14 mai 2012

Attention aux idées préconçues

Je suis tombée sur le  parcours difficile durant la guerre de Crimée, d'un petit gars de la Corrèze, Antoine Perrier, soldat au 7e d'infanterie.

Atteint du scorbut en décembre 1855, il est envoyé à l'ambulance de la 1ere division au 2e corps d'armée le 26 janvier 1856 (quand même près d'un mois après le diagnostic !!!). Pour cela, il est transporté dans un cacolet (c'est un panier à dossier, placé sur un mulet ou chameau et servant à transporter les malades ou les blessés), par un temps très froid, si froid que ses pieds ont gelé pendant le trajet qui a duré quatre heures.

Il est évacué sur Constantinople le 1er février et entre à l'hôpital de Gulhané, le 6. Des ulcérations laissent largement ouvertes les articulations des chevilles et comme si cela ne suffisait pas, il est atteint du typhus le 14 février. Le 11 avril, son pied gauche tombe et il faut couper les tendons. Le 14 avril, c'est le tour du pied droit.

Evidemment, la gangrène se met dans les moignons ce qui implique, le 11 mai, l'amputation des deux jambes, sous le genou, amputation circulaire (perpendiculaire à l'axe du membre) sous chloroforme (quand même).

Le 12 juillet, il est évacué sur la France, les moignons quasi cicatrisés.

Entré à l'hôpital de Toulon le 21 juillet, les moignons sont atteints de la pourriture des hôpitaux (provoquée par un bacille Pseudomonas), cautérisés au fer rouge, leur cicatrisation est toujours incomplète.

Entré à l'hôpital du Val de Grâce, la cicatrisation se continue, avec résultats satisfaisants présentés le 18 novembre 1856.

Imaginez un instant ce gamin de 24 ans, envoyé se battre bien loin de sa Corrèze et soumis à toutes ces souffrances durant toute une année. N'oubliez pas que nous sommes en 1856. Les analgésiques, antidouleurs et autres médicaments dit "de confort" n'existent pas. La morphine, l'éther et le chloroforme sont les antalgiques de l'époque avec tous les effets secondaires qu'on leur connaît.

Alors tout naturellement, je cherche son décès, dans les deux années qui suivent. Difficile d'imagine qu'il en soit autrement vu tout ce qu'il a subi plus le fait qu'il est handicapé. Amputé des deux jambes en 1856 !!!! Quelle vie pourrait-il avoir ?

Et bien non, je ne trouve aucun décès dans son lieu d'origine. J'élargis la recherche au canton. Toujours rien !!!!!

Sans grand espoir, je reprends les tables décennales de sa commune et je regarde les mariages............. et il est là !!!!!

En 1858, il épouse une petite payse de 16 ans, fille naturelle avec laquelle il va avoir au moins six enfants.

Je lui connais au moins cinq communes où il a vécu avec sa famille.

En 1906, il vit avec sa femme, deux de ses fils, sa fille, son gendre, et deux de ses petits-enfants.

Lorsqu'il décède en 1911, à l'âge de 80 ans, il a enterré au moins deux de ses enfants, élevé deux de ses petits-enfants. Pas mal pour un p'tit gars de Corrèze qui a bien failli ne jamais revenir de Crimée.

Comme quoi, se méfier des idées préconçues !!!!!


04 mars 2012

Fête des grands-mères : mon numéro 87

Pour honorer les grands-mères, aujourd'hui, j'ai choisi ma grand-mère 87, au hasard, juste comme ça.

Françoise Magdeleine Geffroy est née le mardi 6 mars 1753, à Tredarzec, dans les côtes d'Armor. Elle est la treizième enfant d'une fratrie de 16, mais aînée du second mariage de son père Louis Geffroy, avec Marie Trehan célébré le 15 mai de l'année précédant sa naissance à Minihy Treguier.

En 1757 est créée la première société d'Agriculture de Bretagne.

