Les 5 et 6 juillet 1809, la bataille de Wagram fait rage et sur les 300 000 soldats présents, entre 55 000 et 77 000 hommes (la

Les_chevau-légers_polonais_de_la_Garde_à_Wagram,_1809

fourchette est large) restent sur le champ de bataille, morts ou blessés, tous pays confondus.

M. de Breteuil passant près d'un des points du champ de bataille s'arrête devant un groupe de blessés, français et autrichiens. Il leur laisse ce qu'il peut et repart mais pour peu de temps. Un heure après il revient avec cinq voitures prises dans le pays. Il distribue les vivres qu'il a pu trouver dans un village et commence à placer autant de blessés qu'il peut dans les voitures garnies de pailles.

Il n'y a pas de sélection entre français et autrichien dans ce chargement de blessés. Tant qu'il peut, il charge, promettant aux autres de revenir les chercher le lendemain. Mais au moment de partir, il lui semble possible de mettre encore un blessé dans une des voitures.

Il se retourne, regarde les hommes à terre, et hésite. Qui prendre ? un autrichien ? et laisser à l'abandon un français ?

Ce sont les soldats français qui décident pour lui. Ils lui désignent un autrichien. Pour eux, il ne survivra pas à la nuit alors qu'eux peuvent attendre.

Étrange solidarité dans la souffrance, qu'éprouvent ces hommes qui se massacraient quelques heures plus tôt.

Le combat est fini pour eux tous, la guerre aussi et l'uniforme s'efface devant l'humanité.