Tribunal-Blois

La cour d'assise du Loir-et-Cher de février 1847 eut à juger trois affaires toutes différentes. Mais le verdict fut le même dans les trois cas : huit ans de travaux forcés.

Le journalier Alix, de Sasnières, pour un vol de moutons, est condamné à huit ans de travaux forcés et à l'exposition. Il faut dire qu'il est récidiviste et la justice n'aime pas les récidivistes. Ils sont dangereux. Il a déjà été condamné en 1820, par la cours d'assise, à six ans de réclusion. Malgré ses dénégations, les faits sont accablants.

La fille Barbier, de Pray, pour avoir tué son enfant, né clandestinement, est condamnée à huit ans de travaux forcés, sans exposition. Elle non plus n'a pas l'indulgence du jury. Ce n'est pas son premier enfant sans père. Elle n'a donc ni le bénéfice de la jeunesse, ni celui de l'innocence perdue. Pire même, on retient contre elle, la préméditation de son crime.

Mais René Pigoreau, cultivateur à Espéreuse est celui qui a commis le crime le plus grave : il s'est attaqué à la propriété d'autrui. Il a tenté d'incendier, par jalousie, les dépendances de l'habitation de son beau-frère Letourmy, avantagé par le legs d'un oncle. Les dégâts ne sont pas importants mais le crime est grave. En ce temps-là, la propriété d'autrui est sacrée. Il est condamné à huit ans de travaux forcés et à l'exposition sur la place de Montoire.

Je vous le disais, trois crimes différents, trois peines identiques, à l'exposition près.

Au sens judiciaire : L'exposition publique est une peine infâmante accessoire prévue par l'article 22 du Code pénal de 1810 : "Quiconque aura été condamné à l'une des peines des travaux forcés à perpétuité, des travaux forcés à temps ou de la réclusion, avant de subir sa peine, sera attaché au carcan sur la place publique : il y demeurera exposé aux regards du peuple durant une heure; au-dessus de sa tète sera placé un écriteau portant, en caractères gros et lisibles, ses noms, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation".

Cette peine est modifiée par la Loi du 28 avril 1832 (l’exposition se fait sans l’attachement au carcan) et supprimée par le décret du 12 avril 1848.

D'après

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