Robert Denis Kault est un jeune homme blond, aux yeux bleu-foncé et au visage plein. Avec sa taille de 1.68 m, il se place dans la taille moyenne-haute de sa génération.

Il est né le 17 juillet 1890, et a passé ses premières années, au bourg de Cheverny, enfant unique de Denis Louis Kault et Marie Guerrier. Entre 1896 et 1901, la petite famille part s’installer à Cour-Cheverny, au hameau de la Fontenille.

Comme son père, Denis Louis, Robert Denis est vigneron à Cour-Cheverny.

Lorsqu’il atteint vingt ans, il est inscrit sur le tableau cantonal du service militaire, sous le numéro 70. Bon pour le service, il est incorporé au 114e régiment d’infanterie, le 9 octobre 1911, comme soldat de 2e classe. Robert est maintenu sous les drapeaux jusqu’au 8 novembre 1913, date à laquelle il rentre chez lui, avec un certificat de bonne conduite et passe dans la réserve. Ce retour à Cour-Cheverny sera de courte durée.

Le décret de mobilisation du 1er août 1914, le rappel au corps, le 3. Il est incorporé au 113e régiment d’infanterie, sous le matricule 8195, 2e bataillon, 6e compagnie.

Il y retrouve son cousin, René Louis, d’un an son aîné. Il est né lui aussi à Cheverny, puis est parti vivre à Cour-Cheverny, comme Robert Denis, pour finir à Tour-en-Sologne. Pourtant, leur cousinage n’est pas proche. Huit degrés les séparent, passant par leur arrière-arrière-grand-père, Henri Kault, pour une belle lignée de vignerons de Cheverny. René Louis a fait son service au 26e régiment d’infanterie, mais la réserve l’affecte, lui aussi, au 113e régiment d’infanterie.

Ils partent ensemble pour le nord de la France.

Un acte de disparition est dressé par le sous-lieutenant Charles Emile Lorentz, le 2 juin 1915. Robert Denis Kault a disparu le 22 août 1914 à Signeulx (Belgique), au cours d’un mouvement de repli où sa compagnie fut particulièrement éprouvée.

Robert Denis est porté disparu. Il est peut-être prisonnier. Les fichiers de la Croix-Rouge le supposent prisonnier à Montenach Fribourg en Suisse, mais il ne donne aucune nouvelle. Des courriers malheureusement négatifs sont adressés à ses parents le 8 septembre et le 2 décembre 1915 par les services de la Croix-Rouge.

Robert Denis ne sera jamais retrouvé. Son nom ne figure pas sur la liste des soldats français morts les 21 et 22 août 1914, dressée par le curé de Signeulx et le bourgmestre de Mussy-la-Ville et le Graberbüro de Virton. Il reste un disparu de Signeulx. Denis Louis Kault et sa femme, ont perdu leur unique enfant, et n’auront jamais la « consolation » de pouvoir se recueillir sur sa tombe.

Le 3 septembre 1920, le tribunal civil de Blois va entériner sa disparition et établir un acte qui le déclare décédé ce jour-là, 22 août 1914, Mort pour la France à Signeulx, en Belgique. Il repose toujours là-bas, en terre étrangère, sur le champ de bataille, ou dans une tombe anonyme d’un cimetière militaire.

Son cousin, René Louis, l’a suivi de peu. Survivant de la bataille de Signeulx, il a été grièvement blessé dix jours plus tard, le 2 septembre aux combats d’Eclisfontaine, sur la commune d’Epinonville, dans la Meuse et est décédé le lendemain, des suites de ses blessures, à Varennes.

Partis ensemble à la guerre, les cousins sont unis dans la mort, mais pas sur les monuments aux Morts. Robert Denis a son nom gravé sur celui de la commune de Cour-Cheverny, alors que son cousin a le sien gravé sur la plaque commémorative, dans l’église de Cour-Cheverny.

Monument aux morts Cour-Cheverny

 

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