Le 4 août 1870, les troupes françaises sont occupées à préparer le repas et à bivouaquer à Wissembourg lorsque, vers huit heures et demie du matin, une batterie bavaroise ouvre le feu. Les forces allemandes sont bien supérieures. Les français se battent à un contre six. La guerre a commencé, mal commencé.

Woerth

Après trois heures de combat, les pertes françaises s’élèvent à 2 092 hommes (1 200 tués et blessés et 892 disparus).

Le 6, à sept heures du matin, ce sont les combats de Froeschwiller qui s’engagent et les pertes deviennent vertigineuses : 11 000 soldats français sont tués ou blessés, 6 000 portés disparus.

Les combats de Froeschwiller concernent les communes de Reischoffen, Gunstett, Langensulzbach, Elsasshausen, Morsbronn et ………………………… Woerth.

Le témoignage du chef de bataillon au 45e de ligne, David, est édifiant : « tous les corps confondus forment une cohue sans nom ; l’ennemi a gagné du terrain et ses projectiles, avec un grondement sinistre, creusent dans cette foule des sillons sanglants ; le terrain que nous traversons est couvert de mourants et de blessés ; ceux-ci, les plus malheureux, nous supplient de ne pas les abandonner et de les emporter. Que faire ? Le cœur déchiré, on détourne les yeux, on cherche à éviter un si horrible spectacle qui se reproduit à chaque pas. »

Comme tous les autres régiments, le 47e de ligne est sévèrement touché à Woerth.

Parmi les blessés qui seront pensionnés pour blessures graves au combat, se trouvent :

Joseph Marie Morel, 23 ans, d’Auberive (Isère), est atteint d’une balle dans l’omoplate droite. Il perd l’usage de son bras (3 ans 16 jours de service),

Joseph Serventié, 22 ans, d’Albussac (Corrèze) a l’humérus droit fracturé par balle, perte de l’usage de son bras (2 ans 7 mois 11 jours de service)

Gilles Auguste Dumont, 24 ans, de Boisyvon (Manche) a le coude droit fracturé par éclat d’obus, amputé du bras au tiers inférieur (4 ans 7 mois 26 jours de service)

François Vérizaut, 24 ans, de Tulle (Corrèze) a la jambe gauche fracturée par un éclat d’obus et est amputé de la jambe sous le genou (2 ans 11 mois 17 jours de service)

Pierre Jaudoin, 25 ans, d’Auzances (Creuse) sergent, souffre d’une fracture de la main droite par coup de feu (4 ans 8 mois 27 jours de service)

Pierre Bessette, 25 ans, d’Aubusson (Creuse), a une fracture du fémur droit par coup de feu (4 ans 10 mois 28 jours de service)

Laurent Emile Gabriel Certain, 25 ans, de Gentilly (Seine), sergent, a une fracture du maxillaire inférieur par coup de feu (5 ans 3 mois 4 jours de service)

Louis Charles François Bajat, 23 ans, de Pont de Beauvoisin, Grenoble (Isère), souffre de fracture de la jambe gauche et lacération du pied, plaie au bras gauche par éclat d’obus et coup de feu, amputé de la jambe gauche (2 ans 5 mois 15 jours de service)

Louis Toussaint Chatain, 23 ans, de Saint Just de Claix (Isère), a une plaie à la partie supérieure de la fesse droite et lésion des testicules par coup de feu avec disparition du testicule droit et destruction d’une partie du gauche (2 ans 3 mois 17 jours de service)

Et il y a les morts……………….. dont Jean Baptiste Guat, 22 ans, originaire de Tulle (Corrèze), tué à l’ennemi

Et il y a les disparus…………….. dont Henry Terreau, 26 ans, originaire de Huisseau sur Cosson (Loir et Cher), disparu à la bataille de Woerth et que depuis cette époque, toutes les recherches pour découvrir son sort sont restées infructueuses.

Rien, pas de témoin, pas de corps, pas de trace.

Ce constat est établi à Chambéry, par le conseil d’administration du 47e régiment d’infanterie de ligne, le 27 décembre 1871 et bien qu’il ne s’agisse pas d’un acte ni d’un jugement déclaratif de décès, mais d’un acte de disparition, le maire de Saint Claude de Diray, domicile de ses parents, retranscrit scrupuleusement le document dans les registres de décès.

Alsace et les champs de bataille de 1870