Siège de Paris : en vingt-quatre heures, les bombardements ont tué six civils, dont une femme et un enfant, et blessé quatorze, dont deux enfants et sept femmes. L’ennemi s’empare de deux petits postes avancés, à Groslay et Drancy. Trois gardes mobiles sont tués, et dix-sept blessés, ainsi que neuf marins.

Et les bombardements continuent. Au fort de Montrouge, un employé du télégraphe est blessé dans sa casemate et son matériel est en partie détruit. Trois soldats sont tués et seize sont blessés.

Aux abords de Laval, des combats ont lieu aux avant-postes, entre des fractions des 16e et 21e corps français, en position sur la Mayenne, et une forte reconnaissance de la 14e brigade de cavalerie allemande. Les allemands rétrogradent sur l’Erve.

Armée de l’Est, des combats ont lieu à Clairegoutte-Montbéliard, entre les arrière-gardes de l’armée de l’Est et les reconnaissances de Werder. L’armée française n’ayant pu aller jusqu’à Belfort exécute un mouvement de retraite. Les prussiens bombardent Sainte-Suzanne. A l’ambulance du Bourbonnais, on évacue tous ceux qui peuvent l’être sur l’Isle-sur-Doubs.

Armée du Nord, des combats ont lieu à Beauvois-Vermand, à Tertry-Poeuilly, entre Saint-Quentin et Peronne, au cours de la marche sur Saint-Quentin, par les arrière-gardes des 22e et 23e corps, de Faidherbe contre les têtes de colonnes de l’armée de Von Goeben. L’armée française se dégage péniblement et vient prendre position autour de Saint-Quentin au sud et à l’ouest, sur les deux rives de la Somme et du canal.

A Versailles, le roi Guillaume de Prusse proclame l’empire allemand et est reconnu empereur allemand par les princes et états des deux confédérations du Nord et du Sud.

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Armée de l’Est, entre Toul et Frouard, expédition du pont de Fontenoy-sur-Moselle, jusqu’au 24 janvier. Le corps franc « chasseurs des Vosges, avant-garde de la délivrance », soit trois cents hommes sous les ordres du commandant Bernard, quitte le camp de Boene ou la Vacheresse, entre Lamarche et Neuf-château, et se glisse de bois en bois, dans la région entre Madon et Meuse, infestée d’Allemands. Il franchit de nuit, la Moselle à Pierre-la-Treiche, en amont de Toul, et se jette dans la forêt de Have. Leur objectif, le pont de Fontenoy-sur-Moselle.

A Janville, les colonnes de prisonniers se suivent. Les pauvres hères, précédés et suivis par deux piquets de uhlans, passent, entre deux files de fantassins, la baïonnette au canon. A chaque fois, les rues de Janville se remplissent de monde. Tous les habitants sortent et préparent du pain, des marmites, même les plus pauvres. Ils attendent.

La colonne passe. La nourriture passe des mains des habitants aux mains des prisonniers. Sur le bord de la route, des femmes, adossées au mur causent à voix basse. Une ombre passe entre deux prussiens, et disparait dans leurs jupes. Elles continuent de parler, comme si de rien n’était. Une fois la colonne passée, un petit sergent de chasseurs à pied sort de dessous les jupes des femmes, « chez Bastien, le marchand de tabac » lui chuchote-t-on et il file dans le noir.