Lorsque je cherche une illustration pour mes généalogies, je cherche des cartes postales anciennes représentant des lieux contemporains de celles-ci. Les plus logiques sont les églises, chapelles et châteaux que nos ancêtres ont vus, fréquenté, peut-être restauré, voire même construit. Les mairies, écoles et monuments aux morts sont parfois dangereux, lorsque l’on se rend compte que leur construction est postérieure à la vie des personnages sur lesquels je travaille, d’où l’importance de les dater.

Il existe une illustration à laquelle je ne pensais pas jusqu’à ce jour : les arbres. Il existe de nombreuses cartes postales anciennes d’arbres remarquables que nos ancêtres ont connus. Peut-être même ont-ils grimpé dans leurs branches, chipé les fruits mûrs ou à peine, flirté à leur ombre, ramassé les branchages pour se chauffer ou les feuillages pour les fêtes du village.

Ces arbres, sentinelles végétales du temps, sont faciles à dater, donc pas d’erreur chronologique possible.

Roscoff - figuier des capucins

Pourquoi aujourd’hui ? Parce qu’en regardant un de mes lots mystères de carte postale, j’ai trouvé une carte ancienne de Roscoff, sur laquelle figure le figuier des capucins. Il a été planté en 1621, si j’en crois ce qui est écrit, et ses branches couvraient six cent mètres carrés de surface.

Mes ancêtres de ma branche Le Godec de Roscoff ont connu cet arbre, à différents stades de sa croissance, puis que je les trouve de 1610 à 1810, nés, mariés et morts dans cette paroisse. Je ne sais pas s’il était accessible à tous, ou protégé derrières les murs du couvent des capucins, mais le fait est qu’ils l’ont vu et peut-être ont-ils pu manger ses fruits.

figuier de Roscoff

Ce figuier n’est pas mort de sa belle mort. Il a été abattu en 1987 pour laisser la place à un complexe immobilier. J’aurais pu le voir moi aussi. J’aurai pu toucher le même tronc, les mêmes branches que mes ancêtres. Mais non, raté. Sa disparition est à l’origine du jardin de l’abbaye de Daoulas où ont été conservées plusieurs boutures. Des boutures ont été faites et replantées dans le verger conservatoire de Ty Dour, à Morlaix. Mais ce n’est pas pareil.

L’homme, vraiment, est destructeur. S’il était tombé, frappé par la foudre ou touché par la maladie, cela aurait été naturel et dans l’ordre des choses. Dommage.

Il ne me reste plus qu’à chercher s’il existe d’autres arbres vénérables, sentinelles vététales du temps, que certains de mes ancêtres ont pu toucher, dans d’autres lieux.

Pour en savoir plus sur le figuier de Roscoff