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Catherine Pardessus est idiote. De nos jours, cette expression aurait un sens différent de celui de 1849.

En 1849, l'idiotisme est une maladie et la sienne est proche de la démence. Elle est majeure mais ne peut pas prendre soin d'elle. Elle ne sait dire que oui ou non.

Ses parents sont décédés, le père en 1812 et la mère en 1845. La famille a donc décidé de l'interdire avec une mise sous tutelle de majeur comme cela existe toujours aujourd'hui. C'est chose faite par le tribunal civil de Vendôme, le 16 décembre 1848. Le 15 février 1849, le conseil désigne Jean Bouin, cousin utérin au quatrième degré pour être son tuteur. Il refuse, mais il n'a aucune objection légale pour cela, et malgré son refus réitéré, il est nommé tuteur.

Mais Catherine a des dettes, et quelles dettes !! Elle doit 120 francs à l'avoué de Vendôme pour les frais relatifs à son interdiction ; elle doit 112 francs pour la pension de nourriture d'un an passé chez le sieur Guillonneau ; elle doit 23 francs pour les droits et frais des deux conseils de famille qui ont décidé de son interdiction.

Curieux quand même qu'elle doive payer ce qui la prive de ses droits !!! Mais c'est la loi.

Heureusement qu'elle a hérité d'un peu de terre de ses parents. Un conseil de famille du 5 avril 1849 décide que tout va être vendu pour payer les dettes et améliorer, un peu, sa condition. La moitié de son patrimoine y passe, rien que pour les dettes.

Cette amélioration ne sera pas de longue durée. Catherine décède le 20 novembre 1849, chez son tuteur. Elle avait trente-sept ans.

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