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I comme série I, la série des archives religieuses entrées par voie extraordinaire. Ici, ce sera la cote I 43 des archives départementales du Loir-et-et-Cher.

L'édit de Tolérance du 29 novembre 1787, accorde quelques libertés aux protestants. La déclaration du roi en novembre 1787 permet aux protestants de se marier, non religieusement (sous-entendu, sans passer devant le curé), en faisant une simple déclaration devant un officier de justice ou un prêtre catholique agissant en officier de l'état civil.

 

L' Édit de tolérance(29 novembre 1787)

Accueil > > L' Édit de tolérance (29 novembre 1787) Par cet édit, le roi Louis XVI accorde aux protestants un état civil. Il leur assure le droit d'exister dans le royaume sans y être troublés sous le prétexte de religion.

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Quel intérêt ? Avoir les mêmes droits que les familles catholiques, surtout en ce qui concerne la légitimité des enfants et leur droit à hériter de leurs parents.

Le 1er juin 1788, Pierre Druillon, écuyer, seigneur de la Fosse Andillon et autres lieux, conseiller du roi, lieutenant général au bailliage et siège présidial de Blois, reçoit une demande un peu particulière. Les sujets non catholiques de sa majesté le roi, demeurant à Mer, Aulnay et paroisses voisines, sollicitent sa venue à Menars-la-Ville, afin qu'ils puissent y faire, devant lui, leur déclaration de mariage. Devoir se déplacer à Blois serait une dépense non souhaitable. Et Pierre Druillon accède à leur requête et se rend le 9 juin à Mer.

Là, trente familles sont présentes pour non seulement, déclarer leur mariage mais également légitimer les enfants nés avant cette date.

Le premier à passer est Etienne Guay, marchand tailleur d'habits, et sa déclaration n'est pas une déclaration de mariage normale, c'est une déclaration de mariage posthume. Sa femme, suivant la religion protestante, Louise Marguerite Lethrone, est décédée le 2 avril 1787. Pour certifier de ce mariage, et par là-même, légitimer ses enfants, quatre témoins sont présents : Jacques Dutemps, Pierre et Louis Barbier et Samuel Bruère. Par cette déclaration, Etienne légitime ses quatre enfants : Louise Magdelaine, Etienne, Pierre et Jean Louis, qui ont été baptisés catholiques dans la paroisse de Saint-Léonard, comme l'exigeait la loi.

Ce n'est pas tout jeune quand même : Jean Louis est né le 20 décembre 1769.

De la même manière, Anne Fauconnet, veuve de Jean Adam, déclare son défunt mariage et légitime ses enfants, Marie Anne, née en 1747, Jean Pierre, né en 1750 et Marthe Susanne, née en 1759. Est-ce la même Marie Anne ? Une Anne Marie Adam, déclare son mariage avec Daniel Louis, et leurs enfants Etienne Daniel, né en 1777 et Anne Marie Monique, née en 1778.

Susanne Belton déclare, elle, deux mariages. Le premier avec Denis Angelier, décédé, lui laissant quatre enfants : Susanne, en 1755, Marguerite, en 1757, Marie Anne, en 1758 et Anne Françoise en 1762. Puis, elle déclare son second mariage avec Pierre Cavier, vigneron, dont elle a une fille, Marie, née en 1766. Et ainsi de suite.

Le registre se poursuit, après ces trente familles, jusqu'au 17 janvier 1789 où il s'achève au 125e couple, celui de Pierre Fauconnet, ancien maréchal de forges et Marie Fauconnet, sa femme, de Saint-Léonard.

Pierre et Marie auraient bien voulu faire cette déclaration plus tôt, et se présenter, pour cela, à l'hôtel de Pierre Druillon. Mais ils sont vieux, leur grand âge et les infirmités particulières inséparables de la vieillesse, les empêchent de se rendre à Blois. Ils souhaitent que Pierre Druillon mandate le bailli ou le lieutenant pour qu'ils reçoivent leur déclaration. Le 17 janvier, Jacques Henry François Cadot, avocat et lieutenant du bailliage de Marchenoir, rencontre Pierre Fauconnet. Celui-ci lui demande de se rendre chez lui, car sa femme, Marie Fauconnet, est paralysée et ne peut se déplacer. C'est chose faite, le jour-même, à deux heures de l'après-midi. Là, Pierre et sa femme font leur déclaration de mariage pour légitimer leurs enfants. Ils se sont mariés le 27 juin 1729, en la paroisse du Val en Normandie, devant Potier, curé de cette paroisse. De cette union sont nés trois enfants, Pierre en 1737, Noe en 1748 et Jean Jacques, en 1751.

Voilà, la boucle est bouclée et le registre se referme sur un mariage bien avancé après s'être ouvert sur un mariage terminé.