Romorantin place d'arme

Jean Baptiste Pierrat, gendarme à cheval à la résidence de Romorantin, est de planton, le 18 juillet, à huit heures et demi du matin. Il va et vient sur la place d'arme.

Jean Lecoeur, journalier demeurant rue des capucins, à Romorantin, travaille pour la journée pour le sieur Guin, meunier aux quatre roues, à Pruniers. Ce dernier lui a confié un cheval attelé à une voiture. Il marche tranquillement, faisant avancer le cheval au pas. Il vient de la grande rue et se dirige vers la route de Blois.

Alors que Jean arrive en face de la librairie du sieur Blanchet, Jean Baptiste voit un petit garçon, Léonce Falaise, huit ans, se rendant à l'école communale, chez le sieur Vote. Au même moment, un chien noir divaguant sur la place, aperçoit le petit garçon et se rapproche de lui pour le flairer. Veut-il jouer ? Probablement, mais l'enfant a peur. Pris de panique à la vue du chien, il recule et tombe sous les sabots du cheval.

Jean arrête immédiatement la voiture. Le gendarme Jean-Baptiste, le conducteur du cheval, Jean, ainsi que plusieurs autres personnes présentes, se précipitent au secours de l'enfant. Léonce est ramassé, emporté dans la boutique du sieur Blanchet. Le fer du cheval a frappé la jambe, occasionnant une blessure de quatre centimètres de diamètre jusqu'à l'os.

Le docteur Ansaloni est appelé à son chevet. La blessure est grave mais l'os n'est pas endommagé. La vie de l'enfant n'est pas en danger.

Tous les témoignages, y compris celui du gendarme Jean Baptiste, dédouanent Jean Lecoeur. Il ne pouvait pas éviter l'accident. Même le chien est dédouané. Il n'est pas méchant, il voulait juste flairer le petit garçon. Évidemment, il n'est pas resté sur place et personne ne l'identifie formellement, ni son maître. Il y a plusieurs chiens lui ressemblant qui se promènent sur la place.

Il s'en est fallu de peu pour que cet incident ne soit une catastrophe. Mais Léonce va se remettre. Il deviendra coiffeur et exercera à Poitiers.