14 février 2008

4 000 français luttèrent contre 25 000 prussiens

Dans la commune d'Azé, dans le Loir et Cher, 45 soldats français ont été tués au combat.

Le 31 décembre 1870, Bayol, un garde mobile du Lot et trois soldats qui ne purent être identifiés, ont été les premiers inhumés dans ce cimetière.

Les nommés Pilot et Boule, victimes du même combat, ont été enterrés directement sur le champ de bataille, au hameau de la Papetière.

Victime du même combat, le lieutenant Rohaut a été inhumé séparément, dans le cimetière, où sa famille lui a fait élever un monument funéraire.

Le six janvier 1871, sur le territoire de la commune, quatre mille français luttèrent toute la journée contre plus de vingt cinq mille prussiens. Le soir arrivant, les français durent abandonner leur position et les prussiens envahirent toutes les demeures des habitants.

De ces combats, 37 soldats français vont être inhumés dans le cimetière du bourg, après avoir reçu les honneurs de la sépulture chrétienne.

Voici leurs noms, pour ceux qui ont pu être identifiés :

  • Maryl, sous-lieutenant du 33e régiment de marche
  • Doré, sous-lieutenant du 33e régiment de marche
  • Combes Hippolyte, du 33e régiment de marche
  • Favre du 33e régiment de marche
  • Woesteland François Isidore, du 33e régiment de marche
  • Fortan du 33e régiment de marche
  • Chabreul du 33e régiment de marche
  • Mérot Victor artilleur du 33e régiment de marche
  • Deleschaume Marie François du 33e régiment de marche

  • Chabasseur Michel, mobile du Puy de Dôme
  • Baffleur Annet, mobile du Puy de Dôme
  • Blanchet Leger, mobile du Puy de Dôme

  • Lebourelier Augste Joseph, mobile de la Mayenne

  • Legros Max, sergent des mobiles des Bouches du Rhône
  • Casquet Antoine, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Viaud Isidore, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Pin Antoine, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Vaubert Louis, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Mestre Achile, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Car Hippolyte, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Laget Joseph, des mobiles des Bouches du Rhône
  • Honnorat Marius, des mobiles des Bouches du Rhône,

  • Verges André, sergent de la compagnie de discipline,
  • Chassigneux, de la compagnie de discipline
  • Martin Armand, de la compagnie de discipline
  • Vaugeas, de la compagnie de discipline
  • Wagner Antoine, de la compagnie de discipline
  • Chaboud Antoine, de la compagnie de discipline

et le matricule 4829 du 32e de ligne, ainsi que 8 soldats inconnus.


Quelques jours après, le corps d'un jeune garde mobile, non identifié, est retrouvé dans une grange, sur le bord de la route. Il faisait parti d'un convoi de prisonniers. La fatigue intense puis la mort, ont mis fin à sa route.

Posté par plumesquale à 18:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


13 février 2008

Bases de données

Comme je le disais précédemment, depuis que je fais de la généalogie et surtout depuis que je suis généalogiste professionnelle, j'ai accumulé les données sous toutes leurs formes possibles.

Des blocs notes entiers, des cahiers et des négatifs photos (ça c'est pour l'âge de pierre), des pages d'acte, des fichiers gedcoms, des fichiers excel, des fichiers access (ça c'est pour l'âge de l'informatique) dans lesquels se trouvent des généalogies, complètes ou fragmentaires, des listes d'actes de naissance, baptême, mariage, décès et sépultures, des listes d'actes notariés, des revues, des articles de presse, des listes d'actes divers.

Comme je n'ai pas une mémoire phénoménale (vive l'ordinateur), je ne peux pas me souvenir de tout ce que j'ai et surtout où cela se trouve et sous quel forme !!!!

Dès que j'ai eu en main des outils performants en informatique, et surtout que j'ai trouvé ceux qui étaient le mieux adapté à mon activité, j'ai commencé une base de données (ou plutôt plusieurs bases de données) adaptée aux types de renseignements et de documents.