Pendant son enfance, c'est la guerre de 7 ans puis la guerre d'indépendance américaine. Les anglais s'attaquent à la Bretagne à Saint Cast et Cancale en 1758 et 1779, ce qui mis en ébullition toute la côte bretonne et les villages côtiers.

Elle a quinze ans lorsque son père décède, le 4 janvier 1768, à Trédarzec à l'âge de 59 ans. Sa mère ne se remarie pas et décède le 25 février 1783, à l'âge de 63 ans, à Tredarzec, trois mois après le mariage de Françoise.

Françoise se marie à l'âge de 29 ans, le mardi 19 novembre 1782, à Tredarzec, avec Jacques Caoullet, laboureur, âgé de 32 ans. Il est le fils aîné de Jacques Caoullet et Françoise Nedellec, tous les deux décédés avant ce mariage.

Trois des frères de Françoise sont témoins au mariage : Yves, Gilles et François.

Ils ont au moins quatre enfants à Tredarzec :

  • Yves, né le 11 juin 1786,
  • Françoise Jeanne, née le 1 mars 1789 et décédée le 29 jours plus tard
  • Olivier, né le 11 février 1791 et décédé le 30 janvier 1805, à l'âge de 13 ans,
  • Marie, née le 13 octobre 1794, dont je descends.

Françoise voit passer la révolution française, la création des départements français qui attribue sa commune de Tredarzec au nouveau département des Côtes du Nord, les guerres de la révolution, l'arrivée de Napoléon au pouvoir et les guerres de l'empire.

Sa vie réglée au son de l'angélus de la paroisse va devoir s'adapter au culte révolutionnaire, au nouveau calendrier et aux semaines de 10 jours. Et l'histoire passe et la vie de la paroisse reprend son cours d'avant la révolution avec pour seule réelle nouveauté, la présence d'un maire dans la commune.

En avril 1802, c'est la monnaie qui connaît un grand changement : adieu la livre, bonjour le franc et les problèmes de conversion.

Françoise assiste à l'abdication de Napoléon et au retour de la royauté mais pas au retour de Napoléon de l'île d'Elbe.

Elle décède le 17 octobre 1814, à Trédarzec, à l'âge de 61 ans, et son mari Jacques décède 9 jours plus tard, à l'âge de 64 ans.

Ils n'assisteront pas au mariage de leurs enfants, Yves se marie en 1818 et Marie en 1822.

Une vie bien tranquille dans une petite commune de Bretagne, traversée par les soubresauts et éternuements de l'histoire.

Et si l'on faisait un petit tour du côté de Tredarzc ? Pour découvrir les lieux que Françoise fréquentait en son temps :

http://docarmor.free.fr/valarmor/valouest/tredarz1.htm

25 janvier 2012

Les enfants abandonnés

En effectuant un dépouillement systématique d'actes de décès, j'ai rencontré un très, trop grand nombre d'enfants en bas-âge issus des hospices et hôpitaux de Paris, Blois, Vendôme.......

Et je rencontre une curieuse difficulté pour les enregistrer. S'agit-il de garçon ou de fille ?

Non seulement, les officiers de l'état civil de leur lieu d'origine les ont affublés de nom et de prénom bizarres, mais en plus les officiers de l'état civil de leur lieu de décès s'obstinent à les nommer enfant sans leur donner de sexe.

Ils sont enfants abandonnés, enfants trouvés mais jamais garçon ou fille. Et même si parfois, cela semble simple, ce ne l'est pas, à moins d'avoir l'acte de naissance sous les yeux : Armand Marie est-ce un garçon prénommé Armand ou une fille prénommée Marie.

Alors que dire de Madry Gedron, Xiste Ceron et autres........

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31 août 2011

Déclarations en folie à l'asile d'aliénés

Lorsque Charles Marie Louis Delagrange, adjoint au maire de la mairie de Crouy sur Cosson, rédige l'acte de décès de sa concitoyenne, Henriette Sophie Communeau, il n'imaginait surement pas ce qui suivrait.

