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Lorsqu'une guerre éclate, la dernière personne à laquelle on pense, c'est la femme. Et pourtant !! Une fois les hommes partis, elle reste seule avec la charge de travail, les enfants, la peur et l'attente. On ne leur demande pas leur avis. Elles n'ont pas leur mot à dire. Elles ne sont même pas majeures aux yeux de la loi.

Certaines ont voulu changer la donne, à Lyon, en août 1870. Quarante à cinquante femmes de soldats rappelés pénètrent avec leur mari, dans l'intérieur de la gare, au départ de la réserve, à Tarare. Elles veulent partir avec eux. Évidemment, ce n'est pas possible. La guerre est une affaire d'hommes.

Les autorités essayent de les dissuader, sans succès. Impossible d'employer la force. Non seulement, ce ne sont QUE des femmes, mais en plus, leurs maris sont là. Le chef de gare a alors une idée lumineuse. Il cesse de s'opposer au départ des femmes, mais leur fait observer que ce ne serait pas décent qu'elles soient dans les mêmes wagons que les hommes. Il les fait donc monter dans un wagon réservé aux femmes.

Pauvres femmes crédules !! Elles acceptent et montent dans.......... le dernier wagon. Une fois installées, portières verrouillées, le chef de gare donne le signal du départ et fait en même temps, détacher le wagon qui reste en gare, tandis que le train file à toute vapeur.

Les femmes flouées deviennent de vraies furies et il faut l'intervention de la gendarmerie pour sauver le chef de gare de leur rage.

Je me demande si le chef de gare était marié ?

Tiré du Progrès de Lyon.