Oucques

La lettre L nous emmène à Oucques, pour un drame familial.

André et Sébastien Bagland sont frères. Ils ont deux ans d’écart. Sébastien est l’aîné, né en 1820 à Oucques. André est né en 1822, au même lieu.

André est le premier à se marier. Il a dix-huit ans lorsqu’il épouse Marie Madeleine Bourdin, le 24 novembre 1840. Le 30 mai 1843, Sébastien convole à son tour, avec Marie Luce Boglu.

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Les deux frères vivent à Oucques, cultivateur pour Sébastien, journalier pour André.

Ils semblent liés. André est le témoin de Sébastien lorsqu’il se marie. Sébastien assiste son frère lorsqu’il se rend à la mairie pour déclarer le décès de deux de ses enfants.

De fait, André a neuf enfants, nés entre 1840 et 1859, dont cinq décèdent en bas-âge. Sébastien n’en a que trois, trois filles, dont une décède avant un an.

Alors, que s’est-il passé entre les deux frères pour que le drame se produite, le 12 novembre 1873.

Dans la nuit du 11 au 12, Sébastien est victime d’un vol, dans une de ses granges. De l’avoine lui a été volée, et les soupçons se portent sur son frère, André.

Le 12 au matin, les gendarmes se rendent chez lui, rue de Fontaine, pour l’interroger. Il nie, évidemment, mais les gendarmes ne le croient pas. Ils fouillent ses dépendances et sont interpellés par une grande quantité de paille mise en litière, dans une écurie, sur laquelle se trouvent deux chèvres. Sommé d’ôter la paille, André ne peut plus nier et avoue. C’est bien lui qui s’est introduit dans la grange de Sébastien, en passant sous la porte. Il lui a volé deux hectolitres et demi d’avoine, qu’il a emporté dans deux sacs, jusque chez lui, et dissimulés sous la litière des chèvres.

Fallait-il que les deux frères soient si fâchés pour que l’un vole l’autre et qu’il soit soupçonné immédiatement ?

Cela aurait pu en rester là, une amende à la clé, et peut-être quelques jours de prison.

Mais vers midi, Marie Girard, cinquante-huit ans, femme de Pierre Louchard, voisine d’André, levant la tête vers la grange voisine, assiste à un spectacle bien affligent. Elle appelle aussitôt Marie Madeleine en lui criant que son mari est pendu dans le grenier. Cette dernière se précipite, monte immédiatement et trouve André pendu à un des chevrons, à deux mètres du plancher. Elle coupe la corde. Mais il est trop tard. André ne donne plus signe de vie.

Les gendarmes arrivent très vite, mais ne peuvent que constater son décès. Le médecin prévenu par leurs soins, ne peut qu’en faire autant. André s’est suicidé par strangulation.

Evidemment, sa mort est attribuée au vol qu’il a commis et surtout, au fait qu’il ait été découvert.

Ils étaient deux frères, Sébastien et André. Qui peut savoir ce qui les a fâchés ? Quoi que ce fut, cela n’a plus d’importance. Cela aura juste coûté la vie à André.