L'asile d'aliénés où elle était internée et décédée avait bien déclaré son décès dans la ville de Blois et le maire de celle-ci avait, conformément à la loi, transmit son acte à son collègue de Crouy sur Cosson, dernier domicile connu d'Henriette Communeau veuve Badaire.

Mais voilà, les employés de l'asile se sont trompés. C'est une autre femme qui est morte. Henriette est toujours vivante................... c'est Renée Robidas, femme de Louis Simon Badel, qui est décédée.

Pire même, l'erreur s'est reproduite le même jour, dans le même asile où Clarisse Marguerite Lussac a été déclarée morte à la place de Adélaïde Charlotte Barbier.

Heureusement, le directeur de l'établissement s'est rendu compte de l'erreur mais trop tard pour l'état civil. Il devra passer par le tribunal pour faire rectifier cet embrouillamini.

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11 novembre 2010

Citations à l'ordre.......................

Je me penche sur le programme télé et, à part les cérémonies retransmises, rien sur 14/18. Pas de film, pas de reportage, rien............... et pourtant, ce ne sont pas les films qui manquent ni les reportages, sur ces années terribles !!!!

Alors je veux leur rendre un hommage à ma manière............ avec un petit, très petit florilège des citations données à ceux qui y sont allés et dont certains n'en sont pas revenus.

Isidore Alleron : Cité à l'ordre du régiment n°422 du 1er juin 1917 : "caporal d'une remarquable bravoure et d'une grande énergie s'est encore distingué au combat du 16 avril 1917 en restant toute la journée isolé avec une poignée d'hommes au contact de l'ennemi en avant de nos lignes s'est offert ensuite comme volontaire pour aller chercher le corps de son capitaine dans les réseaux de fils de fer allemands et a réussi à le ramener - croix de guerre - étoile de bronze - médaille militaire à titre posthume : Mort pour la France le 15 mai 1918 suite à la chute de son avion

 

Abel Amelot : cité à l'ordre du régiment n°206 du 13 janvier 1917 "excellent conducteur dévoué et courageux, à fait preuve depuis de longs mois et particulièrement pendant les opérations de décembre 1916 du plus grand sang froid et de courage en ravitaillant sa batterie sur une position exposée et au cours de bombardements - croix de guerre - étoile de bronze

 

Eugène Amiset : Blessé le 12 mars 1916 à Voussar (plaie pénétrante genou droit) cité à l'ordre de l'armée n°309 du 28 juillet 1916 "soldat très brave et très énergique a été blessé très grièvement en exécutant des travaux de 1ere ligne dans une tranchée violemment bombardée, amputé de la cuisse droite, mort des suites de ses blessures le 12 mars 1916 - Médaille militaire

 

Jules Auger : cité à l'ordre du bataillon n°79 du 30 avril 1917 "très belle conduite au feu dans les journées du 16 au 19 avril 1917 - a fait parti d'une patrouille lancée à la poursuite de l'ennemi et s'est fait remarquer par son mépris le plus absolu du danger" - croix de guerre - étoile de bronze

 

Ernest Beulay : cité à l'ordre de la brigade n°104 en date du 14 septembre 1916 "soldat téléphoniste doué d'un grand sang froid et d'un bon courage. Employé comme coureur pendant les journées du 6 au 10 septembre 1916 a de multiples reprises soit de jour ou de nuit et par un violent bombardement porté des plis urgents du PC de la brigade au PC du régiment - cité à l'ordre de la brigade n°13 en date du 27 octobre 1918 "du 4 au 8 octobre a fait preuve du plus grand courage en ne cessant de réparer les lignes téléphoniques sous les bombardements les plus violents, assurant ainsi une liaison constante du bataillon au régiment - croix de guerre - étoile de bronze

 

