bleuet

Ils ont fait la guerre, la grande guerre.........et ils sont revenus, un peu esquintés, un peu bancales pour certains, physiquement marqués.

Ils sont quatre-vingt-trois dans la ville de Vendôme, avec des pourcentages d'invalidité divers et variés. Les plus élevés sont de 100%. Ils sont cinq à avoir ce taux d'invalidité.

  • Georges Cauquy, natif de Vienne-en-Val (45), pour tuberculose
  • Charles Caumont, natif de Hennezel (88), pour bacillose pulmonaire
  • Arthur Bellamy, de Villefranche-sur-Cher (41), pour amputation de la jambe et du poignet droit
  • Albert Legret, de Thoré (41) pour bacillose pulmonaire,
  • Abel Neilz, de Naveil (41), pour condensation des sommets et légère tachycardie

Arthur Bellamy, ou plutôt Arthur Eléonore Georges Bellamy, est de la classe 1908. Il part à l'armée le 1er janvier 1915, au 113e régiment d'infanterie mais, après plusieurs sursis, il part à la guerre le 26 octobre 1915. Il est blessé le 30 mai 1916, à Montvillers, par éclats de grenade, à la jambe et à la main droite qui seront amputés, et à la la cuisse gauche. Il reçoit la médaille militaire, croix de guerre avec palmes. Il décède le 28 mars 1939.

Georges Eugène Cauquy est de la classe 1914. Engagé volontaire le 13 mars 1913 au 20e régiment de chasseurs, il part au front dès le 2 août. Il est porté disparu dans la région de Lille le 10 octobre 1914. En fait, il est prisonnier à Darmstadt puis à Weissenburg (en Suisse) avant d'être rapatrié le 13 septembre 1918 et envoyé à l'hôpital Saint-Genis-Laval (Rhône), pour tuberculose. Il décède le 3 janvier 1921.

Pour Charles Caumont, c'est plus compliqué. Il est de la classe 1914 et son feuillet matricule est désespérément vide. C'est le problème des registres matricules des Vosges que j'ai consulté.

Albert Legret est de la classe 1917. Il part à la guerre le 11 août 1916 avec le 15e bataillon de chasseurs à pied et est évacué pour maladie le 14 octobre 1917. Il décède le 16 octobre 1924.

Abel Moïse Neilz est de la classe 1905. Il part à la guerre le 9 août 1914 avec le 138e régiment d'infanterie. Il y reste jusqu'au 7 avril 1919. Il est réformé définitivement pour maladie le 30 octobre. Abel est nommé à l'ordre de la brigade : "dévoué et courageux, le 20 novembre 1916 bien que sérieusement commotionné par l'explosion d'un obus de gros calibre qui venait de blesser mortellement à ses côté un coureur porteur d'un pli, il est parti sous un violent bombardement à la recherche de son camarade afin de retrouver le pli et de le rapporter au commandant" - croix de guerre étoile de bronze. Il décède le 14 mai 1923.

Excepté Arthur Bellamy et Charles Caumont (décès inconnu), ils sont tous morts des suites de la guerre dans les six années qui ont suivi et pourtant, ils n'ont pas la mention "Mort pour la France" et n'ont pas leur nom sur le monument aux morts de leur commune. Ils sont morts trop tard.

Ceux-là non plus, il ne faut pas les oublier.