Saint Sornin

Le 1er janvier 1871, sinistre date pour onze soldats français de tous horizons.

A Saint-Sornin dans l’Allier, au lieu de la Coutière, vient de se produire un accident de train, à neuf heures et demie du soir.

Le train numéro 8 a déraillé sur la ligne allant à Montluçon.

Onze soldats français trouvent la mort dans cet accident.

Ils viennent de partout et de régiments différents.

Certains ont survécu à leurs blessures reçues au combat, d’autre à la captivité.

Ils vont trouver la mort dans un accident alors qu’ils rentrent chez eux ou rejoignent leur régiment.

Le maire de Saint-Sornin se rend le lendemain sur les lieux mais ne peut que constater les décès de dix militaires.

L’état civil des soldats est succinct mais une stèle commémorative va être dressée dans la commune en leur souvenir. Pas de trace du onzième, probablement mort de ses blessures à l’hôpital.

Qui sont-ils ?

Olivier, soldat au 11e chasseur versé au 2e régiment du train d’artillerie se rendant à Poitiers, matricule 3292,

Jacques Guy, soldat au 34e régiment de gardes mobiles, 3e bataillon 2e compagnie à Gien (Loiret),

Jean Gustave Manaut ou Marmont, garde mobile à Niort (Deux-Sèvres) caporal au 3e bataillon 34e régiment, matricule 539,

Charles Humbert, soldat au 3e régiment d’infanterie de marine, venant de Besançon, évadé de Verdun (Meurthe), né à Pelpimon (Meurthe), se rendant à Belfort,

Jacques Josse, 1ere compagnie de marche 4e bataillon sortant de l’hôpital de Bourges,

Emile Pruvost ou Pruvart, 4e bataillon de Brest, marin sortant de Vichy, matricule 8340,

Jean Chatillon, soldat au 3e régiment d’infanterie de marine, sergent 2e classe le 30 septembre 1870, matricule 16838 de Rochefort (Charente Maritime),

Arthur Talpier, mobile du Calvados, partant de Clermont-Ferrand le 1er janvier 1871, se rendant à Caen, matricule 6416,

Brascon, 1er cavalier de remonte allant à Caen, matricule 981,

 Jean Gauthier, soldat au 34e régiment de garde mobile, 5e compagnie, sorti de l’hôpital du Puy le 31 décembre, en congé de convalescence, de Saint Martin des Rampoux (Deux-Sèvres).

Qu’ils sont difficiles à identifier ces pauvres soldats !!!!

Pas de filiation, même pas de prénom pour certains. Seulement des régiments et des matricules.

Même quand il y a un lieu, cela pose problème. Il n’y a pas de Saint Martin des Rampoux dans les Deux-Sèvres, ni ailleurs !!! Ni de Pelpimon dans la Meurthe !!!