Le journal de marche et des opérations du 369e régiment d'infanterie est plutôt du genre lapidaire. La note "sans changement" apparaît souvent. Et pourtant !! derrière ces deux mots, se cachent des morts, mais il y en a eu tellement !!

Nous sommes le 6 juillet 1916, au Bois le Prêtre, de sinistre mémoire, sur la commune de Montauville, en Meurthe-et-Moselle. Dans la nuit du 5 au 6, une patrouille allemande s'est approchée des lignes françaises. Le vice Feld-Webel qui la commandait, muni de cisailles et d'un browning a sauté dans la tranchée. Il a été immédiatement mis en joue par les soldats en sentinelle, Duval et Doubre de la 21e compagnie. Il a levé les bras et s'est rendu. Le reste de la patrouille allemande s'est enfui. Il ne semble pas qu'il y ait eu des coups de feu, rien ne l'indique.

Qu'est-il arrivé à la 14e compagnie ? Aucun mot sur le sujet, mais le Caporal René Naux et le soldat Alexis Gaytant sont blessés, le soldat Théophile Gauthier est tué.

Théophile n'était au 269e régiment d'infanterie que depuis le 6 juin, venant du 368e. Il avait échappé au service militaire, il n'a pas pu éviter la guerre. Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation, il était arrivé au corps le 25 février 1915. Dans le civil, il était cultivateur, marié depuis octobre 1913, avec Marguerite.

Le 17 juillet 1922, à minuit seize, Théophile rentre chez lui avec trente-sept de ses compagnons d'infortune. Le train spécial transportant leurs cercueils arrive à Blois. Sa veuve, qui y vit, 4 rue Grands degrés Saint Louis, va le faire inhumer au cimetière de la ville.

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Ce jour-là, il n'est pas le seul du 369e à rentrer chez lui. René Armand rentre aussi à Blois. Roger Meister retourne à Contres, Eugène Robin à Gy, Ulysse Mandard à Landes-le-Gaulois, François Duché à Mennetou-sur-Cher, le sergent Camille Proust à Santenay, Louis Langot à Savigny-sur-Braye, et Joseph Chabault à Thézée.

Ils sont neuf du 369e à revenir par le même train. Un bien triste retour.

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