Archivescorsedusud

Toute mon enfance a été bercée par les histoires que ma mère me racontait sur la famille. Elle connaissait tout, le croustillant et le drôle, le triste aussi, sur sa famille et même sur celle de mon père. J'adorais ses histoires et je ne m'en lassais pas sauf que ma voie était toute tracée, j'étais une matheuse !!!

Un signe avant-coureur quand même : j'aimais beaucoup la culture gréco-romaine et surtout la mythologie. Je m'amusais, en lisant ces légendes à les analyser pour reconstituer les arbres généalogiques des dieux grecs et romains !!!

Direction donc la fac de science et les hautes études............ sept ans............ avec un autre signe : mon stage dans une carrière s'était passé à ............... classer leurs archives.

Et puis étape habituelle............. case chômage. Ma période de chômage a été occupée à découvrir la généalogie. Un monde extraordinaire s'est ouvert devant moi. J'allais pouvoir vérifier les histoires de ma mère et peut-être en découvrir d'autres et mon premier dépôt d'archives a été celui de la Mayenne. J'ai découvert les vieux registres d'état civil puis les paroissiaux, les vieilles écritures scintillantes comme si de l'or avait été mélangée à l'encre.............. les salles silencieuses où le travail de bénédictin consistant à relever tous les porteurs du nom de mes ancêtres m'appris la patience et la ténacité.

A l'époque, pas d'internet, pas d'aide et des regards de travers quand j'entrais dans la salle d'archives peuplées de vieilles têtes chenues. La mienne n'avait pas un gramme de gris ni ma figure de ride !!! je n'étais pas à ma place................ même pas peur.

Et je ne regardais que les BMS-NMD !!! le sommet de l'iceberg était à peine visible alors sa base encore moins.

Mais pôle emploi qui ne s'appelait pas pôle emploi à l'époque, mais l'ANPE, commençait à me chercher noise. Il fallait que je travaille et ma branche professionnelle était totalement sinistrée. Direction donc la reconversion.

En feuilletant la RFG, je découvre que la généalogie, c'est un métier et que je peux suivre une formation financée par l'ANPE......... miracle !!!

Je ne m'attarderais pas sur la formation (certains de mes confrères en pleurent encore) mais cela a eu le mérite de m'ouvrir les yeux sur une partie de l'iceberg et m'ouvrir de nouvelles portes.

Je me suis fait la main sur mon mémoire de stage : les bourreaux de Blois et c'était parti.

Oserais-je l'avouer ? je suis devenue professionnelle alors que je ne savais rien (ou quasi rien) et j'ai appris sur le tas. Et quel tas !!! J'ai la chance extraordinaire d'avoir un dépôt d'archives départementales à ma porte (200 m) n'ayant quasi-pas de lacunes, parfaitement pédagogique. Alors j'ai appris et après avoir découvert la totalité du sommet de l'iceberg, j'ai attaqué sa base, registre après registre, liasse après liasse............ et je découvre encore à mesure que de nouvelles archives s'ouvrent à nous.

Et cela fait vingt-trois ans que cela dure.

PS : pour le dépôt d'archives à ma porte .......... j'étais là avant lui !!!