Pour le X il a fallu ruser .... Et le X devient Lacroix

Léon Camille Lacroix naît le 28 avril 1882, à Civray, fils de Léon Célestin Lacroix, cordonnier rue du commerce, et d’Adolphine Parhazard. Il est employé de commerce lorsqu’il est incorporé au 131e régiment d’infanterie, le 16 novembre 1903. L’armée lui convient bien, il passe caporal le 21 novembre 1904, puis sergent, le 18 avril 1906. Son temps de service achevé, il se rengage pour un an et passe sergent fourrier, le 11 juillet 1906, puis sergent, le 5 février 1907. Il passe au 76e régiment d’infanterie le 18 mai 1907 et se rengage pour deux ans.

Le 14 mai 1908, il épouse, à Saintes, Germaine Marguerite Ferdinand.

Il passe dans la réserve, le 1er octobre 1909.

Il est nommé sous-lieutenant de réserve au régiment d’infanterie de Châteauroux, le 27 juin 1911, puis est affecté au 113e régiment d’infanterie, le 5 février 1914. Léon et sa femme s’installent à Blois, au numéro 1 de la rue des écoles.

Le 3 août, il est présent au corps, 2e bataillon, 6e compagnie, et part aux armées, le 5, avec tout le régiment, direction, la frontière belge par Verdun puis Longuyon. Le 21 août, un premier accrochage a lieu entre français et allemands. La 6e compagnie, celle de Léon Camille, a six ou sept tués et une douzaine de blessés, dans des combats à Baranzy. Mais ce n’est que le prélude. Le 22 août 1914, le combat est engagé avec l’armée allemande, et la 6e compagnie retourne sur Baranzy. C’est un véritable carnage, et un échec pour l’armée française, qui, dans sa retraite, laisse, sur le champ de bataille, plus de 800 hommes, portés disparus.

Léon Camille figure parmi les portés disparus.

Le 30 octobre 1914, l’armée dresse un acte de disparition pour le sous-lieutenant Léon Camille Lacroix. Il a disparu pendant le combat et deux témoins peuvent en certifier, Joseph Patrie, soldat de 2e classe au 113e et Maurice Thuane, caporal au 113e.

Un état de pertes du 8 novembre 1914, le déclare décédé. Mais il n’y a aucune preuve réelle.

Des recherches sont effectuées par la Croix-Rouge, mais une réponse négative est envoyée le 14 juillet 1916, à Civray.

Enfin, la mission catholique suisse en faveur des prisonniers de guerre, à Fribourg, recueille le témoignage de Robert Legrand, du 113e, prisonnier au camp de Ahlem Falken Bergermoow. Robert Legrand atteste que le lieutenant Léon Camille Lacroix est tombé au champ d’honneur, le 22 août 1914.

Sa femme a quitté Blois. Elle a rejoint son département d’origine, et s’est installée à La Rochelle, au numéro 7 de la rue de Jéricho.

Le 4 mars 1920, le tribunal civil de Blois déclare que Léon Camille Lacroix est décédé le 22 août 1914, à Signeulx.

Le 8 juillet 1922, le Journal Officiel indique que Léon Camille Lacroix, sous-lieutenant, officier doué des plus belles qualités militaires, plein d’allant, de bravoure et de sang-froid, est tombé glorieusement au champ d’honneur le 22 août 1914, à Signeulx. Croix de guerre avec palme.

Monument aux morts de Blois

Son nom est gravé sur le Monument aux Morts de Blois et celui de Civray. Sur ce dernier, il est inscrit avec celui de son cousin germain, Amédée Albert Lacroix, tombé le 19 septembre 1916, dans la Somme.

Mais Léon Camille n’est plus disparu. Son corps repose au cimetière militaire de Musson-Baranzy, dans la tombe individuelle numéro 436, si j’en crois Mémoire des Hommes. Mais son nom ne figure pas sur le relevé du cimetière effectué par Daniel Gheeraert, mis en ligne sur Memorial Gen Web.

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Il va falloir continuer les recherches.

Photo du cimetière de Musson-Baranzy

photos du cimetière franco allemand 14/18 de Musson/Baranzy

Il ne subsiste aucune indication sur le nombre exact de soldats inhumés dans ce cimetière car beaucoup furent rapatriés en France ou en Allemagne. Certaines chroniques font cependant état de 884 français et de 268 allemands. Inauguré en 1917 par les Allemands, ce cimetière n'accueillera qu'en 1919 les corps des soldats français, eux...

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