Siège de Paris : les bombardements font neuf victimes civiles de plus, deux femmes et sept hommes blessés.

Un armistice est déclaré à midi, pour rechercher les blessés et les morts, et enterrer ces derniers.

Le Fort Labriche est, depuis quelques jours et toute la journée, la cible de balles de fusil de rempart, tirées depuis Epinay. Ces balles en forme d’olive ne font aucun bruit, aucun sifflement.

Au fort de Montrouge, le feu violent de l’ennemi blesse deux marins.

Au fort de la Double-Couronne, l’eau des fossés est gelée et il faut briser la glace la nuit, car les obus qui tombent dessus la broient et projettent de nombreux morceaux avec un effet de mitraille dangereux.

Landrecies est bombardé.

A Belfort, une poudrière du château explose, tuant ou blessant vingt-six personnes dont un officier.

L’ennemi s’empare du village de Pérouse après avoir été repoussé à plusieurs reprises. Bilan, les français perdent cinq officiers et cent-un hommes, tués ou blessés ou disparus.

20janvier

Dôle est occupée par l’ennemi après un combat contre un millier de mobiles venus de Langres. Les français y perdent un convoi de 230 wagons chargés de vivres destinés à l’armée de Bourbaki.

Armée de l’Est, les troupes de Manteuffel arrivent sur la Saône, face à l’Est. Elles marchent face au sud, pour couper la retraite de Bourbaki, à l’ouest et au sud de Besançon, les routes de Dijon et de Lyon.

Des combats ont lieu à Villers-la-Ville, Petit-Magny, Marat, Esprels, autour de Villersexel, entre les arrière-gardes de l’aile gauche française de Cremer et Billot et des factions du XIVe corps allemand. Le corps de Werder est au contact avec les arrière-gardes de Bourbaki.

Sainte-Suzanne est occupée par les allemands, mais l’ambulance du Bourbonnais continue son travail.

Et dans tous les régiments, les hommes continuent à souffrir du froid. Jean Baptiste Frech, 20 ans, natif de Guebwiller, soldat au 63e de ligne, a les pieds gelés à Héricourt et doit être amputé de plusieurs orteils. Gilbert Laclemence, soldat au 15e chasseurs à pied, perd également une partie de ses orteils. Louis Carrière, 21 ans, natif de Saint-Amand, garde mobile de l’Aude, a les pieds congelés à Lure et doit être amputé de tous les orteils du pied gauche Auguste Anna Lhermenier, 17 ans, natif de Fougères, soldat au 9e de ligne, les pieds congelés à Ballon, Sarthe, doit être amputé des orteils du pied gauche.

Même en captivité, le froid est l’ennemi. Hippolyte Guillet, 20 ans, né à Saint-Christophe-Entre-deux-Guiers, Isère, soldat au 3e de ligne, prisonnier à Mayence, doit être amputé de tous les orteils du pied gauche et du gros orteil du pied droit.