Maintenant, lorsque je fais une recherche, la saisie de tout ce que je trouve est faite directement dans la bonne base de données.

Oui, mais avant !!!!!

et oui, j'ai des dizaines de cahiers, de blocs non saisis ................ pour l'instant.

Et aussi des actes "endormis". Car lorsque je travaille au lecteur de microfilm, je ne copie pas uniquement l'acte qui m'intéresse mais toute la page, que je conserve soigneusement classée au bon endroit (le classeur de la commune). Mais hormis l'acte qui m'intéressais sur le moment, le reste n'a pas encore été dépouillé...... et j'ai des dizaines et des dizaines de pages d'actes à dépouiller !!!!

Je sais ce qui me reste à faire, si j'ai un peu de temps de libre ..................... saisir tout cela pour augmenter ma base de données.

Car c'est très important, pour un professionnel, sa base de données. C'est un outil de travaille indispensable, surtout lorsqu'on travaille sur une région en particulier ou un type de sujet précis. C'est aussi sa richesse.

Pour l'instant, ma base compte plus d'un million de fiches. Je devrais pouvoir rajouter au moins 25% avec tout ce qui n'a pas encore été saisi.

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des trucs à faire............... vous savez.................. retranscrire mes carnets dans ma base de donnée !!!!

Bonne soirée

Posté par plumesquale à 18:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

10 février 2008

Certificats de décès

Normalement, dans l'Etat civil français, on ne trouve jamais de mention de religion, de justice ou de cause du décès. La neutralité de l'Etat civil doit être parfaite.

Mais il arrive que cette neutralité soit mise à mal, à notre grand plaisir, par des maires peu au fait de la législation ou bien un brin négligeant.

En farfouillant dans les registres de décès, il arrive parfois que l'on tombe sur les certificats de décès qui ont servi à rédiger l'acte et qui auraient du être détruits depuis longtemps.

Ces certificats étaient établis par le médecin constatant le décès et devaient donc donner la cause dudit décès.

C'est ainsi que l'on découvre que la petite Elise Adrienne Lance, couturière âgée de 18 ans, fille de Mathurin et de feue Louise Françoise Hallé, est décédée d'une méningite le 18 juin 1870. Le certificat atteste même que le docteur Gimel l'a soignée et que les médicaments ont été délivrés par Mr Martin, pharmacien.

Une mine de renseignements !!!!

Posté par plumesquale à 18:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

09 février 2008

Mes archives privées

Puisque j'ai parlé de vos archives privées, maintenant, je vais parler des miennes.

Je n'en ai pas. Ou plutôt, je croyais ne pas en avoir. Et ce n'est pas la même chose.

Mes parents ont quitté leur région d'origine peu de temps après leur mariage, à une époque où l'on ne s'encombrait pas d'autre chose que de l'essentiel, surtout avec un bébé de quelques mois.

Les "archives familiales" sont donc restées sur place et ont disparu. Indifférence familiale principalement. Déménagements funestes aussi (c'est fou ce que l'on jette lors d'un déménagement et que l'on regrette quelques années plus tard !!!).

Il ne restait donc que quelques photos, dont les plus anciennes remontaient aux années 20 (1920 bien sur !!!) et n'étaient pas nombreuses.

1942___raoul_lecomte_200Et puis, en farfouillant, j'ai retrouvé, dans des dossiers épars, des boites à chaussures et des cartons non étiquetés, quelques petits trésors familiaux.

Le permis de conduire international d'une grand-tante paternelle de 1934, des menus imprimés par mon grand-père maternel sur l'Ile de France où il était typographe, les carnets de notes de mon père, son livret militaire et bien sur tous les documents jalonnant la vie de mes parents, frères et sœur, dont les lettres, les cartes postales, les carnets de note et même les cartes d'adhésion aux clubs sportifs (et je ne parle pas des dents de lait et de la première boucle de cheveux coupée sur chaque bébé)......... petit à petit, le trésor familial change d'allure.

