petit trésor généalogique, je vous le disais.

Je relève la tête du document et je me dis qu'il serait bien de trouver une photo de Félicité. Je ne peux pas mettre en ligne l'arbre généalogique car je n'ai pas demandé l'autorisation aux AD. Et je trouve une marquise de Querhoent, là

 

Claude-Nicolas Leclerc

Claude-Nicolas Leclerc est né et baptisé le 25 juillet 1738, à Ville Dieu en Vendômois, (de nos jours Villedieu-le-Château), au manoir de Pont-Bodin. Il meurt à l'âge de 71 ans, le 22 novembre 1808, à Villedieu, de goutte remontée au cœur.

http://fr.guyderambaud.wikia.com

Elle a été guillotinée, mais est-ce la mienne ?

Alors je vais là :

 

guillo-l - detecteur de metaux

LABADIE André négociant, âgé de 32 ans, né et domicilié à Bordeaux, département de la Gironde, condamné à mort le 23 prairial an 2, par la commission militaire séante à Bordeaux, comme convaincu d'avoir manifesté le mépris le plus décidé pour les assignats, d'avoir calomnié le peuple qui était indigné contre les accapareurs, et lorsqu'il s'est montré jaloux de conserver la liberté conquise au prix de son sang.

http://les.guillotines.free.fr

Oui, c'est bien Félicité qui a été guillotinée et c'est bien son portrait.

Marquise-de-Querhoent

"LOPRIAC-DONGE F. veuve Querhoënt, ex marquise, âgée de 58 ans, née à Paris, domicilié à Cambray, département du Nord, condamné à mort comme conspirateur, le 8 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris."

Elle était belle, Félicité. Mais la révolution était sans pitié.

 

 

 

 

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