Vouzon - monument aux morts

Lorsque le décret de mobilisation général paraît, les hommes concernés ont également reçu leur avis de mobilisation. C'est le cas d'Henri Albert Guérin. Il est de Vouzon, né à Vouzon, marié à Vouzon, vivant à Vouzon, de la classe 1888. Dès la mobilisation, il est appelé sous les drapeaux et affecté à la surveillance des voies ferrées............... à Vouzon.

Le 2 août 1914, alors qu'il est de garde sur la ligne Paris-Toulouse, Henri est écrasé par un train, au lieu-dit le Boulay. Mort à la guerre sans être parti de chez lui le lendemain de l'avis de mobilisation, c'est déjà peu banal. Ce qui l'est encore moins, c'est que l'armée l'a en partie oublié.

Il décède à Vouzon, et sa femme, bien sûr en est avertie, tout comme le maire qui signe le permis d'inhumer. Mais ni l'un, ni l'autre, ne font de déclaration de décès. Normal, Henri est sous l'autorité militaire, c'est à elle de dresser l'acte de décès et de le transmettre à la mairie de Vouzon. Sauf que l'armée a oublié Henri. Elle l'a tellement oublié qu'il n'est même pas fait mention, sur son feuillet matricule, de sa mobilisation. Il faut même attendre le 28 mai 1915 pour qu'un procès-verbal de l'accident soit dressé par la gendarmerie de Lamotte-Beuvron.

Sauf que, sans acte de décès, pas de succession possible. Tout reste en suspens car, aux yeux de la loi, sans acte de décès, Henri est toujours considéré comme vivant.

Le 25 mars 1916, Marie Colin, sa veuve, se retrouve au tribunal pour demander qu'il soit dressé un acte de décès pour son mari. Et bien sûr, elle obtient gain de cause.

La date de décès a également été reportée sur le feuillet matricule et Henri est bien indiqué "mort pour la France par accident en service commandé".