Bilan

C’est l’exercice quasi obligé de fin de Challenge : le bilan.

Pour rappel, j’ai choisi, cette année, les disparus du 113e Régiment d’Infanterie, à Signeulx, en Belgique. La matière était là, malheureusement abondante, même si la documentation n’était pas toujours à la hauteur (merci les destructions d’archives par les archivistes de différentes époques).

C’est un sujet qui me tenait à cœur et qui ne m’a pas laissée indemne.

J’ai beau dire que nous ne travaillons qu’avec des morts, et que, en termes de guerre, le happy end arrive rarement, là, il était certain que je n’allais parler que de morts, morts au front, tombés au champ d’honneur, Morts pour la France.

Je n’avais pas imaginé que cela me perturberait autant. Probablement parce que, pour dépasser le côté répétitif des disparitions dans les mêmes circonstances, j’allais m’attacher à l’aspect humain de la perte, à la quête de la tombe, et me heurter à l’absence : absence de tombe, absence de preuve, absence de certitude,etc.

A cela s’ajoute la lecture des témoignages poignant des civils. Non, la guerre n’est pas qu’une question de ligne de front avec d’un côté les bons (mes p’tits gars du 113e) et de l’autre côté les mauvais (les allemands, anonymes, sans visage et sans nom, donc sans âme). Au milieu se trouvaient les civils, premières victimes de la guerre, de toutes les guerres, encore aujourd’hui.

Mais j’ai tenu bon, vingt-six fois, même s’il a fallu faire un peu de gymnastique avec les lettres de l’alphabet. De cela, je suis contente. Mais je ne le recommencerai pas. Le prochain challenge n’aura pas de thématique (j’ai douze mois pour changer d’avis). Il sera, au gré de mes découvertes en archives, ou ne sera pas.

Autre aspect positif : cela m’a permis de déterminer ce qu’il y aura dans l’ouvrage que je veux réaliser sur le 113e Régiment d’Infanterie. Mais cela va me prendre des années, vu la masse de recherches à faire. Pas grave, j’ai tout mon temps. Ou pas. On verra.

Question lecteur, je dois avouer que mes plus fortes fréquentations ont eu lieu … les dimanches, jour sans Challenge, et ce sont les articles des dimanches qui ont été le plus lus. Comme quoi !!!!

Plus le sujet est pointu, moins il attire les lecteurs. Pas grave, j’écrivais surtout pour mes p’tits gars. Pour qu’on ne les oublie pas.

Pourquoi participer au Challenge alors ? Parce que c’est un Challenge, justement.

Nous sommes toujours tous seuls dans nos bulles généalogiques, devant nos écrans. Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire, alors je n’écris pas…. Et les jours se transforment en semaines.

Là, il faut écrire tous les jours, en respectant l’alphabet. J’adore. J’ai juste un peu de mal avec ceux qui ne respectent pas cela : alphabet dans le désordre, copie photo sans texte !!! Je me demande pourquoi ils s’inscrivent. Juste pour y être ?

J’ai plus de respect pour ceux qui essayent et qui arrêtent, et ceux qui n’arrivent pas à faire toutes les lettres. Ceux-là ont fait de leur mieux. Ils ont joué le jeu.

J’aime bien cette expression : « jouer le jeu », et pas « tordre les règles pour qu’elles nous conviennent ». Dans ma jeunesse, on disait « couper le camembert », ce qui était une faute grave !! Mais je suis d’un autre temps.

Je n’ai pas eu le temps de lire tous les textes, loin de là. J’ai un peu picoré. Il y a du bon, du très bon, du que j’ai moins aimé, du que je n’ai pas pu m’empêcher de corriger intérieurement (on est prof ou on ne l’est pas !!). Il y en a pour tous les publics.

Et j’ai encore beaucoup de lecture à faire. Au cas où les gilets jaunes ou les tempêtes de neige me bloqueraient chez moi, j’aurais au moins des provisions d’articles à lire.

Maintenant, je vais me faire une petite déprime de fin de Challenge. Je vais tourner en rond devant mon clavier sans trop savoir quoi faire.

Ah mais non, aujourd’hui, c’est le 1er décembre !!!! J’ai mon calendrier de l’Avent à faire !!!

Bon, à dans un an moins un mois, pour le prochain Challenge.