Et la mémoire familiale fait le reste. J'ai une mère extraordinaire, qui non seulement connait toutes les histoires, petites et grandes, qui ont défrayée la chronique de sa famille, mais aussi celle de mon père. Et comme je suis un brin Saint Thomas (sans preuve écrite, le doute est permis), j'ai pu m'appuyer sur cette mémoire vivante pour reconstituer petit à petit ce qui manquait :

La carrière du grand-père marin ? un courrier adressé aux archives de sa compagnie m'a permis d'obtenir la liste de ses embarquements.

Un grand-oncle mort à la guerre de 14-18 ? et hop, un registre matricule à consulter

Une carrière de sportif ? Et c'est la presse qui va appuyer toutes ces petites histoires racontées tranquillement au coin d'une tasse de thé.

Et ainsi, partie de rien ou quasiment, j'ai pu reconstituer un trésor perdu.

Ce que j'ai pu faire, vous aussi, vous le pouvez. Et si vous n'y arrivez pas seul, vous pouvez vous faire aider.................. par un généalogiste professionnel bien sur.

Posté par plumesquale à 18:35 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

08 février 2008

Les archives privées

Comme leur nom l'indique, ce sont des archives qui appartiennent à des personnes privées, comme vous et moi.

On y trouve beaucoup de choses : des papiers de famille, des collections de faire-part que la grand-mère avait soigneusement gardé sur toute la famille, les coupures de presse du tonton sportif, les jolies images des communiants avec la petite phrase gentille et la date de la communion avec le nom du communiant, des photos, des lettres personnelles, des cartes postales de vacances, les livrets militaires des hommes de la famille, les bulletins de paye, les factures, les cartes routières (les biens vieilles datant d'une époque où les autoroutes n'existaient pas encore côtoyant les gros atlas modernes).... toutes choses que l'on garde toute sa vie, sans être pour autant atteint de la collectionnite aigue.

Et d'une génération à l'autre, quand on a de la chance, ces papiers passent de main en main sans disparaitre.

Ces papiers sont votre héritage. Il n'est pas quantifiable, n'a pas de valeur marchande (sauf peut-être les cartes postales anciennes). Il a une valeur sentimentale inestimable.

Ouvrir et lire les lettres que l'oncle envoyait à la famille durant son service militaire, au loin, Algérie, Indochine, c'est faire revivre ce tonton trop tôt disparu sans laisser d'enfant.

Même les cartes postales de vacances que l'on envoyait tous les ans et que l'on retrouve dans les affaires de grand-mère après son décès et qui nous font renifler très fort (non non, on ne pleure pas................... mais où sont donc passés les kleenex ???)

Petit à petit, chaque membre de la famille a apporté sa pierre à l'édifice de nos archives privées. Et il est de la responsabilité de chacun de les transmettre à son tour, classées si possible et augmentées de nos propres apports.

Et là, je parle d'une famille "ordinaire", sans fait d'éclat, littérature ou patrimoine honorifique.

Alors imaginez si en plus, vous avez dans ces papiers tous les actes notariés de votre famille depuis ......... pfutttt le XVIe siècle voir avant, si vous avez la correspondance de l'ancêtre grognard de Napoléon, le livre de bord de l'arrière-arrière-arrière.... grand-père capitaine de vaisseau de sa majesté............. et les médailles militaires des hommes de la famille, les portraits de famille, .........................

Un trésor dont les archives aimeraient bien prendre soin à votre place.

Alors, simples traces d'une vie de famille modeste ou documents extraordinaires d'une famille illustre, ces archives privés sont VOTRE histoire.

S'il vous plait, prenez-en soin. Ne laissez aucun membre de la famille se les accaparer et les faire disparaitre dans un grenier au bout du monde. Ne laissez personne et surtout pas vous les détruire.

Et si, après vous, il n'y a personne pour reprendre le flambeau : faite un don aux archives de votre département. Ils sauront en prendre soin avec autant de précaution que s'il s'agissait d'archives prestigieuses. Car à leur yeux, toutes les traces de la vie et de l'histoire sont prestigieuses.

