Guillaume Le Collen est breton. Il est né à Pleubian, dans les Côtes d'Armor, le 19 février 1850. Guillaume a vingt ans lorsque la guerre de 1870 éclate.

A partir de là, cela devient compliqué de se fier aux documents pour retracer son parcours.

Si j'en crois le registre matricule, Guillaume, matricule 1180 du bureau de Guingamp, est incorporé au 70e de ligne et arrive au corps le 17 octobre, où il est enregistré sous le numéro 6821. Or, à cette date, le régiment est cerné par l'armée prussienne et capitule le 28 octobre. Tous les hommes sont fait prisonniers. Ce qui n'est pas le cas de Guillaume.

Ok, je trouve, sur un autre document qu'il est en fait au 57e de ligne. Donc, supposons que le 70e de ligne étant inaccessible puis hors service, les jeunes appelés de ce régiment, arrivés le 28 octobre à la caserne, ont été, du moins Guillaume l'a été, envoyé vers le 57e de ligne. Ce document est fiable car il s'agit des pensions accordées aux soldats ayant perdu l'usage d'un membre. 383 francs de pension lui sont alloués à compter du 29 octobre 1872. Sauf que le 57e de ligne a connu, à peu de choses près, le même destin que le 70e de ligne.

Il y a donc un problème de date d'incorporation. Je continue mes recherches et je trouve une piste très sanglante. J'apprends que Guillaume a été blessé à Amanvillers, d'une plaie en séton au côté droit de la face et de la tête par coup de feu, ce qui va lui occasionner la perte de la vision à droite, une surdité complète à droite et presque complète à gauche.

Voilà donc les blessures invalidantes qui lui valent une pension par l'état, sauf que le journal des pensions indique "perte de l'usage d'un membre". Décidément, rien ne correspond vraiment dans ce dossier.

Par contre, le lieu de la blessure, Amanvillers, me conforte dans l'idée que la date d'incorporation est mauvaise. Cette bataille fait partie de la bataille de Saint-Privat, à laquelle les deux régiments ont pris part, le 18 août 1870 !!! Nous sommes loin du 17 octobre.

J'ai bien peur que les réponses ne soient pas en ligne............... mais au Service Historique de la Défense.

Amanvillers