Octave Cabour : Citation à l'ordre du régiment 558 le 26 août 1917 tireur d'élite d'un calme et d'une bravoure exemplaires - a affirmé ses qualités dans un secteur particulièrement difficile sous de violents bombardements les 18 et 21juillet 1917 - citation à l'ordre du 39 régiment d'infanterie 696 du 21 juin 1918 - caporal mitrailleur plein d'allant au cours de l'attaque du 11 juin 1918 a brillamment entrainé sa pièce, a servi avec courage et intelligence en progression avec les vagues d'assaut. Citation à l'ordre du 35 CA 442 du 31 août 1918 pendant les combats du 9 au 18 août 1918 a conduit sa pièce avec un allant merveilleux et mis en batterie sous le feu de l'ennemi prenant à parti ses mitrailleuses et les réduisant au silence - en particulier le 16 août s'est porté résolument en avant d'un soldat allemand qu'il a fait prisonnier le 13, les mitrailleuses faisant rage a parcouru la plaine à la recherche de son tireur - blessures gelures des pieds le 9 janvier 1915 au ravin des murissons secteur de l'Argonne - intoxiqué par les gaz le 28 juin 1916 au fort de Douaumont - croix de guerre - deux étoiles de bronze - une étoile vermeil - médaille militaire à compter du 16 juin 1920

 

Firmin Fauchet : citation à l'ordre de la DI 516 du 22 août 1918 "chasseur très méritant et d'une gaîté réconfortante pour ses camarades - s'est fait remarquer dans toutes les attaques auxquelles il a pris part par son endurance et son esprit de sacrifice le 8 août 1918 s'est porté vaillamment à l'attaque et a été un exemple d'entrain et de sang frand sous les tirs d'artillerie et de mitrailleuses - cité à l'ordre du 9e corps d'armée 398 du 7 novembre 1918 "chasseur très brave très courageux, s'est brillamment comporté pendant l'attaque du 1er novembre 1918 attaqué à la grenade, s'est défendu avec une rare énergie seul dans un trou d'obus - croix de guerre - une étoile d'argent - une étoile de vermeil

 

Bernard Joffre : citation à l'ordre du régiment n°64 "dans la nuit du 26 au 27 avril, a pris part à une opération délicate. A fait preuve de courage en attaquant à la grenade un ennemi qui ne voulait pas se rendre, lui occasionnant des pertes sensibles - citation à l'ordre de la brigade n°82 : "grenadier audacieux et d'un remarquable sang-froid. Par son exemple et avec une réelle autorité sur ses camarades, a pris part à toutes les reconnaissances d'octobre 1917 au chemin des dames et le 23 s'est lancé en avant en témoignant d'une bravoure entrainante. Grièvement intoxiqué au cours de l'action" - croix de guerre avec étoile de bronze - médaille militaire - croix de guerre palme - évacué le 10 mars 1918 et décédé dans ses foyers le 14 novembre 1918

 

Frédéric d'Orléans : citation à l'ordre n°413 du 12 CA le 6 décembre 1918 "excellent pilote, a fait preuve d'exceptionnelles qualités d'audace et de sang froid dans l'exécution des missions qui lui ont été confiées. A effectué pendant la bataille de Piave (8 novembre 1918) de nombreuses reconnaissances à basse altitude sous le feu intense de l'ennemi. S'est particulièrement dans l'exécution d'une liaison d'infanterie



05 juin 2010

Nouvelle idée fixe

Le dépouillement de la guerre de 1870 débuté il y a maintenant 3 ans est pratiquement terminé. Reste plus qu'à analyser, contrôler, compléter......... enfin tout le reste quoi.

Mais rester sans rien à dépouiller aux archives, pas question. Alors je me suis collé une nouvelle idée fixe. La guerre de Crimée.

90 000 morts français, ce n'est pas rien quand même. Et l'entrée de la France (ou plutôt la réintroduction de la France) dans la cours des grands de l'Europe, la création des corps d'infirmières, l'arrivée d'une nouvelle manche (raglan) et d'un nouveau pull (cardigan) ont laissé des traces dans l'imaginaire et la mémoire collective.