Posté par plumesquale à 16:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]



07 février 2008

Ile Saint Louis du Sénégal

François Louis Amédée Mouchard de Chaban, est décédé le 7 février 1873 à l'Ile Saint Louis du Sénégal. Il était lieutenant à l'escadron de spahis Sénégal, âgé de 28 ans.

Il est déclaré mort chez lui, on en ignore la cause. Mort loin de sa terre natale et de ses parents Charles Louis Marie Mouchard de Chaban et Louise Palmyre Seguin de la Salle, vivant à Vendôme, dans le Loir et Cher.

Mais qu'est-ce que l'Ile Saint Louis du Sénégal ?

saint_louis_senegalEt que faisait là-bas un escadron de spahis ?

Le terme de spahis dérive d’un mot turc qui signifie cavalier. C’est à l’origine le nom donné aux cavaliers de l’Empire Ottoman qui, du XIIIè au XVIIIè siècle, domine l’ensemble du Moyen-Orient, une partie de l’Europe centrale et de l’Afrique du Nord.

La conquête d’Alger par les Turcs s’accompagne de la création d’une cavalerie aux ordres du Dey qui assure la défense de la Régence. Peu après le débarquement des Francais à Alger le 14 juin 1830, le futur Général Yussuf, qui arrive de Tunis, propose de lever des cavaliers pour combattre à leurs côtés. Le 10 septembre 1834 est créé le corps des Spahis Réguliers, qui est à l’origine de toutes les unités de spahis de l’Armée française.

Les premiers spahis envoyés hors d’Algérie arrivent à Saint-Louis en février 1843. Dès le 1 août, ils chargent 2 000 cavaliers à Cascas. Dès lors, les spahis sénégalais sont de tous les combats de la conquête coloniale, depuis les sables du Sénégal, de la Mauritanie et du Soudan (Mali), jusqu’aux expéditions du Dahomey (Bénin) ; enfin se multipliant, pour former les escadrons du Tchad et du Maroc. Durant près de quatre-vingts ans, ils se couvriront de gloire à la pointe de leurs sabres.

Ces données sont tirées sur ce site

Et pour découvrir l'Ile Saint Louis du Sénégal  c'est ici 

Posté par plumesquale à 20:09 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

06 février 2008

De l'âge de pierre à l'âge du net - suite

Dès que le progrès informatique m'a ouvert de nouvelles perspectives de travail (et d'amélioration de mes méthodes de travail surtout), je me suis tournée vers le net.

Un truc bizarre le net, enfin au début. Bon, une adresse mail et un modem, là, c'était simple. Mais très vite s'est révélé l'importance d'avoir un site internet.

Pourquoi ? Et bien pour pouvoir toucher une nouvelle clientèle : celle qui passe son temps sur son ordinateur et sur le net, celle qui ne lit pas les revues de généalogie, celle qui habite loin de chez moi et n'a pas accès à l'annuaire téléphonique de mon département (c'était le début, avant les pages jaunes du net), celle qui habite très très loin, dans un autre pays et qui évidemment ne va pas en kiosque acheter les revues dans lesquelles je fais de la pub.

Donc, il me faut un site internet !!!! euh, comment on fait ?

Pas question de passer par une entreprise extérieure : des devis pharaoniques et surtout des personnes qui ne connaissent rien à mon boulot, à qui il faudrait tout expliquer, et puis surtout, je travaille toujours toute seule, alors devoir dépendre de quelqu'un !!!!! burkkkkkkkkkk j'ai essayé, je me suis faites avoir (bonne poire je suis) et je me suis retrouvée avec un site sans les codes pour le rectifier  !!!!

J'ai donc commencé une démarche quasi initiatique vers le net et son vocabulaire, son langage (html pour commencer) et ses arborescences.

Après quelques hésitations, j'ai créée mon premier site avec frontpage. C'était plutôt amusant. Mettre des photos, choisir les fonds de page, les typo.......... et les bugs, les ancres mal mises, les liens qui sautent au chargement !!!!! j'ai encore des cheveux mais ce n'est pas grace au net.

