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C'est le jour ou jamais d'en parler.......... d'ailleurs, j'espère que vous êtes allé voter. Nombre de nos ancêtres sont morts pour que nous ayons ce droit, et l'histoire a prouvé qu'il ne fallait jamais s'endormir sur un droit, car il pourrait avoir disparu au réveil.

Aujourd'hui, c'est le premier tour de l'élection présidentielle et la campagne fut pour le moins houleuse. Il ne faut pas croire qu'avant, c'était mieux. Les hommes politiques ne se sont jamais fait de cadeaux et les injures fusaient plus vite qu'un obus de la grosse Berta lorsqu'il s'agissait d'élections.

Quel rapport avec ma généalogie ? Aucun directement, non, je n'ai pas de président perché sur une branche de mon arbre. Je me suis juste intéressée aux élections à travers mon grand-père Georges.

Il est né en 1899, juste après l'élection d'Emile Loubet. C'est le septième président de la IIIe république. Le soir même de son élection, la ligue des patriotes organise une manifestation contre lui ; il est injurié et frappé au champ de course puis victime d'une manifestation organisée par les socialistes. Il reste néanmoins en poste jusqu'au 18 février 1906. Il va devoir gérer l'affaire Dreyfus, la séparation de l'église et de l'état (encore une période calme !!!)

Georges a sept ans lorsqu'est élu son deuxième président, Armand Fallières, premier gascon au pouvoir depuis Henri IV. Sa présidence n'est pas plus calme que celle de son prédécesseur car il doit achever l'affaire Dreyfus, affronter de nombreuses grèves et conflits sociaux, le phylloxera et les troubles dans les Balkans.

Georges a quatorze ans quand arrive au pouvoir Raymond Poincaré. Il y restera jusqu'au 18 février 1920, juste le temps d'une première guerre mondiale.

Georges a bien vingt-et-un ans, mais non révolus lorsque Paul Deschanel devient président. C'est un président éphémère qui a tendance à tomber du train. Il est remplacé par Alexandre Millerand, le 24 septembre 1920. Ce dernier tient avec difficulté jusqu'au 11 juin 1924, contraint à la démission. Gaston Doumergue prend sa suite, jusqu'au 13 juin 1931. Les partis politiques se cherchent et les ministres sautent.

Paul Doumer prend la suite pour à peine une année. Il est assassiné le 6 mai 1932 et rejoint dans la tombe ses trois fils tombés au champ d'honneur.

Nous en sommes à sept présidents pour mon grand-père, et ce n'est pas fini.

Albert Lebrun remplace Paul Doumer et affronte le front populaire, les débuts de la guerre civil espagnole, l'assassinat du roi de Yougoslavie et les accords de Munich. C'est au cours de son deuxième mandat que la loi du 10 juillet 1940 donne délégation de pouvoir au maréchal Petain. Il quitte donc la présidence.

Il faut attendre le 16 janvier 1947 pour que l'on ait de nouveau un président : Vincent Auriol. C'est le premier chef d'état à utiliser la radio pour ses allocutions. Il est remplacé le 7 janvier 1954 par René Coty. Il ne dure que jusqu'au 8 janvier 1959 et enterre la quatrième république.

Entrée en piste de Charles de Gaulle et de la cinquième république. Je vous passe les détails de ses mandats, l'histoire est suffisamment récente (mai 68, la guerre d'Algérie...). Il est remplacé le 28 avril 1969 par Alain Poher, pour deux mois, après la démission du général de Gaulle. Les élections qui suivent mènent George Pompidou à la présidence le 20 juin 1969. Il décède au cours de son mandat, le 2 avril 1974. Alain Poher le remplace par intérim jusqu'aux élections.

Valéry Giscard d'Estaing suit à compter du 27 mai 1974. Ce sera le dernier président de Georges qui décède le 26 décembre 1976.

Au cours de sa vie, Georges aura donc connu quatorze présidents, de bords politiques et de statures différents. Mais il n'a pas voté pour eux. Il faut attendre le référendum de 1962 pour que les présidents soient élus au suffrage universel direct. Fini les magouilles entres chambres et politiques. Il faut demander son avis à la population.

Si l'on ôte Alain Poher, président par intérim, Georges n'aura en réalité voté que deux fois pour élire un président.