Et pourtant, qui parle de la guerre de Crimée ?

Où sont les documents d'archives sur la guerre de Crimée ? Surement pas aux archives départementales où la Crimée brille par son absence. Juste quelques listes de bienfaiteurs qui ont "soulagé" financièrement les familles des morts en Crimée. Mais sur ces morts ? rien du tout.

Dixit un interlocuteur des archives : "vous ne trouverez rien sur la guerre de Crimée ici"

Et bien, c'est mal me connaître !!!

Un généalogiste sur la piste d'une recherche, c'est comme une fourmi qui suit la trace du sucre............ ça ne lâche pas la piste tant qu'il n'a rien trouvé et s'il y a une trace de sucre, c'est qu'il y a du sucre CQFD !!!!

J'attaque donc comme pour 1870, par les actes de décès tout bêtement...................... et surprise surprise....... j'en trouve......... et pas qu'un peu !!!!

Sur 40 communes dépouillées à ce jour, j'ai déjà trouvé 109 militaires morts là-bas, dans les ambulances de Crimée !!!!

Qui en parle ? tombés dans l'oubli après être tombés au loin pour une guerre diplomatique.

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03 mars 2010

Enterré vivant ? jamais

Dans son testament, Louis Greffulhe marque bien une peur de son temps : être enterré vivant !!!! alors il l'écrit et il insiste, pour être sur que cela ne lui arrive pas :

".........je veux que mon décès soit bien et dument constaté par des gens de l'art, que mon corps ne soit fermé que trois jours ou plus s'il est possible dans le cercueil qui me sera destiné, mais surtout, qu'avant d'être enterré, mon corps soit ouvert pour servir d'instruction sur le genre de maladie qui m'a conduit au tombeau et que ma tête soit séparée du tronc mais déposée dans le même cercueil, pour que dans aucun cas il ne puisse exister la plus légère incertitude sur mon décès.

Mon cercueil renfermant ces tristes restes sera enterré dans le parc que j'habite et à défaut dans le cimetière commun de Montmartre sans aucune cérémonie ni pompe funèbre de quelle espèce que ce soit............."

Nous sommes  le 10 septembre 1808. Il est décédé le 7 avril 1810.

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24 février 2010

Un métier

Généalogiste professionnel est un métier.................. un vrai métier.

Pourquoi cette phrase ? parce que j'en ai marre de recevoir des coups de téléphone de personnes qui souhaitent devenir généalogiste professionnel comme ça, d'un claquement de doigts, sans jamais avoir mis les pieds dans un dépôt d'archives ni même avoir commencé leur généalogie !!!!!

Alors quoi ? on s'installe généalogiste comme ça, du jour au lendemain, et après ? Ils imaginent quoi ?

Ce que certains imaginent, je le sais pour les avoir entendu le dire : de vrais perles à garder dans le bêtisier de la profession : le généalogiste professionnel reste dans son bureau. Il écrit aux mairies pour que les mairies fassent les recherches et une fois ces recherches faites, il les reçoit et les renvoie au client, sans oublier bien sur la facture !!!! cool non ?

D'autres pensent que tout se fait sur internet et qu'il suffit de taper un nom de famille sur l'ordinateur, d'appuyer sur un bouton magique (désolée, je n'ai pas ce bouton magique sur le mien !!!) et hop, tout est là, prêt à être imprimé et envoyé.

Le dernier en date confondait carrément le généalogiste avec le détective privé............ à l'ancienne bien sur !!

Et encore, ceux-là ont essayé de penser !!! je ne dirais rien sur le vide sidéral affligeant dans lequel atterrit ma question : que fait un généalogiste professionnel ? dans la plupart des cas. (gros soupir)

Je veux bien que la crise actuelle pousse de nombreuses personnes à vouloir changer de métier, mais qui pourrait croire que l'on peut, du jour au lendemain, sans formation ni expérience, exercer un métier quel qu'il soit. Alors généalogiste..........................

