Un acte, cela peut se lire de plusieurs manières :

  • À la hussarde, un regard vite fait et hop, on passe au suivant,
  • A l’essentiel, les renseignements directes sont recherchés, trouvés et hop, on passe au suivant,
  • A fond, le moindre mot est étudié, analysé, gardé et enregistré.

Comment avez-vous lu les vôtres ?

Prenons l’exemple d’un acte de naissance de la commune de Baillou, dans le Loir-et-Cher, 1 MIEC 12 R2 page 166 numéro 9.

La lecture à la hussarde donne : « Adolphe Louis Menand, né le 23 septembre 1851, à Baillou, fils de Marin Menand et Marie Françoise Bordeau ».

Je ne vais pas vous mentir, les premiers actes que j’ai lu pour ma généalogie, je les ai lus à la hussarde, tellement pressée d’arriver à la génération du dessus !!

A l’essentiel cela donne « Adolphe Louis Menand, né le 23 septembre 1851, à la Maladrerie, commune de Baillou, fils de Marin Menand, quarante-trois ans, cultivateur, et Marie Françoise Bordeau. »

La différence nous apporte quoi ? L’âge et le métier du père et le lieu-dit où vit la famille, trois choses de plus à exploiter.

A fond, cela donne « Adolphe Louis Menand, né le 23 septembre 1851, à dix heures du soir, à la Maladrerie, commune de Baillou, fils de Marin Menand, quarante-trois ans, cultivateur, et Marie Françoise Bordeau. Le père, qui sait signe et signe M. Menand, déclare la naissance lui-même, le lendemain, à sept heures du soir, à l’adjoint au maire, Jules Pierre Pasquier. Il est accompagné de Louis Pierre Métais, trente-huit ans, horloger à Mondoubleau, parrain d’Adolphe Louis, et de Jules Pierre Maurice, trente ans, instituteur. Les deux témoins savent signer. »

Quels sont les renseignements supplémentaires obtenus ? La famille est catholique, Adolphe Louis est baptisé. Son parrain est horloger à Mondoubleau ; un métier « prestigieux » excepté s’il est ouvrier dans une usine d’horloges et une commune indiquant des liens avec la famille. Le père et le parrain savent signer en 1851, ce qui n’est pas légion pour le département. Le reste est anecdotique mais justement, ce que nous aimons en généalogie, ce sont les anecdotes.

Il ne reste plus qu’à trouver les cartes qui vont expliciter cet acte : cartes géographiques localisant Baillou et Mondoubleau, la Maladrerie,

Baillou-1

carte IGN classique vue large

Baillou-2

carte IGN classique vue plus précise

Baillou-3

carte d'état major 1866 (au plus près de la période étudiée)

et cartes postales anciennes avec soit la Maladrerie si possible, sinon, l’église où Adolphe Louis a été baptisé et la mairie où sa naissance a été déclarée.

Baillou - mairie

Baillou - église

Et cela, ce n'est qu'avec internet. Imaginez que vous pouvez vous rendre sur place pour faire vos propres photos : les fonts baptismaux où il a été baptisé, l'intérieur de l'église ...

Voilà, vous passez d’une ligne (la hussarde), à plusieurs pages, pour le même acte.

Un acte en appelant un autre, pour compléter l'évènement, allez faire un petit tour sur les recensements, en ligne. Cela tombe bien, il y en a un en 1851, 2MILNR12 page 53. L'on y découre que Adolphe Louis a quatre frères et soeurs vivants : Marin, onze ans, Aimée, neuf ans, Célina, sept ans et Alfrede, quatre ans. La mère a trente-six ans, donc née vers 1815 et le père né vers 1808. Ils sont tous catholique et français. Un autre renseignement important se trouve dans le recensement : il y a trois domestiques qui vivent avec eux, François Guérineau, vingt-deux ans, Honorine Héron, vingt ans et Alexandre Menard, dix ans. La famille est la seule à vivre à la Maladrerie, qui est en fait, une ferme.

Les parents d'Adolphe Louis sont fermiers. Ce qui veut dire qu'il doit y avoir des actes, des baux entre autres, chez les notaires, mais là, nous sortons de l'acte de naissance.

Avec plus de temps, je pourrais chercher le parrain et voir s'il a un lien familial avec Adolphe Louis, mais là, il faudra plus que la petite demi-heure nécessaire à ce qui précède.

Alors, vous préférez quoi ? La hussard, l'essentiel ou à fond ?