15 juillet 2008
Les listes yahoo et google
En généalogie, ce ne sont pas les listes qui manquent. Sortes de forums simplifiés où les inscrits peuvent dialoguer sur des thèmes bien précis : liste nimegue, liste heredis, liste archimili sans compter les listes départementales généalogie 45, généalogie 76 etc.......
On appelle cela des listes parce que les messages postés apparaissent sous forme de listes chronologiques. Pas très agréable au visuel et pas très pratique si on ne suit pas tout ce qui se passe tous les jours.
Ces listes sont là pour l'entraide : entraide dans les recherches, entraide pour faire fonctionner un logiciel, entraides diverses et variées. Et c'est très bien.
Là où je râle (normal, c'est humeur du moment et là c'est mauvaise humeur du moment) c'est l'intrusion systématique, dans toutes les listes, des fauteurs de troubles.
Entre "ennemis" infiltrés dans des listes "adverses" qui viennent juste y semer la graine de la discorde, ceux qui ne comprennent pas tout tout de suite et se font rembarrer par les experts, ceux qui n'utilisent pas les bons mots et le bon vocabulaire et se font jeter manu-militari, et ceux qui relancent encore et encore les sujets qui fâchent et qui n'ont, en général, rien à faire sur la liste, on n'en finit pas de lire les mêmes rengaines quelque soit la liste, rengaine qui gâche la bonne volonté et le travail extraordinaire que font les fantassins de ces listes.
Et dire que pour l'immense majorité de ces personnes, c'est un loisir, une passion !!!!
02 juillet 2008
Très cher banc
Le 15 mars 1716, à l'appel de la cloche, l'assemblée des paroissiens de Vallières les Grandes s'est réunie pour statuer sur le sort du .............................. banc de la veuve Trollé.
Les fabriciers en charge de la paroisse, gérant le patrimoine mobilier et immobilier, ont réquisitionné cette assemblée. La veuve Trollé, depuis la Saint Michel 1698, soit quand même depuis 18 ans, n'a pas payé l'usage de son banc !!!!
Malgré la sommation qui lui a été faite, et le rappel de cette sommation, à trois reprises, durant la messe, elle n'a toujours pas payé !!!!
L'assemblée est donc d'accord, elle sera poursuivie pour le règlement des 18 années d'usage de son banc, soit trente sols par an.
Pour la suite, le banc sera adjugé et vendu au plus offrant, sauf si la veuve régularise la situation ET passe un nouveau titre pour garder l'usage de ce banc.
En attendant, le banc a été déplacé, pour laisser les ouvriers travailler sur le pilier de l'église. Dès les réparations effectuées, le banc sera remis à sa place, si besoin est........................
01 juillet 2008
Déclaration de grossesse en urgence
Sous l'ancien régime, le bon roi Henri II décréta, dans l'édit de Blois, que les femmes célibataires ou veuves, grosses des oeuvres illégitimes (pour faire simple : futures mères célibataires), devraient faire une déclaration de grossesse, devant un juge royal, accompagné de deux témoins.
Une copie de cet acte était donnée au curé, et les contrevenantes à cet édit risquaient l'amende, le fouet et la roue.
Pourquoi un tel édit, stigmatisant largement les mères célibataires (rappelons qu'il y en a toujours eu, de tous temps et sous tous les régimes) ? Pour éviter les infanticides, malheureusement courants dans de telles circonstances.
Seulement les femmes, pour de multiples raisons, attendaient avant de faire cette déclaration. La raison principale étant l'espoir d'être malgré tout épousée par le père (ou un autre) et donc de donner un père LEGITIME à leur enfant.
Seulement, les douleurs de l'enfantement pouvaient arriver trop tôt : trop tôt pour que l'enfant survive. En cas de décès à la naissance, la mère risquait gros si elle n'avait pas fait de déclaration de grossesse avant !!!!
D'où des déclarations de grossesse faites en urgence devant monsieur le curé.................... comme ces deux cas à Mur de Sologne.
Le premier, le 26 juillet 1769, concerne Jeanne Prevot, domestique, âgée de 23 ans. Enceinte de 6 mois des oeuvres d'un domestique du moulin dont elle ne connait que le prénom, Jean, elle va accoucher deux jours plus tard (il était temps !!!) d'une petite fille baptisée sous condition, car née trop tôt, et décédée le lendemain.
Le deuxième est plus étonnant. Le 20 mai 1769 (décidément, c'était l'année des déclarations de grossesse pour le curé), Marie Vicques, veuve, exerçant le travail de journalière là où elle peut trouver de l'ouvrage, s'est retrouvée enceinte des oeuvres illégitimes d'un homme marié dont elle se refuse à communiquer le nom, pour ne pas lui nuire.