Mais que fait un généalogiste professionnel familial (et je ne parle même pas des successoraux qui dans l'imaginaire collectif exercent un métier très très lucratif et très très peu fatiguant !!! si si, on me l'a dit !!!!) et que doit-il savoir faire ?

Check liste rapide des connaissances à avoir (ou acquérir) pour être généalogiste professionnel familiale :


  1. savoir construire une généalogie (évidemment)
  2. savoir lire les textes anciens
  3. savoir effectuer des recherches dans les archives administratives, judiciaires, militaires, communales, départementales, nationales et pour cela savoir où chercher quoi
  4. savoir exploiter tous ces documents et les analyser
  5. savoir se servir d'un ordinateur (si si, il faut savoir utiliser tous les outils modernes mis à notre disposition : traitement de texte, tableurs, bases de données, logiciels de généalogie, traitement d'image.....)
  6. savoir se servir d'internet (rechercher sur internet, communiquer sur internet)
  7. savoir tenir un secrétariat (vous n'aurez pas les moyens d'embaucher une secrétaire)
  8. savoir tenir une comptabilité libérale (vous n'aurez pas les moyens de payer un comptable, en tout cas pas au début)
  9. savoir se vendre en bon publiciste de son entreprise
  10. savoir prospecter pour trouver des clients
  11. avoir un minimum de connaissance de sa région, de l'histoire de France, de l'histoire de sa ou ses régions

J'en oublie surement.................. Et quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon généalogiste professionnel ?

  1. être patient
  2. être organisé
  3. être tenace
  4. être logique et méthodique
  5. et surtout aimer faire de la généalogie !!!!

Comme tous les métiers, la généalogie professionnelle exige des compétences et des connaissances.

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12 février 2010

Prise de tête dans la Meuse

C'était pourtant au XIXe siècle, mais cela m'a bien pris la tête !!!! et pourtant, la solution était facile à trouver.......... sauf que parfois, à trop regarder un problème, on n'en voit plus que lui !!!!

Reprenons : Jean Baptiste Picardel époux de Marie Anne Desétangs a une fille Thérèse Zéphir. Pas de problème.

Je leur trouve deux autres filles, Marie Anne (par la naissance de son enfant naturel sur l'acte duquel les grands-parents sont nommés) et Marie Joséphine par son acte de mariage.

Je recherche les naissances des enfants pour trouver le mariage des parents. C'est la voie logique.

Mais je ne trouve aucun mariage dans la commune. Ils ont du se marier ailleurs.

Je ne trouve pas non plus leur décès, alors que les filles se sont mariées dans la même commune, les petits-enfants y sont nés aussi et s'y sont mariés. Bizarre mais bon, pourquoi pas.

Je cherche alentour sans rien trouver du tout !!!!

A la recherche d'indices, je relève alors tous les porteurs du nom Picardel et Desétangs, à la poursuite du frère, de l'oncle ou du parent providentiel.

Premier os : sur l'acte de naissance de Marie Anne, la mère est appelée Marie Anne Chale !!!!

Mais en gratouillant un peu les décès Desétangs que je ne trouve pas.......... je trouve des Chale Desétangs. Ouf.......... C'est donc en réalité Marie Anne Chale Desétangs.

Et je trouve une mariage Jean François Picardel avec Anne Chale.

Sauvée, ce doit être les deux frères qui ont épousé les deux soeurs. Surtout que l'acte de décès du père de cette Anne Chale indique qu'il s'appelle Nicolas Chale Desétangs.

Bien, sauf que je ne trouve pas le mariage de Jean Baptiste avec Marie Anne !!!

Et pourtant tous les Picardel que je trouve sont de la commune et tous les chales (Desétangs ou pas) aussi.

Et si.......................... c'était le même couple ? un peu tiré par les cheveux mais bon, j'ai vu pire.

Je cherche ce qui pourrait étayer ou infirmer mon hypothèse.

D'abord les enfants de Jean François et Anne : deux naissances Julie et Alexandre à des années différentes des naissances du couple Jean Baptiste-Marie Anne.

