devouement

François Lechat n'est pas un citoyen ordinaire. Né en 1829, il fait sept années de service militaire, au cours duquel il se marie, en 1856, avec une permission spéciale de l'armée, avec Pauline Victorine Moreau, dont il légitime la fille, par la même occasion. Est-ce la sienne ? C'est possible. Déclaré bon pour le service en juillet 1850, il est parti pour le 4e régiment de hussard à l'automne 1850, à Sedan puis au 22e régiment de ligne . Armandine Pauline est née le 11 octobre 1851. C'est juste, mais il a pu avoir une permission.

Après sept ans au service du pays, il continue à servir dans la police de Vendôme, pendant trente-six ans. Visiblement, l'uniforme lui convient mieux que son premier métier de bottier. Et il sert vraiment avec dévouement.

Le 19 mai 1863, il risque sa vie en sauvant un enfant de sept ans qui se noie dans le Loir. Le 13 avril 1868, il expose encore sa vie en arrêtant un cheval fou trainant une voiture chargée d'environ 1500 kg, ce qui lui vaut un article dans le journal. Durant l'invasion allemande de la guerre de 1870, il rend des services exceptionnels à la commune comme l'atteste un courrier du maire.

Il termine sa carrière comme brigadier et coule des jours sereins liés à son grand âge de soixante-et-onze ans, lorsque, le 14 mars 1900, il entend crier, ou plutôt hurler, une petite fille de six ans, qui court dans la rue, les vêtements en feu.

Quelques instants plus tôt, plusieurs enfants jouaient chez le sieur Coudray, impasse Saint Lubin, à Vendôme, dont la petite Geneviève Cottereau, six ans. Les parents ne sont pas encore rentrés de leur travail et un poële allumé se trouve au milieu de la chambre où jouent les enfants. Geneviève s'approche trop près et ses vêtements prennent feu. Affolée, l'enfant sort en courant de la maison et se sauve en criant. Elle a déjà fait une trentaine de mètre lorsque François, malgré son grand âge et sans se soucier du danger, attrape la petite et l'enveloppe de son mieux, parvenant avec peine à éteindre les flammes. Celles-ci ont détruit les vêtements de l'enfant, la brûlant gravement à la jambe et au côté gauche. François présente également de graves brûlures à la main gauche. Le docteur Martellière a été appelé et leur prodigue rapidement ses soins.

François a déjà reçu une médaille d'honneur d'argent de deuxième classe pour son courage, décernée en 1892, par le ministre de l'interieur. Cette fois, le commissaire de police demande pour lui une médaille d'or de première classe.