Mais non, je ne suis pas informaticienne, j'aime bien bidouiller les trucs et ça s'arrête là. Frontpage ne me suffisait pas, il me fallait quelque chose de plus pro et de plus facile et j'ai trouvé.

J'ai trouvé Shopfactory. Et surtout un revendeur extra comme je n'en ai jamais rencontré d'autre encore. Du genre à passer des heures (gratuitement) pour vous expliquer ce que c'est qu'un login, où on mets le mot de passe, comment on se sert d'un logiciel ftp...................... j'en passe et des meilleurs.

Mais j'avais trouvé LE logiciel, qui m'a permis de créer tous mes sites internets (pour l'instant 2 bientôt 4) sans prise de tête.

Il installe les métatags, les mots clés, les liens et les robots passent et repassent dessus sans le moindre soucis.

Je modifie en quelques clics, je change les tarifs, modifie une règlementation, rajoute un produit, change une photo, mets un lien, toute seule comme une grande et sans plus dépendre de qui que ce soit.

Maintenant, le plus difficile, quand j'ouvre un nouveau site, c'est de choisir le bon nom de domaine.

Fin de l'histoire ? Et bien non, car depuis, j'ai découvert Mysql, le langage php !!!! et les forums...................

En fait, le net, c'est comme la généalogie, une fois qu'on a mis le doigt c'est tout le reste de l'individu qui se fait attraper.


Posté par plumesquale à 19:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 février 2008

De l'âge de pierre à l'âge du net

Lorsque j'ai commencé à travailler comme généalogiste, les documents que l'on consultait étaient soit des originaux, soit des microfilms.

Pour les originaux, je m'installais à une table et je commençais mes recherches. Papier et crayon, donc je relevais tous les évènements qui me semblaient correspondre à ma recherche. Et je remplissais des blocs et des blocs de notes, de dates et d'évènements, de références de document et d'impasses.

Sur tout ce que je notais, on peut dire que près de 20% était constitué de fausses pistes éliminées au fur et à mesure. Tout le reste suivait le fil de la recherche à mesure que je tournais les pages. Une recherche quasi systématique qui me permettait de construire la généalogie d'une personne, d'étoffer son arbre et de reconstituer sa famille, son histoire. Lorsque je trouvais un acte majeur, je prenais mon appareil photo (avec pellicule 400) et sans flash, je faisais une photo macro de l'acte que je doublais systématiquement par mesure de précaution.

Pour les microfilms, c'était plus hard. Pas de place pour s'installer, alors un bloc à fond rigide en équilibre instable sur les genoux et même topo que pour les originaux, je notais et notais et notais. Dès que je trouvais un acte majeur, contrairement à tous ceux qui m'entouraient aux lecteurs voisins, je ne zoomais pas sur l'acte mais j'imprimais la page entière du registre.

De retour à l'hôtel, je révisais mes notes pour vérifier les pistes mises à jour et préparer la journée suivante.

De retour chez moi, je m'attelais à mon ordinateur (âge de pierre mais moderne quand même), un Mac, et je reprenais mes notes pour les rentrer dans mon logiciel de généalogie, Heredis pour ne pas le nommer, le seul à tourner sur mac à l'époque.

Evidemment, seules les bonnes pistes, les pistes vérifiées avec acte comme preuve à l'appui étaient analysées et synthétisées. Et je courrais chez le photographe pour aller déposer mes pellicules (que je finissais invariablement sur les fleurs du jardin) et je les récupérais ensuite avec plus ou moins de bonheur (le flou qui tue l'acte, ce n'est pas une légende généalogique, mais une réalité cauchemardesque).

Dès que j'avais les actes, je les transcrivais et commençait alors un subtil travail de découpage-collage-photocopiage pour intégrer les actes dans les textes, avec leurs transcriptions, pour que le résultat soit digne d'un boulot de pro.

