Ils sont quatre frères Quillet : Fernand, Felix, Ernest et Emile, fil de Sylvan Quillet et Octavie Chatrefou. Tous les quatre sont nés en Indre-et-Loire et vivent à La Ville-aux-Dames, avec leurs parents. Sept années séparent l’aîné du plus jeune.

Lorsque la guerre est déclarée, les deux aînés sont au service militaire. Fernand, le frère aîné, est au service militaire, au 68e régiment d’Infanterie du Blanc.

Felix, le second, a intégré le 113e régiment d’infanterie, le 28 novembre 1913. Il est porté disparu le 22 août 1914, à Signeulx, en Belgique.

Deux mois et demi après son frère, Felix, Fernand disparaît à Houten, le 6 novembre 1914.

Les parents des deux garçons écrivent directement à la Croix-Rouge, comme le directeur des services agricoles de Tours et l’Automobile Club de l’Ouest, mais les réponses sont négatives pour Felix. Il ne figure pas sur les listes de prisonniers, ni au 11 novembre 1914, ni au 11 janvier 1915, et toujours rien au 17 mai 1915.

Pour Fernand, heureusement, les nouvelles sont différentes. Il a été fait prisonnier à Zillebeck, et est interné à Gardelegen, suivant l’avis du 9 avril 1915. Il est ensuite transféré à Stendal.

Le 27 février 1916, le ministère de la guerre dresse un avis de disparition, pour Felix. Il ne sera jamais retrouvé.

Cela fait deux ans que ses frères ont disparu, lorsque Ernest, le troisième frère, rejoint le 169e régiment d’infanterie, le 6 septembre 1916. Il a tout juste vingt ans. Il part au front le 28 février 1917.

Le 3 mai 1917, c’est au tour d’Emile Georges Alexis de partir. Il intègre le 21e régiment d’Infanterie Coloniale. Ses classes faites, il part au front le 15 décembre 1917.

Emile est intoxiqué par les gaz, le 27 août 1918, à Fresnoy-les-Roger, et évacué sur l’hôpital auxiliaire n°44 de Berck Plage. Il en sort le 21 septembre et retourne au front, le 20 octobre. Il est cité à l’ordre du régiment, le 3 septembre 1918 « mitrailleur pourvoyeur brave, ardent et dévoué. Aux combats des 10 et 11 août 1918, traversant un terrain découvert et sous les barrages ennemis, a porté en temps voulu, à la section, les munitions et le matériel constamment nécessaires. Croix de guerre étoile de Bronze. »

Ernest est au 147e Régiment d’Infanterie, lorsqu’il est intoxiqué par les gaz, le 2 octobre 1918, juste à la fin de la guerre. Il a été cité, quatre mois plus tôt, à l’ordre du régiment « très bon soldat d’un courage et d’un sang-froid au-dessus de tout éloge, s’est particulièrement distingué dans la période du 28 mai au 5 juin, en assurant à tout instant et par les plus violents barrages une liaison difficile et indispensable.

Fernand rentre au pays, rapatrié d’Allemagne le 2 janvier 1919 mais ne rentre à la maison qu’en avril. Son frère Ernest le suit de quelques mois, de retour à la Ville-aux-Dames, le 18 septembre 1919

Emile est le dernier à rentrer. Il est renvoyé dans ses foyers, le 14 juin 1920.

Felix, lui, ne reviendra pas. Son nom est gravé sur le Monument aux Morts de la Ville-aux-Dames.

Son portrait y figurait aussi, avec huit autres jeunes de la commune, mais le temps a effacé les médaillons.

Monument aux morts