Siège de Paris : la défaite de Buzenval provoque de nouvelles émeutes dans Paris, à l’hôtel de ville, il y a cinq morts et dix-huit blessés, dont le capitaine adjudant major Eugène Narcisse Bernard, du 23e mobiles du Finistère. Il a les deux avant-bras fracturés par trois coups de feu lors de la défense de l’hôtel de ville. Il en perdra l’usage des deux avant-bras. Une poignée d’agitateurs force la prison de Mazas et libère les détenus, parmi lesquels Flourens. Ils tentent ensuite d’occuper la mairie du 20e.

Le titre et la fonction de gouverneur de Paris sont supprimés. Le général Trochu reste le chef du gouvernement, mais le général Vinoy est nommé commandant en chef de toutes les forces militaires.

Les bombardements continuent et font trois victimes de plus, dont un tué. Le médecin principal du service de santé, LAH Coindet est grièvement blessé. Il décèdera deux jours plus tard.

Le fort de Vanves et le bastion 73 engagent un combat d’artillerie avec la batterie prussienne installée à la Savonnerie et réussissent à la faire taire.

Les forts de l’Est, de la Briche surtout, et l’ouvrage de la Double-couronne sont couverts d’obus, ainsi que Saint-Denis. Presque tous les fils télégraphiques sont coupés par les bombardements. Quinze blessés sont à déplorer.

Armée de l’Est, l’expédition du corps franc « chasseurs des Vosges, avant-garde de la délivrance », arrive au petit jour et fait sauter le pont de Fontenoy, passage de la voie ferrée Paris-Strasbourg, principale ligne de ravitaillement des armées allemandes qui font le siège de Paris. Ils réussissent ensuite à échapper aux allemands des garnisons de la région et retournent dans la forêt de Boene, qu’ils atteignent le 24.

22janvier

Les combats continuent autour de Dijon. Eugène Baumann, 19 ans, natif de Mulhouse, franc-tireur des Vosges, a le bras droit fracturé par un éclat d’obus à Pouilly. Il doit être amputé.

A Janville, Julien de Saint-Venant, le frère de Raoul, vient d’arriver. Il est venu les chercher, pour les emmener à l’ambulance établie chez ses parents, à Vendôme, si l’administration prussienne l’accepte, ce qui sera refusé, alors il va rester avec eux.

Julien a été blessé à Loigny, sous les yeux de son frère Raoul. Il leur raconte les péripéties qui l’on amener jusqu’ici.

En quittant le village de Loigny, il a reçu une seconde blessure, au pied. Réfugié dans la cour du château de Villepion, un obus a éclaté près de lui et enflammé le fumier qu’il réussit à éteindre. C’est là qu’agonisa le pauvre Rambourg, mobile du Loir-et-Cher.

Aidé par des moblots qui l’ont installé sur la flèche d’un canon, il est parvenu jusqu’à la ligne de chemin de fer où il est resté seul. Au bout d’un certain temps, voyant arriver un train, à toute vapeur, il s’est mis au milieu des voies, faisant des signes de détresse avec son képi. Le mécanicien a arrêté le train, l’a fait monter, et sur son ordre, a remis pleine vapeur pour quitter la zone dangereuse. C’était le train dans lequel Gambetta fuyait Orléans menacé.

Il est arrivé à Blois d’où une voiture l’a emmené à Vendôme, chez lui.

Bien que plus d’un mois se soit écoulé depuis la bataille de Loigny, sa blessure au bras n’est pas encore fermée. La religieuse qui soigne nos compères à l’ambulance de Janville le prend lui aussi sous son aile. L’humeur et l’ambiance chez les blessés remonte, avec l’arrivée de ce gaillard plein de vie.