Elle aurait du se rendre à Romorantin pour faire sa déclaration devant l'officier du roi, mais elle était trop fatiguée pour s'y rendre à pied (12 km) et personne n'avait voulu l'y emmener, de peur que les secousses d'une voiture ne déclenchent l'accouchement. Elle est donc venue faire sa déclaration de grossesse directement au curé, qui pour cela, a appelé deux témoins.
Marie refuse donc de nommer le père de l'enfant, confiante dans le fait qu'il subviendra à ses besoins, mais indique quand même que le père soupçonné par la rumeur n'est pas le père de son enfant.
Le trois juin, une petite fille nait et est appelée Anne de Mur. Espérons pour elle que le père a vraiment subvenu à ses besoins.
10 juin 2008
Un ancêtre surprenant
Lorsque l'on entame des recherches sur son ascendance, on ne sait jamais sur quoi on va tomber !!!
Alors que je remontais l'ascendance d'un personnage avec un nom à fragrance de noblesse, j'ai eu la surprise de trouver un personnage qui dut être haut en couleurs en son temps.
Pas de noblesse, cela n'est pas surprenant, mais le simple accolement à son nom du nom du château qu'il acheta fortune faite.
Le plus étonnant est plutôt le mode de vie de ce personnage.
Je travaille donc sur une ascendance, et au détour d'une branche, je trouve un acte de naissance où les parents ne sont pas mariés, en 1848. Le père est bien mentionné sur cet acte, chose plutôt rare, car il reconnait l'enfant qu'il vient d'avoir avec............................ sa femme de charge au château.
Bon, ce sont des choses qui arrivent. Au moins, il a eu l'élégance de reconnaître son fils à défaut d'épouser la mère.
Sauf qu'en gratouillant un peu l'état civil, je découvre que cette même femme de charge a eu plusieurs enfants sans être mariée. Bizarrement, le père n'est jamais mentionné lorsqu'elle met au monde une fille, alors qu'il reconnait toujours l'enfant lorsqu'il s'agit d'un garçon !!!! et à chaque fois, il s'agit du même homme, son patron, le maître du château !!!!
Et cette femme vient à mourir..................... et est remplacée par une nouvelle femme de charge, qui se met à son tour à mettre des enfants au monde : des filles sans père et des fils reconnus par ................ le maître du château !!!!
Un jour, l'âge venant peut-être, le maître du château finit par épouser sa femme de charge (et en profite pour reconnaitre les filles qu'il a eu avec elle !!!!!!!!!)
Ce ne sera jamais le cas pour les filles qu'il a eu avec la première femme de charge............... on peut espérer qu'il a quand même subvenu à leurs besoins.
28 mai 2008
la psychogénéalogie
Qu'est-ce que la psychogénéalogie ?
Bon, dedans il y a généalogie : ça, je connais.................... et même très bien
Il y a aussi psycho et là, c'est un peu plus flou : psychologie, psychiatrie, psychisme................. alors je vais chercher mon bon vieux petit Larousse et je regarde : ouh la la la, il y en a des trucs en psy quelque chose !!! mais pas de psychogénéalogie.......... c'est vrai qu'il est vieux mon dico : 1980 !!!!
Alors je vais voir ailleurs si je peux trouver une définition : google est mon ami alors je cherche.
Merci Wiki : La psychogénéalogie est une approche de la psychologie et de la psychothérapie développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberger
selon laquelle les événements, traumatismes, secrets, conflits vécus
par les ascendants d'un sujet conditionneraient ses troubles
psychologiques, ses maladies, et ses comportements étranges ou
inexplicables.
Là déjà, cela me parle un peu plus : des secrets de famille faisant peser un poids certain sur les descendants.
En généalogie, on en trouve beaucoup des secrets de famille. Des trucs qui aujourd'hui semblent banals mais qui à l'époque étaient ou pouvaient être traumatisant : divorce, enfant adultérin, enfant naturel, prison,....... et j'en passe.
C'est vrai que de tels évènements ont pu influer sur l'éducation donné aux enfants des générations suivantes et provoquer des problèmes psychologique.
Sauf que maintenant, la psychogénélagie, c'est du grand n'importe quoi !!!!!!
Des personnes fragiles psychologiquement parlant se faisant manipuler par des gourous apprentis sorciers pour au final servir à quoi ? Extorquer de l'argent tout simplement. Et là où il y a faiblesse psychologique, les sectes s'engouffrent à la vitesse d'un TGV fou !!!!!
Combien de psychogénéalogistes valables pour combien d'arnaqueurs, d'escrocs et de manipulateurs ?
C'est dangereux. A plus d'un égard. Dangereux pour les personnes qui se font manipuler. Dangereux pour la généalogie et la profession de généalogiste.
