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Légèrement en retard de quatre mois sur le challenge UPro-G, voici le sujet du mois de mai : "Sur la route".

Très souvent, et encore plus en périodes de vacances, estivales ou non, les alertes et slogans de la sécurité routière jalonnent nos journées : télé, radio, presse écrite, réseaux sociaux.

Je crois bien que dès que les routes ont été créées, les accidents de la route et les excès des conducteurs ont été "inventés". Il a donc fallu établir des codes de la route, que les chevaux soient sous le capot ... ou attelés devant le véhicule.

Comme aujourd'hui, les infractions au code de la route, au XIXe siècle, passaient devant le tribunal de simple police.

C'est là que se présente, le 27 octobre 1851, Louis Arsène Couet, quatorze ans, et son père, Simon Couet, voiturier, au tribunal de simple police de Morée, en Loir-et-Cher.

Louis Arsène a été pris en flagrant délit d'infraction au code de la route, le 10 août précédent, vers midi, par les gendarmes de Vendôme, à la sortie de Lisle, sur la grande route nationale n°10 (la fameuse Nationale 10, si accidentogène), qui va de Paris à Bayonne. Les gendarmes l'ont trouvé endormi sur une voiture attelée d'un cheval, dont il était le conducteur.

Le jeune garçon n'a pas nié les faits. Son père, responsable de son fils mineur, ne conteste pas la contravention.

Il faut rappeler ce que dit le code sur le sujet :

"Inclusivement, les rouliers, charretiers, conducteurs de voitures quelconques ou de bêtes de charge qui auraient contrevenu aux règles par lesquels ils sont obligés de se tenir constamment à portée de leurs chevaux, bêtes de trait ou de charge, et de leur voitures et en état de les guider ou conduire".

Dormir en tenant les rênes, ce n'est pas être en état de guider ou conduire !!! Cela me rappelle la vieille blague sur les ivrognes qui rentraient toujours à bon port "les cheveux connaissent bien le chemin de l'écurie".

Mais vu son jeune âge, Louis Arsène bénéficie de circonstances atténuantes. Il est condamné à un franc d'amendes et aux dépends, et son père, comme civilement responsable, aux dépends seulement, lesquels se montent à trois francs vingt cinq centimes.

Rien ne change, ou presque : le conducteur enfreint le code de la route, la maréchaussée constate et l'état encaisse.