rétroviseur

Pour commencer la semaine, je jette un dernier coup d'œil dans le rétroviseur. Et je me rappelle les demandes bizarres, ou tout simplement originales.

Je n'en ai pas eu tant que cela, mais elles m'ont marquée.

Je passe sur le descendant de Jésus, celui dont la mère s'appelait Bourbon et qui voulait que je le rattache aux rois de France, et celui qui, à la recherche de sa mère, avait failli être enlevé par des extraterrestres sur le pont de Blois. Ceux-là, évidemment, n'ont pas été mes clients. Il vaut mieux éviter d’entrer dans les délires de certains.

Je me rappelle bien de ce client, charmant vieux monsieur, qui voulait sa généalogie en ligne directe, sans les femmes. Les femmes n'avaient aucune importance ! Un peu quand même !! sans les femmes, il n'y aurait pas eu d'arbre. Mais ce que veut le client.... J’ai donc éliminé les femmes de son arbre.

Il y a eu cette demande avec une reproduction d'une vieille photo. Il fallait que je fasse la "généalogie" du personnage principal de la photo : une voiture. Après les premiers instants de perplexité, je me suis attelée au problème. Comment faire ? Où et quoi chercher ?

Oui, on peut faire ce genre de chose.... Mais c'était sur Rouen alors, j'ai expédié le "client" chez un confrère là-bas.

Et il y a eu cette demande un peu particulière : le client avait acheté un tableau renaissance, représentant un petit prince italien. Ces tableaux étaient envoyés dans les cours d'Europe pour montrer que l'enfant était bien fait.... Pour un éventuel mariage. Il voulait que l'on trace les différents propriétaires du tableau.

Evidemment, j'ai dû un peu me promener pour cela, l'Indre-et-Loire, la Seine-et-Marne, l'Eure.... J'ai bien essayé de l'envoyer vers un collègue, mais il n'a pas été content du résultat, et j'ai dû m'y recoller. Ce fut très intéressant, frustrant aussi, mais le client était content, c'est tout ce qui compte.

Il y a aussi eu celui qui faisait sa généalogie mais ne savait pas lire le latin… J’ai passé quelques heures à lui transcrire ces actes.

Et cet étudiant en histoire qui ne savait pas lire les textes anciens, même du XVIIIe siècle. J’ai transcrit tous les actes qu’il a utilisé pour son mémoire.

La généalogie n’est pas un métier monotone. Même si l’on ne fait que de la généalogie humaine, il n’y en a pas deux pareilles. Tout est toujours nouveau. Nouvelle famille, nouveau terroir, nouvelle catégorie sociale, nouveaux noms, nouveaux prénoms… Nouveau défi.