Un de mes élèves a failli ne pas pouvoir suivre sa formation : son entreprise a cru qu'elle se faisait embarquer dans une secte lorsqu'elle leur a dit vouloir suivre une formation en généalogie !!!!!
Va falloir trouver une parade !!! et vite !!!
26 mai 2008
Chroniques de l'hiver 1784
Il arrive parfois, que les curés utilisent leur registre paroissial comme d'un journal pour raconter des événements particulièrement marquants.
C'est le cas du curé d'Areines, en janvier 1784.
Il nous raconte, qu'à partir du samedi 10 janvier 1784, sur les huit heures du soir, la neige a commencé à tomber en abondance et sans discontinuer pendant huit jours. Puis ces chutes de neige sont devenues des chutes de grêles et des giboulées puis de nouveau de la neige, jusqu'au 22 février !!!!
Cette neige fut si abondante qu'à Vendôme et à Areine, il y eut quatre pieds de haut de neige, soit à peu près 1.30 m de haut.
La fonte de ces neiges abondantes engendra une grande crue à partir du lundi gras, 23 février qui provoqua d'énormes pertes dans la ville de Blois estimées à un million de l'époque.
A Paris même, il y eu 8 à 9 pieds de neige, soit 2.6 à 3 mètres de neige dans les rues. Des chevaux et des carrosses furent perdus, engloutis sous les tonnes de neige tombant des toits des maisons. Des gros glaçons se détachant de ces mêmes toits tuèrent des passants et des chevaux.
Les glaces se fracassant sur les ponts ont emporté, sur la Loire, des barges de vin et d'eau de vie, de blé et d'autres bateaux, les fracassant à leur tour et les coulant avec à bord les marins et leurs familles.
Puis les levées ont cédé, engloutissant les paroisses qu'elles protégeaient.
Pareil accident n'était pas arrivé dans tout le royaume depuis plus de cent ans.
25 avril 2008
On ne trompe pas son curé si facilement
Le 18 avril 1757, le curé de la paroisse Saint Honoré de Blois, reçoit une demande d'extrait de baptême pour Louis Sirvant, compagnon serrurier, provenant d'Avallon en Bourgogne et expédiée le 14.
Il y est indiqué tous les détails nécessaires sur les noms des parents et des parrain et marraine, ainsi que le jour, 30 mai et l'âge approximatif de Louis Sirvant : 31 ans.
Quoi de plus banal ?
Sauf que le curé de Saint Honoré ne répond pas et marque au bas de la lettre cette phrase lapidaire : le misérable se trompe, il ne sait plus ce qu'il fait. Il est né ici le 28 mai 1723 et marié à Marie Chiquet, aussi en cette paroisse le 13 avril 1744.
Mais le 24 mai 1757, le curé d'Avallon écrit au curé de Saint Honoré : il vient de refuser de marier Louis Sirvant car il a des doutes (et les détails sur ses père et mère sont bien indiqués, les mêmes que précédemment) sauf que la date de naissance indiquée est le 30 mai 1725.
Le mariage a été refusé car l'extrait baptistère fourni !!!!! ne semble pas conforme au curé : mal écrit, bourré de fautes, indigne d'un prêtre d'une paroisse comme Saint Honoré de Blois !!!!
Il demande donc des informations au curé de la paroisse pour pouvoir rapidement marier ce jeune homme !!!!
Cette fois, le curé de Saint Honoré répond le 30 mai 1757 :
"Voyez ce misérable qui est marié et dont la femme est actuellement vivante dans Paris, qui veut passer à une autre mariage et pour cet effet, suppose des extraits et certificats qu'il a lui-même fagoté ou fait composer !!!!
Cet homme a de la confusion dans l'esprit car il est né le 28 mai 1723. Je lui ai délivré son extrait de baptême en 1751 ou environ et a été marié ici sous le nom de Pierre Sirvant le 13 avril 1744 tandis qu'il est bien certain qu'il se nomme Louis et l'aveu qu'il fait de ses parrain et marraine constatent la vérité."
On ne trompe pas son curé comme ça !!!
02 avril 2008
Liberté de culte mais conflit de territoire
Cela se passe en 1857.
La Révolution est passée et la liberté de culte a été accordée. Liberté ne veut pas dire facilité !!!
Voici les aventures de trois religieux : un pasteur et deux curé, dont l'entente était pour le moins pas cordiale du tout. Et voici bien sur la version des deux car qui n'entend qu'un son de cloche...............
Version du pasteur de Josnes :
Une femme de Villebarou venant de temps en temps au temple et était soignée par sa fille, protestante, faisant parti du "troupeau" de ce pasteur est décédée. Rien ne prouve qu'elle était catholique car le curé n'a pas été appelé à son lit de mort. Le mari de la défunte et tous ses enfants, ont demandé au pasteur de procéder à son enterrement, auquel assistait d'ailleurs le maire avec son écharpe (de maire bien sur).
