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Lorsque j'ai débuté en généalogie, la guerre 14-18 était inaccessible. Les documents n'étaient pas communicables. Il n'y avait pas Mémoire des Hommes.

Aujourd'hui, tout est disponible si l'on sait où chercher et si l'on peut se déplacer. Je n'ai que la première option et je suis loin d'en avoir fait le tour.

Lorsque le sujet d'étude est un homme né entre 1867 et 1900, la guerre 14-18 clignote comme un néon de dessin animé. Où se situe-t-il par rapport à la première guerre mondiale.

Première étape : y est-il mort ? Pour la France ou non. Et là, je vais faire une petite digression.

Lorsqu'un soldat est tué au combat, meurt de ses blessures reçues au combat, il n'y a pas d'ambiguité. Il est bien "Mort pour la France". Et il y a tous les autres morts en temps de guerre. Certains ont droit à l'appellation, d'autres non. Les critères étaient établis à l'époque et n'ont pas bougé. Pourtant, avec le recul, ces règles semblent bien injustes. Lorsque l'on envoie au front un insuffisant cardiaque ou un tuberculeux et qu'on le réforme après quelques mois, voire quelques années de guerre, et qu'il décède chez lui, vous ne me ferez pas croire que la guerre n'y est pour rien. Elle ne l'a pas tué directement mais à fortement contribué à le pousser dans la tombe. Pourtant, il n'a pas le droit à ces quatre mots sacrés "Mort pour la France".  Injuste non ?

Retour à la recherche. Première chose à faire, interroger la base de Mémoire des Hommes.

 

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http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

 

Il y est ? Facile, vous avez son bureau de recrutement militaire avec sa classe donc.......... registre matricule, et vous avez son régiment et la date de son décès......... direction journal de marche du régiment, sur le même site, pour connaître les circonstances de son décès. Dans le même temps, interrogation, toujours sur le même site, des tombes des militaires. Puis un autre petit tour sur Memorial Gen Web pour savoir où son nom est inscrit. Enfin une recherche en ligne du ou des monuments aux morts, complète ce début de recherches.

Deuxième étape : s'il n'y est pas mort, a-t-il fait la guerre ?

Je recherche son feuillet matricule pour avoir la réponse, et comme je suis dans un département où il n'y a pratiquement pas de lacunes et où les registres sont biens tenus, j'ai son parcours durant la guerre. S'il l'a faite.

Problème, avant la classe 1905 et même après, tous les hommes n'ont pas forcement de feuillet matricule. S'ils ont été exemptés, ils n'apparaitront pas dans les registres. Il faut donc partir à la source, rechercher le recensement militaire, voire, à défaut, le conseil de révision, pour savoir ce qu'il en est et connaître la cause de l'exemption, sachant que pour 14-18, il fallait vraiment être très mal en point ou très handicapé pour ne pas partir.

Troisième étape : il a fait la guerre et a été blessé. Jusqu'à quel point ?

Un recensement, en 1921, a été fait, par commune, pour connaître les mutilés de guerre, avec le taux de handicape, le type de blessure. Vous savez où vivait votre ancêtre, consultez cette liste.

Il y a aussi les aides pour les mutilés, pour les reconversions avec dossiers nominatifs, qui peuvent vous donner de nouveaux renseignements.

Quatrième étape : il a fait la guerre et a été fait prisonnier. Où chercher d'autres renseignements, les feuillets matricules étant très succincts ?

Le site du CICR avec les fiches des prisonniers est très riche de renseignements. Il faut juste l'apprivoiser et être tenace.

 

Prisonniers de la Première Guerre mondiale | Comité international de la Croix-Rouge - Index

Archives 1914-1918 : au cours de la Première Guerre mondiale, 10 millions de personnes, militaires et civiles, furent capturées et internées dans des camps de prisonniers. Les Etats en guerre ont envoyé au CICR des listes de prisonniers. Vous pouvez rechercher dans ces 6 millions de fiches individuelles numérisées.

https://grandeguerre.icrc.org

 

N'oubliez pas que les familles de prisonniers avaient pour habitude d'écrire au préfet pour obtenir des aides, des renseignements.. et tous ces documents sont conservés aux archives départementales. Vous y trouverez peut-être une lettre de votre arrière-grand-mère réclamant un colis de chaussettes pour son mari.

Mais ce n'est pas tout.  Il y a encore beaucoup de sources aux archives départementales.

S'il est mort et a été inhumé dans sa commune, comment est-il revenu au pays ? Par un train des morts ? Quand ? Comment ?

S'il laisse des enfants, il y a les dossiers de pupilles de la nation.

S'il a vécu assez vieux pour faire renouveler sa carte d'ancien combattant, il y aura son dossier avec sa photo.

S'il est porté disparu, il y aura son jugement déclaratif de décès..... la liste est sans fin.

Sauf que nous ne sommes pas tous égaux devant les archives. Des exemples ?

Certains départements ont les feuillets matricules vides, d'autres n'ont pas les dossiers d'anciens combattants.

Sans oublier le tri avec échantillonnage, l'un des plus grands crimes archivistiques après la destruction totale sur circulaire.

Dans le Loir-et-Cher, les dossiers de pupilles de la nation ont été échantillonnés. Il ne reste que deux lettres de l'alphabet.

Un avant goût de ce qui nous attend plus tard, ou attends nos descendants, avec le nouveau truc que le ministère veut mettre en place, avec la conservation uniquement des archives essentielles.

A l'époque, les dossiers des pupilles n'étaient visiblement pas essentiels. Mais c'est un autre débat.

Nos poilus n'ont pas encore dit leur dernier mot ....... à nous de les écouter.