Marc (c’est son prénom d’usage) est le troisième enfant de Jules Rouballay et Marie Garnier. Il est né à Villexanton, le 21 octobre 1891. Les ainées sont des filles, et le seul autre garçon de cette fratrie de cinq enfants, Jean, naît en 1906.

Marc est meunier. Il a appris son travail chez Alfred Tournois, à Suèvres. Peut-être est-ce à cette occasion qu’il a rencontré Marguerite, et qu’il a flirté avec elle, voir plus. Le 9 mars 1912, les deux jeunes gens, ils ont à peine vingt-un ans chacun, se marient à Suèvres, et légitiment, par la même occasion, leur fille, Marguerite Alice, cadeau du Noël précédent.

Cela n’empêche pas le jeune marié de partir au service militaire, le 10 octobre 1912, pour le 113e régiment d’infanterie. Il est soutien de famille, et Blois est juste à côté de Suèvres, où le jeune couple s’est installé. Marguerite attend un deuxième enfant. C’est encore une fille, Henriette, qui naît le 11 avril 1913. Marc est toujours à l’armée.

A peine marié, déjà parti au service militaire, autant dire que Marc ne verra pas beaucoup ses filles.

Le 1er août 1914, la mobilisation est générale, la France entre en guerre contre l’Allemagne. Le 5 août, Marc part avec son régiment pour la frontière belge. Il est au troisième bataillon, 9e compagnie. Signeulx sera son terminus.

Au soir de la bataille de Signeulx, Marc est porté disparu, présumé mort.

A-t-il su que sa femme attendait leur troisième enfant ? La petite Marthe naîtra six mois après la disparition de son père. Marguerite se retrouve seule, à vingt-trois ans, avec trois enfants en bas-âge, et l’attente commence, pour elle, comme pour ses beaux-parents.

De nombreux courriers sont échangés avec la Croix-Rouge. Celle-ci répond à sa femme, à Suèvres, à sa belle-sœur, Yvonne Leroux, à Paris, à Mme Morisse, directrice du foyer du soldat à Baccarat, à M. Gaillard à Genève.

Marc est présumé prisonnier. Le 11 mars 1916, l’armée dresse un acte de disparition et envoie un secours immédiat à sa femme, de 150 francs.

Le 21 mars 1916, Marc serait à Stuttgart, mais un courrier du 24 mars 1916 dément l’information.

Le 7 mars 1917, une dernière lettre est écrite au dépôt La réponse arrive le 19. Marc est décédé le 21 ou le 22 août 1914, à Signeulx, en Belgique et la famille a été avisée officiellement de ce décès. Jules figure sur les listes fournies par le curé de Signeulx, il est enterré dans le cimetière de cette commune. Pourtant, la famille continue à le chercher.

Le 4 avril, la Croix-Rouge écrit à la famille, puis le 1 août 1918 et encore le 19 août. Pourtant, l’enquête est terminée. Mais ils veulent savoir, savoir ce qui est arrivé à Marc.

Le 8 octobre 1918, par la Croix-Rouge, la famille écrit à trois prisonniers. Enfin, le 24 mars 1919, on communique à la famille, des renseignements sur les évènements de Signeulx et la liste des compagnons d’arme de Marc.

Le 23 février 1920, le tribunal de Blois déclare Marc décédé le 22 août 1914 à Signeulx, en Belgique, à l’âge de vingt-deux ans. Il laisse une très jeune veuve et trois très jeunes orphelines, dont la dernière n’aura jamais été dans les bras de son père.

Le nom de Marc est gravé sur le monument aux morts de la commune.

Monument aux morts

Marguerite se remariera, le 26 août 1922, à Suèvres, avec Adrien Louis Duguet, quarante-trois ans, ancien combattant au 313e Régiment d’infanterie, blessé le 3 mars 1915 à Vauquois, par éclats d’obus au pied droit, porté disparu, fait prisonnier et interné au camp de Meschede. C’est lui qui élèvera les enfants de Marc.