Auguste aurait pu être classé à la lettre H, car, sur pratiquement tous les actes d’état civil des membres de sa famille, le nom est écrit Hemonnet, sauf sur son acte de naissance.

Auguste Emonet à vingt ans lorsque la guerre éclate. Il est scieur de long, comme son père. De la classe 1869, il a tiré au sort le 19 février 1870. Auguste est grand. Il mesure 1.75 m. Il a des blessures aux pieds mais est considéré bon pour le service. Il est néanmoins exempté, comme soutien de famille.

Il est le fils aîné de Jacques Auguste Emonet et Marie Amélie Evras, né le 4 juin 1849, à Fossé, Loir-et-Cher. Ses parents se sont mariés quatre en plus tôt, le 22 juillet 1845, à Saint-Bohaire. Le père est scieur de long, natif de la Sarthe. La mère, native de Saint-Bohaire, est couturière.

Le couple a déménagé à plusieurs reprises. Ils ont eu quatre enfants, Pierre Auguste, né le 4 juin 1849, à Fossé, Marie Augustine, née le 2 juin 1852 à Saint-Bohaire, Adrien, né le 23 décembre 1854 à Millançay, et Joseph Arthur, né le 5 mai 1858, à Dammarie-en-Puisaye. Puis, la famille s’installe à Blois, rue du bourg-Saint-Jean, où naissent quatre autres enfants, Emile Henri, le 16 janvier 1861, Marie Adrienne, le 4 février 1863, Jacques, le 11 septembre 1866 et Henri Albert, le 28 septembre 1869. Ce n’est pas la première fois qu’ils habitent à Blois. En 1854, ils vivent rue des Trois clés, où décède la petite Marie Augustine, à l’âge de deux ans.

Depuis 1865, le père est atteint de gastralgie qui l’empêche souvent de travailler. Avec sept enfants à nourrir, dont deux en bas-âge, le travail de l’aîné est essentiel à la famille et il donne tout son salaire à ses parents.

Mais la guerre en décide autrement. Dans sa séance du 14 juillet 1870, le conseil de révision le déclare apte, et Auguste est incorporé dans la garde mobile.

Le 29 novembre 1870, il est présent dans la 1ère compagnie des gardes mobiles du Loir-et-Cher, au départ de Blois.

Il participe à toute les batailles du 75e régiment de mobiles : Faverolles, Loigny, Patay, Josnes, Vendôme, et Le Mans.

Son père, dans le plus complet dénuement, demande une aide à la préfecture, le 4 mars 1871, pour subvenir aux besoins de ses enfants. Il lui sera accordée la somme de quarante francs.

Pendant toute la guerre, Auguste va réussir à faire parvenir, à sa famille, des nouvelles. Mais lorsque ses camarades rentrent à Blois, une fois la guerre finie, il n’est pas avec eux.

Ces derniers apprennent à ses parents, qu’Auguste est resté à l’hôpital de Saumur, atteint de la variole. Quelques jours plus tard, ils reçoivent une lettre du curé de la paroisse de Distré, près de Saumur, leur annonçant la mort de leur fils.

Distré

La maladie aura réussi là où la guerre a échoué. Auguste s’est éteint à trois heures du matin, le 11 mars 1871, à l’ambulance de Pocé.

Il ne connaitra jamais sa dernière petite sœur, Marguerite Louise, qui naîtra le 9 avril 1873.