Tout ça pour vous dire que je ré écrivais le soir ce que j'avais déjà écrit dans la journée et que les blocs s'accumulaient (je ne jette rien) dans mes tiroirs. Les blocs et les négatifs photos et les photos doublons et bien sur les fichiers gedcom de chaque dossier plus une copie du dossier donné au client (on ne sait jamais, si la poste égarait le premier !!!).

Puis les choses ont commencé à changer.

Première révolution (en tout cas pour moi) le scanner : je n'étais plus obligée de découper mes actes et mes photos, il me suffisait de les scanner pour pouvoir les intégrer dans les textes et je pouvais même effectuer un travail de retouche comme éclaircir les photos (qui n'a pas pris de photo à Chartres en plein hiver ne peut pas comprendre l'importance de cette retouche).

Deuxième révolution : l'APN (Appareil Photo Numérique). Plus de pellicule à finir sur les fleurs et à faire développer (sacré économie) et je pouvais voir tout de suite si elle était floue ou pas (vive le zoom) et virer les floues pour garder les bonnes. Plus de limitation aux actes majeurs, mais liberté enfin de pouvoir garder une trace des actes mineurs.

Troisième révolution : l'ordinateur portable (assez cher à l'époque mais il valait bien le sacrifice). Plus de bloc note mais une saisie direct de toutes les pistes et un visuel immédiat sur la construction de l'arbre généalogique. Sans compter la possibilité de décharger l'APN et de pouvoir faire autant de photo que je voulais sans plus aucune limitation.

La technologie m'ouvrait ses bras pour me permettre de faire mon travail d'une manière encore plus efficace. L'esprit pouvait vaincre les contingences matérielles pour pousser la recherche encore plus loin.

Il ne me restait plus qu'à plonger tête baissée dans la dernière révolution (dernière pour l'instant) : Internet, mais ça, c'est une autre histoire.


Posté par plumesquale à 16:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 février 2008

Sacré Paul Pietri

En farfouillant dans les archives judiciaires, dossiers de procédure, j'ai trouvé un document qui n'avait rien à faire dans la liasse !!! si quelqu'un le cherche, il n'est pas près de le trouver !!!! Il s'agissait des récidives de 1870.

S'y trouve la liste des "criminels" récidivistes avec leur pédigrée. Et en feuilletant ce registre, j'ai fait la connaissance de Paul François Pietri, natif de Sartene en Corse.

Arrêté en 1870 à Blois pour infraction au ban, il a été condamné à 6 mois de prison. Et ce n'était pas la première fois.

Première infraction : 26 décembre 1834 à Sartène pour rébellion, condamné à 10 jours de prison. Il a alors 24 ans. Il enchaine avec 5 mois de prison et 16 francs d'amende pour port d'arme prohibée toujours à Sartene puis à 3 mois à Bastia pour le même délit. En 1846, il est condamné à 12 ans de travaux forcés pour meurtre,à Bastia.

A partir de cette date, hormis quelques outrages à agent, il va faire de la prison uniquement pour rupture de ban.

Le ban, c'est le bannissement, l'interdiction de résidence dans une ville, une région, assorti parfois à une résidence imposée.

La rupture de ban, et bien, c'est quitter la résidence imposée sans autorisation pour aller vagabonder et errer dans d'autres régions, voir même revenir dans sa région d'origine. Pietri

De 1834 à 1870, il va faire 51 mois de prison un peu partout en France, car il va voyager, exerçant le métier de journalier. Ce dossier permet de suivre ses pérégrinations en France (et même en Algérie puisqu'il va être condamné à 15 jours de prison à Setif en 1865)

Qu'est-il devenu ensuite ? Qui sait ?




Posté par plumesquale à 16:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

01 février 2008

Un temps que les moins de vingt ans.....

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.............. non non, ce n'est pas la chanson, ce sont les archives départementales.

Lorsque j'ai débuté le farfouillage dans les archives, il n'y avait pas de limitation de documents et pas d'horaire de levée.

