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C'est parti pour le challenge Upro-G d'avril : les pupilles de la nation.

On pense souvent, à tort, que les pupilles de la nation sont des orphelins de guerre. C'est vrai en grande partie mais pas uniquement. Si le père est dans l'impossibilité de pourvoir à ses obligations et charges de famille par suite des blessures et maladies reçues contractées ou aggravées du fait de la guerre, ses enfants ont droit au statut de pupilles de la nation.

C'est le cas des enfants de Théodore T. et Marie P. ; Leur père, Théodore Baptiste T. est un blessé de guerre, invalide à 80%. Il a été blessé le 7 juillet 1915 au Bois d'Ailly. Il touche 4032 francs de pension et 500 francs par enfant. Il en a trois : Gisèle, née le 22 juillet 1911, Gilberte, née le 6 avril 1914 et Gilles né le 12 mars 1917. Leur situation n'est pas simple. Le père est amputé du bras droit, la mère à un cancer de la gorge et attend un quatrième enfant et les enfants sont chétifs. Quatre autres enfants naissent en 1920, 1921, 1922 et 1925.

Gisèle, sourde et de vision très médiocre, reçoit une dotation d'établissement lors de son mariage, en 1931, avec Gustave C., ouvrier agricole.

Le frère, Gilles, a obtenu un contrat d'apprentissage sous le patronage de l'office départemental des pupilles de la nation,  pour être cordonnier, à Brinon-sur-Cher, en octobre 1931. Bien que né le 22 février 1920, Gilbert Aimé Léon bénéficie du statut de pupille de la nation et en 1935, il obtient, grâce à cela, un contrat d'apprentissage à Orléans, chez un tailleur, pour une durée de deux ans.

Mais les aides que reçoivent les pupilles de la nation ne s'arrêtent pas à la majorité.

En 1958, Gisèle, mariée, reçoit un mandat. Sa fille écrit pour elle, car Gisèle perd la vue et ne peut plus travailler. Sa fille a onze ans et écrit "le père indigne alcoolique au dernier degré ne donne pas le moyen de vivre et nous sommes malheureuses". Elles vont percevoir un secours exceptionnel de 40 000 francs.

Gilberte également mariée n'a pas plus de chance. La même année, son mari est incarcéré à la maison d'arrêt de Blois pour attentat aux moeurs. Il perçoit la moitié de son traitement en prison mais ne donne rien à sa femme qui a quatre enfants dont deux d'âge scolaire et n'a, pour vivre, que les allocations familiales et le salaire de sa fille Elisabeth, soit 36173 francs par mois pour cinq personnes. L'aînée de ses enfants est malade depuis plusieurs mois. Elle va recevoir un secours de quarante mille francs.

Être pupille de la nation ne s'arrête pas à la majorité. En cas de problème grave, c'est vers l'Etat que se tourne ces "enfants", victimes collatérales de la guerre.

 

Pour respecter les délais liés aux mineurs, les noms de famille n'ont pas été indiqués.

 

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