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Aujourd’hui, c’est le 11 novembre, jour de l’armistice de la première guerre mondiale.

Aujourd’hui, nous sommes à un an du centenaire de cette date si importante pour tant de familles, à l’époque.

Aujourd’hui, il est difficile de lui donner une valeur. S’il n’y avait pas le centenaire de la grande guerre, les anciens combattants seraient bien seuls face aux monuments aux morts. Il n’y aurait ni caméra, ni chorale d’enfants, ni public, mais juste la gerbe officielle des politiques élus et de l’ONAC et leurs représentants, et l’armée qui perpétue le souvenir de tous ses morts, dans toutes les guerres quand les civils les ont déjà toutes oubliées.

Et avant ? Avant le 11 novembre 1918 ?

J’ai voulu savoir, pour quelques régiments, ce qu’il s’est passé le 11 novembre 1917, il y a tout juste cent ans.

Étonnamment, les trois premiers que j’ai regardé avaient la même valeur : celle du repos, du nettoyage et des réparations matérielles, comme une répétition un an à l’avance, de la fin de la guerre.

Pour le 129e régiment d’infanterie, c’est « repos et nettoyage des cantonnements ».

Pour le 113e régiment d’infanterie, c’est « situation sans changement, 2 blessés, M. Perrier, chef de la musique de 1ere classe parti en permission pour dix jours ». Chacun reste dans sa tranchée.

Pour le 8e régiment de zouaves, « l’ennemi est calme et vigilant, les nombreuses corvées de travailleurs permettent de supposer qu’il réfectionne ses tranchées. L’artillerie ne répond que faiblement à la nôtre – activité de l’infanterie française : continuation des travaux en cours, aménagement, approfondissement et réfection des tranchées, boyaux et abris. »

Je continue à chercher un mouvement quelconque :

Le 407e régiment d’infanterie lui subit une mutation. Il est affecté à la 151e division d’infanterie, la 130e étant dissoute, et remplace le 293e régiment d’infanterie qui est dissout. La veille RAS, et le lendemain RAS.

Allez, j’essaye encore un régiment, au hasard, le 334e régiment d’infanterie. « Activité moyenne de l’artillerie ennemie, assez grande des mitrailleuses » et rien d’autre.

Je me doute bien que, si je faisais tous les régiments, je trouverais des combats, des morts et des blessés, mais je vais m’arrêter là.

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de mort, ni de blessé, ni de rien d’autre de violent.

Je vais continuer à imaginer que ce jour-là, un an avant, il y a un siècle, c’était comme une répétition de la paix.