Il n'y avait qu'un seul lecteur de microfilm alors on pouvait consulter les registres paroissiaux directement avec les originaux.

Vous vouliez un document, hop, on allait vous le chercher. Vous pouviez même garder d'un jour sur l'autre les documents à consulter.

Les archives étaient bien microfilmées, mais ces microfilms servaient surtout à voyager dans les autres dépôts d'archives.

D'ailleurs, le lecteur de microfilm, une horrible machine imprimant sur papier thermique, était dans une sorte de placard amélioré. Et il fallait éteindre la lumière pour bien voir l'écran !!! d'où parfois, la tentation de piquer un petit somme, surtout à l'heure de la digestion...................... en toute discrétion.

Lorsque l'on avait besoin de photocopies, on les faisait nous-mêmes.

Le bon vieux temps me direz-vous ?

Pas si sur............................

La salle de lecture n'était pas bien grande et il arrivait souvent que le président de salle aille afficher à la porte d'entrée : complet. Tant pis pour ceux qui arrivaient et trouvaient porte close.

C'était aussi l'époque où, lorsqu'ils dépouillaient les registres paroissiaux, certains membres d'association écrivaient directement sur les registres avec un crayon (au mieux de papier, au pire à bille) pour souligner les noms de famille.

C'était l'époque où, pour récupérer l'acte de baptême d'un ancêtre, certains vandales armés de cutteur découpaient les registres sans penser que non seulement ils n'étaient pas les seuls descendants du personnage, mais qu'ils privaient aussi les descendants des personnages dont les actes étaient au dos de celui qu'ils convoitaient.

C'était l'époque où l'on mangeait dans la salle de lecture, tout en consultant les documents et tournant les pages avec des doigts plus ou moins graisseux.

Une époque bénie où l'on pouvait sentir et toucher les manuscrits plus que centenaires.

Une époque maudite où l'on oubliait que justement, ces manuscrits étaient plus que centenaires et méritaient un meilleur traitement.

Aujourd'hui, les manuscrits sont sagement rangés dans des boites pour le reste de leur existence. Seuls les microfilms sont visibles et bientôt partout, leur version numérique. En échange, le nombre de places en salle a plus que doublé, tandis que le nombre de lecteurs de microfilms a quasiment décuplé sans compter les ordinateurs qui arrivent à leur tour.

Les levées sont arrivées avec la limitation de documents. Trop de documents sortis par des inconscients qui ne prenaient même pas le temps de les consulter. Pourquoi se priver quand tout est permis ?

Il faut donc dorénavant surveiller la pendule pour commander en temps et en heure le bon nombre de documents autorisés.

En échange, les microfilms ont été mis en accès direct dans la salle de lecture. Il suffit juste d'aller chercher celui dont on a besoin.

Les règlementations successives sont héritées du comportement irrespectueux des lecteurs envers les témoignages écrits du passé. Elles sont de plus en plus draconiennes (crayon de papier uniquement en salle, pas de classeurs, juste quelques feuilles libres, pas de sac, pas de sacoche....) parce que les archivistes le savent bien, et les généalogistes aussi, lorsqu'un document disparait, détruit ou détérioré, il ne peut être remplacé. Et parce que les lecteurs, depuis des décennies, ont montré leur irresponsabilité devant cela.

Tout va donc pour le mieux aujourd'hui ?

Hormis le fait que ce qui a disparu ne pourra être retrouvé..................... et bien l'irrespect continue !!!

des microfilms mélangés, des lecteurs de microfilms ou des ordinateurs brutalisés, des documents papiers (autres que les registres paroissiaux dorénavant protégés) maltraités.........

Il faut un permis pour conduire, peut-être en faudra-t-il un, un jour, pour pouvoir consulter les archives. Un permis à points qui permettra aux lecteurs respectueux de continuer leur farfouillage tout en punissant uniquement l'irrespectueux.

Posté par plumesquale à 22:04 - - Commentaires [3] - Permalien [#]



« Début   1  2  3  4  5  6    Fin »