Saint Amand

Pour terminer ce challenge en beauté et sans drame fatal, la lettre Z nous emmène à Saint-Amand, en pleine saison des vendanges.

Le 30 septembre 1873, vers sept heures du soir, la journée s’achève. Thomas Sonnet, cinquante-cinq ans, menuisier à Saint-Amand, revient des vendanges avec sa femme, Marie Catherine Lefebvre, cinquante-quatre ans, et une dizaine d’autres personnes.

Il pousse un fut de vendange, dans une brouette. Sa femme pousse une petite voiture à bras.

Alors qu’ils arrivent près de chez eux, la voiture de Désiré Touzard, chargée de vendange, arrive par derrière. Marie Catherine se range sur le côté gauche, pour le laisser passer. Mais, venant d’en face, un cabriolet lancé au trot, non éclairé, heurte l’arrière de la petite voiture, avec sa roue gauche. Le véhicule est conduit par Pierre Ferrand, cinquante ans, fermier à la Biardiaire, commune de Lancé, accompagné du sieur Besson, tuilier au même endroit.

charette à bras

Le brancard de la petite voiture vient frapper Marie Catherine à la poitrine et la renverse par terre. Dans la voiture à bras, un baquet en zingue plein de vendange, estimé à huit francs, est détruit et son contenu répandu.

Si le sieur Besson descend du cabriolet pour constater le résultat de l’accident et aider au mieux. Pierre Ferrand, le fermier, reste dans son cabriolet. Il ne se sent visiblement pas concerné.

Le docteur Faton, médecin à Vendôme, est appelé pour soigner Marie Catherine, que les témoins de la scène, Louis Norguet et Célestin Lerond, ont ramené chez elle.

Les gendarmes, sont prévenus de l’accident, le lendemain. Louis Michelet et André Soulé, gendarmes à cheval à la brigade de Saint-Amand, après avoir pris la déposition de Thomas Sonnet, se rendent chez Louis Norguet, vingt-neuf ans, ouvrier maréchal chez le sieur Touzard à Saint-Amand.

Le témoignage de Louis Norguet diffère légèrement de celui de Thomas. Il confirme tous les faits, excepté un. Pour lui, c’est la femme Sonnet qui est allée mettre sa voiture sous celle du sieur Ferrand, qui lui, était bien rangé sur le côté droit de la route.

Célestin Lerond, trente ans, maçon à Saint-Amand, lui, confirme les déclarations du mari. Il ajoute même que, au moment où Marie Lefevre, femme Sonnet, a été renversée par le cabriolet, elle était sur le côté du chemin et que c’est le marchepied qui a attrapé la petite voiture qu’elle roulait devant elle, et non la roue.

Ah, les témoins !!! Ils ont vu a même chose et pourtant. Encore un accident de la route dû à un manque d’éclairage, à la vitesse et au manque de respect des autres.

Au final, les blessures Marie Catherine ne sont que des contusions sans gravité. Celui qui a le plus souffert, dans l’aventure, c’est le baquet en zingue, qui lui, a trépassé.

 

Voilà, le challenge AZ est terminé pour cette année. J’espère que vous pris autant de plaisir à lire ces faits divers que moi, à les rédiger.

Mais l’aventure continue. Comme promis, dès demain commence le calendrier de l’avent avec l’histoire des bourreaux de Blois.