Bon.

Mais les naissances sont alternées entre les deux couples !!!! bizarre que le maire dise une fois Jean François et Anne, une fois Jean Baptiste et Marie Anne et recommence avec les premiers puis les seconds, un coup Chale, un coup Desétang..... De quoi y perdre son latin.

Je cherche les décès et je trouve celui d'Anne Chale où son mari est bien désigné comme Jean François (pas Jean Baptiste, dommage) et où les témoins sont ses petits-fils................ ZUT, ce sont les enfants de Julie donc retour à la case départ.

Je fais une pause (toujours faire une pause !!!! c'est comme pour les mots croisés ou la pâte à crêpes, laisser reposer avant de les retravailler)

Et voilà la solution............... mais pourquoi n 'y ai-je pas pensé plus tôt ?????

Les recensements.

Ils vivent dans la même commune. Si ce sont deux couples différents, je trouverai deux foyers différents, sinon, j'aurai un seul foyer et tous les enfants.

Eureka : recensement de 1841 c'est Jean Baptiste (donc son prénom d'usage) époux de Anne Chale (là, je ne sais plus ce qui est d'usage ou non ) et les enfants sont tous là et mélangés !!!!

C'était bien le même couple sauf que pour les enfants, c'est le même bazar qui continue : je me retrouve avec une Lise puis Elisabeth là où je devrais avoir une Marie Anne !!!!!

Enfin, Julie et Zephir sont dans le même foyer et là, c'est la meilleure preuve dont j'avais besoin.

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13 décembre 2009

Lettre d'une mère bien ennuyée

Trouvé dans les archives en série R, la lettre d'une mère bien ennuyée. J'ai laissé volontairement l'orthographe d'origine. A lire avec le parler de l'époque dans la tête pour en savourer le ton.

Mehers, le 24avril 1917

Monsieur le préfet

Je viens de recevoir une lettre de mon garçon prisonnier en Allemagne. Il me dit que sont colis a mis 47 jour a lui parvenir, mai pas comme le lui ai envoyer. On leur retire leur vive ses bien désolant, bien péner à lui envoyer maintant ceux que jai de parti. Il a lieu d'afaiblir, on achete les vivre bien cher, se privait de son besoin pour l'enpecher de mourir de faim et encore pauvre malheureuse longtemps a y arivait et après on leur retire, il dit que faut rien qui dise, que faut qui se contente a ce qui leur donne, sa fait déjà 3 colis comme ça sa doit être bon quand il arrive. Je sui bien desolée de voir la situation de mon garçon comme ça, depuis le 23 septembre 1914 qui la était belsse en voila qui l'esuie des misere, car je sui vraiment pas heureuse je suis mere de huit enfant je les ai tous chez nous. J'ai une fille qui a quinze an, elle et revenu malade de son service depuis le mois de novembre, l'autre fille elle et mariée elle était deux mois au lit, a fallu que je la soigne, haujourd hui ses mon gendre voila 7 mois qui travaille pas, il a tombe sur le genoux et sa va toujours pas, et pas beaucoup de sante d'avance, sa la mis à rien voilà 5 fois qui passe la révision et vous le rapeler pour la 6e fois et jamais de train partir la veille, je ne sai vraiment ou qui va prendre l'argent, il a toujours était exempté et réformé, il et le même de voilà 1mois, il a pas de mieux, sont genoux et très faible, voyer monsieur le prefet pour une mère, il y a de quoi sennuyer, Recevez monsieur le prefet mes meilleure salutation.

Femme Margueray
Au Perierre commune de Mehers près Chemery, Loir et Cher.

Mon gendre il sappelle Pierre Thevenay, dont vous le rapeler pour le 1er mai pour la 6e fois à la préfecture.


Il va falloir vérifier ce qu'il est advenu de cette famille. Le gendre est-il parti à la guerre ? le fils est-il revenu ?

Emouvant et triste aussi.

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