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Le Challenge Upro-G de décembre porte sur les naturalisés.

Lorsqu'il naît le 26 août 1870, Auguste Boesch est français. La guerre a débuté fin juillet 1870, entre la France et l'Allemagne et Auguste naît en zone de guerre, à Soultzmatt, dans le Haut-Rhin, département français.

Lorsque la guerre s'achève, quelques mois plus tard, il devient allemand, comme le reste de sa famille.

Auguste grandit en zone allemande, avec ses parents et ses trois frères et ses deux sœurs, là où il est né. Excepté son frère Joseph, ils vont tous rester en zone allemande.

Joseph, né en 1866, part à Paris. Il s'est engagé dans l'armée française. Il a vingt-et-un ans lorsqu'il se voit décerné la médaille militaire pour sa brillante conduite au combat au Tonkin. Il est sergent au 1er régiment étranger lorsqu'il obtient, le 24 avril 1888, la jouissance des droits de citoyen français.

Il est adjudant au 32e régiment d'infanterie de ligne, lorsqu'il obtient, le 16 avril 1900, une pension militaire pour quinze ans sept mois et neuf jours de service, et dix ans de campagne.

Auguste, lui, est cordonnier. Il vient vivre en France, chez son oncle maternel, Rueff, à Villeherviers, Loir-et-Cher, de 1886 à 1890, puis retourne en Allemagne lorsque sa mère tombe malade, pour la voir, une dernière fois. Au bout de huit jours, lorsqu'il veut rentrer en France, les autorités allemandes l'en empêchent, jusqu'en 1898. Il fait son service militaire en Allemagne, au 3e régiment de la garde impériale de Berlin, pendant trois ans.

De retour en France, il se rend à Villeherviers, chez son oncle Rueff, chef de bataillon territorial. Alors qu'il est chez son oncle, , il est convoqué en Allemagne pour une période militaire, mais son oncle l'empêche de partir. Il a déjà fait une demande de naturalisation mais l'administration française prend son temps.

Auguste épouse, le 4 avril 1899, à Chaumont-sur-Loire, Léontine Georgine Mandard, qui perd, par la même occasion, sa nationalité française. Le jeune couple vit d'abord chez l'oncle Rueff, puis part s'installer à Blois, 6 rue du Foix, où Auguste a trouvé du travail comme ouvrier cordonnier à l 'usine de chaussures Rousset Frères.  Le 4 avril 1900, Auguste et sa femme vivent à Blois. Il est ouvrier cordonnier à l'usine Rousset Frères. Un petit garçon naît de leur mariage, Robert, le 14 juin 1903.

Dès son retour en France, chez son oncle, Auguste a fait des demandes de réintégration de la nationalité française, qu'il avait à sa naissance, mais il n'entre jamais dans les bonnes cases. Il n'a pas été réformé par l'armée allemande, il n'a pas de permis d'émigration, ce qui l'empêche de demander sa réintégration dans la nationalité française. Sur les conseils de l'administration, il fait une première demande d'autorisation de résidence qui est accordée le 30 décembre 1899. Mais il ne peut toujours pas être naturalisé car le décret du 30 décembre 1899 qui lui a accordé l'admission à domicile est périmée depuis le 30 décembre 1904... Il refait une demande d'admission à domicile qui est accordée le 17 mars 1906 et enfin, le 29 juin 1907, il obtient la naturalisation et sa femme est réintégrée dans la nationalité française.

Auguste est de fait incorporé avec la classe 1907, pour le service militaire, mais il ne fera ni période, ni la guerre. Il est réformé pour tuberculose pulmonaire.

Il décède le 12 février 1919, à Blois. Né français, même sans naturalisation, il serait mort français.

Sources : bulletin des lois - série M