Un vieillard de Vineuil, refusant la confession, le prêtre catholique refusa d'accompagner le convoi funèbre. C'est d'ailleurs une commune où l'on se passe hélas du ministère religieux. Le fils vint demander au pasteur d'aller prononcer quelques paroles évangéliques sur la tombe de son père, chose que le curé avait refusé. Après avoir reçu l'accord du maire qui accompagnait le convoi, le pasteur accepta.
Version du curé de Villebarou :
Madeleine Marguerite Bernier, femme d'Etienne Boissière, appartenait à la religion catholique. C'est un fait de notoriété publique. Huit jours avant son décès, elle assistait à la messe de la paroisse. Pendant sa dernière maladie, qui n'a duré que deux jours, elle n'a aucunement manifesté l'intention d'abandonner la foi de ses pères.
Le curé c'est transporté au domicile de sa paroissienne défunte où il a trouvé ses deux filles. Interrogées par le curé sur la visite du pasteur, elles ont répondu qu'il n'était pas venu. Interrogées sur la volontée de leur mère d'être enterrée par le pasteur, elles ont répondu que leur mère avait toujours vécu dans le sein de l'église catholique. Si elle a été enterrée par le pasteur, c'est parce quelques membres de la famille l'ont voulu, parce que avec le pasteur, c'était gratuit. Ils ont donc demandé au curé de bien vouloir célébrer une messe solennelle de réquiem en sa mémoire.
Version du curé de Vineuil :
Il a été appelé le 8 octobre au soir auprès d'un malade nommé Etienne Fontaine, vieillard de 80 ans. Arrivé là, il eut une mauvaise réception de la part de cet homme et reparti mais sans surprise car l'homme était très mal famé dans le pays. Le curé y est retourné deux autres fois sans succès. Il a prévenu le moribond des conséquences de sa conduite et dit à la famille que la religion ne pourrait pas bénir sa tombe. Le 11 octobre au matin, deux membres de la famille l'avertirent du décès en le priant de procéder à l'enterrement ce que le curé a refusé suivant son devoir. Ils allèrent donc, influencés par de mauvais conseils, prier le pasteur, monsieur Cadier, de vouloir bien être plus complaisant ce qu'il a accepté à l'étonnement et au scandale de la population.
Bien évidemment, chaque religieux, curé comme pasteur, fut soutenu par sa hiérarchie mais la religion catholique, encore bien implantée dans la morale même politique, gagna et le pasteur reçu un blâme.
Et tout cela dans la seule interprétation plus que houleuse de l'article 19 décret du 23 prairial an XII que vous pourrez découvrir ici : Texte à lire
19 mars 2008
Emouvant et terrible
Aujourd'hui, je suis tombée sur des archives émouvantes et terribles à la fois (Merci Président).
Dans les archives d'un hôpital, les papiers personnels jamais réclamés de patients décédés.
Emouvant parce qu'en ouvrant ces "portefeuilles" d'époque, c'est toute leur vie que j'ai vu défiler : papiers d'identité, permis de conduire, papiers militaires, photos de famille, calepin gribouillé de notes, chapelet, clés, plaques militaires et même un billet de loterie pour les gueules cassées.
Terrible parce que personne ne les a jamais réclamés ces papiers. Peut-être, quelque part, un descendant, direct ou non, serait heureux de retrouver ces souvenirs. Mais qui sait qu'ils sont là ? Qui irait les chercher là ?
C'est comme ouvrir une porte sur une vie qui a cessé. Celle d'un inconnu qui va le rester.
Encore un trésor conservé aux archives, parmi les autres trésors.
17 mars 2008
Le massacre de Rach Gia
Dans la nuit du 17 juin 1868, une troupe d'annamites pénétra dans le poste de Rach Gia, en Cochinchine, occupé par 28 militaires du 2e régiment d'infanterie de marine.
Un seul militaire, Joseph Duplessit, survécut. Les autres furent tués.
Aucune trace autre que le témoignage de Joseph Duplessit n'existe pour cette attaque. Les corps des 27 autres militaires ayant disparu, seul un acte de disparition fut dressé par le gouverneur de la colonie.
Il a fallu un acte du tribunal pour que les décès soient officiellement déclarés près d'un an plus tard.
C'est ainsi que l'acte de décès de Eugène Alfred Couturier, né au Plessis Dorin, dans le Loir et Cher, fut dressé le 19 juillet 1869.
Vingt six autres actes similaires furent dressés dans les communes d'origines des autres soldats tués.